Les banques centrales : moteur caché du réarmement européen

En 2015, lors d’un exercice conjoint de l’OTAN, les soldats allemands étaient confrontés à une pénurie d’armement si sévère qu’ils durent remplacer des mitrailleuses introuvables… par des manches à balai. Ironie du sort, leur cheffe de l’époque, Ursula von der Leyen, aujourd’hui présidente de la Commission européenne, tente désormais d’incarner les ambitions de «réarmement» du continent.
Parler d’argent, c’est inévitablement parler politique, surtout dans une Union européenne obsédée par le contrôle strict des déficits et prompte à sanctionner les nations ne respectant pas des critères aussi arbitraires qu’inutiles. Pourtant, une solution simple, à portée de main et techniquement facile à mettre en œuvre, pourrait enclencher immédiatement le renforcement de la défense européenne : saisir les 330 milliards de dollars de la Banque centrale russe gelés dans le système bancaire européen. La confiscation de ces fonds permettrait de renforcer sans délai les défenses ukrainiennes et de financer le déploiement d’une force européenne capable de garantir la paix, dès lors qu’un accord serait trouvé.
Voilà plus de trois ans que cette guerre dure, et presque rien n’a été fait en Europe pour renforcer les armées, principalement pour des raisons financières. Ce blocage — cette apathie européenne — rappelle étrangement la gestion calamiteuse de la «crise des dettes souveraines» qui a révélé une incompréhension calamiteuse de l’argent et du système monétaire.
Remontons aux sources. Le 15 août 1971, le président américain Richard Nixon décide unilatéralement de mettre fin à la convertibilité du dollar en or, laissant sa monnaie «flotter». Cette rupture historique inaugure un nouveau paradigme qui propulsera la croissance économique de l’Occident. Certes, la monnaie n’est plus adossée à l’or, mais elle repose désormais sur quelque chose de bien plus puissant : nous tous. Depuis 1971, l’argent en circulation est garanti par la confiance collective et la puissance de nos nations.
L’expansion économique, la consommation, l’investissement, jusqu’aux dépenses publiques dans certains cas, reposent en grande partie sur un acteur aussi fondamental qu’incompris : la banque centrale. C’est grâce à sa générosité — par le maintien de taux d’intérêt bas et la gestion des liquidités — que nos économies ont survécu aux crises et aux bulles spéculatives du capitalisme. La Banque centrale européenne (BCE), en particulier, tient entre ses mains le destin financier de 350 millions de citoyens répartis dans 20 pays. Ses décisions sont cruciales pour l’avenir du continent. Les banques centrales sont devenues de véritables acteurs politiques et, avec son pouvoir de création monétaire, la BCE a démontré sa capacité à intervenir efficacement en période de crise.
Aujourd’hui, face aux menaces qui pèsent sur l’Europe, il est plus que jamais nécessaire de sortir de l’ombre et d’agir. La BCE pourrait jouer un rôle crucial dans la mise en place d’une stratégie de financement centralisée et cohérente. Non seulement contrôle-t-elle les leviers monétaires de l’Europe, mais elle dispose également des ressources nécessaires pour aider à structurer un plan de réarmement rapide et efficace. Les banques centrales ont prouvé par le passé leur capacité à générer des solutions durables face aux crises financières. Elles doivent désormais agir pour garantir la sécurité et la souveraineté de l’Europe.
La BCE dispose des outils nécessaires pour créer un cercle vertueux dans lequel la création monétaire pourrait être utilisée pour financer non seulement la défense, mais aussi la croissance économique nécessaire pour soutenir une Europe forte et unie face aux défis mondiaux. Face à la menace, elle doit prendre ses responsabilités et agir avec la même détermination que lors des crises financières passées.
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Mes prises de position macro économiques furent autrefois qualifiées d’hétérodoxes. Elles sont aujourd’hui communément admises et reconnues. Quoiqu’il en soit, elles ont toujours été sincères.
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Bonsoir cher Michel,
Afin de mieux appréhender le contenu de ta chronique, pourrais-tu [stp] nous faire part de quelques arguments juridiques plausibles qui offriraient ainsi (le pouvoir?) “une solution simple” – au regard du droit international et de la Cour de Justice de La Haye – de confisquer, mais surtout disposer d’avoirs souverains immunisés à distinguer des seuls revenus issus de ces actifs [lesquels sont actuellement “gelés”; étant entendu qu’au sens du droit international et de propriété, ils sont toujours estampillés russes] Merci d’avance pour ta prochaine réponse instructive !
Ensuite, sauf le respect que je te porte, si les banques centrales ont été particulièrement généreuses en offrant des bouées de sauvetage à nos économies réelles ces trois derniers lustres – à quels prix? – me semble-t-il que tu as tendance à omettre qu’elles ont largement alimenté des bulles spéculatives et accentué le fossé des inégalités ces trois dernières décennies (ai-je dis qu’elles ont usé et abusé du “capital confiance” leur étant concédé, comme nous aurions pu le faire avec un pompier-pyromane?). En effet, depuis la contre-révolution néolibérale des années 1980 qui a rendu les banques centrales indépendantes des gouvernements (entendons qu”’elles ne pouvaient plus” contribuer à financer les déficits publics en achetant les obligations d’État sur le marché primaire), les banques centrales se sont alors posées en soutien des institutions financières (phénomène de la financiarisation exacerbée de nos économies réelles) en intervenant constamment sur les marchés financiers (glissement sémantique du “rôle d’indépendance” des banques centrales) pour en garantir les profits (y compris ceux des fonds spéculatifs), mais également (paradoxe) afin d’en éviter une mise en faillite susceptible de déclencher une crise financière systémique à l’échelle de l’économie globale. Toutefois, une exubérance-irrationnelle dont elles se sont rendues complices via leur implicite rapprochement politique ! Cette transformation du rôle des banques centrales – comme autant d’effets secondaires – les a par conséquent détachées de la société réelle pour leur permettre de se consacrer au service des intérêts particuliers de la finance de marché (“Crony-capitalism”). Et, ceci, nous ne pouvons plus l’ignorer en 2025 (confiance toute relative) comme cette face sombre de leur pouvoir de nuisance à l’égard de l’Intérêt général à moyen/long terme via leur contribution à accroître l’instabilité financière au lieu d’agir fondamentalement pour le bien commun.
Certes, oui, pris comme ça, “la BCE pourrait jouer un rôle crucial dans la mise en place d’une stratégie de financement centralisée et cohérente (CENTRALISEE & COHERENTE). Non seulement contrôle-t-elle les leviers monétaires de l’Europe, mais elle dispose également des ressources nécessaires pour aider à structurer un plan de réarmement rapide et efficace”.
Encore faudrait-il, cher Michel, que l’Union Européenne s’affranchisse à l’unisson de sa vassalité à l’égard des États-Unis et que cette manne du plan de réarmement Européen ne finisse pas dans leurs poches, mais au sein des industries et emplois des membres de l’Union.
Une question qui fâche à l’heure où le phénomène de cyber-guerre reste plus que jamais d’actualité.
Prenons le cas de la France, par exemple, qui dispose de la dissuasion nucléaire mais qui, dans le même temps, accuse un retard pathologique dans le digital/numérique, même si elle tente de sauver la face en fanfaronnant sur l’IA, alors que les ménages et entreprises françaises n’ont jamais eu à supporter autant de cyberattaques (et vols de données de toutes sortes encouragés par un système de protection des données plus que discutable) ces dernières années. D’ailleurs, une étude de Statista estimait déjà, l’année dernière, que les cyberattaques devraient couter plus de 129 milliards de dollars à la France en 2024. La France, pays pourtant sensible, ne semble pas vraiment bien préparée sur ce sujet et sa réactivité, d’une manière plus globale, n’est pas légendaire.
Vu sa position envers son “maître américain”, comment compte-elle arbitrer sa soumission à la colonie numérique étasunienne? La France n’est pourtant pas la Suisse (position de neutralité et bureaucratie efficiente).
https://www.20min.ch/fr/story/swisscom-nous-essuyons-plus-de-200-millions-de-cyberattaques-par-mois-103298063
“Économie de guerre” pour l’Eurozone en 2025 (800 milliards d’euros pour renforcer la défense et aider l’Ukraine) tandis qu’en 2024, les profits logés dans des pays offshore atteignaient 12 % du PIB mondial. 35% des 12 000 milliards de dollars logés dans les paradis fiscaux proviennent de l’Union Européenne🙃
https://www.novethic.fr/economie-et-social/transformation-de-leconomie/les-profits-dans-les-pays-offshore-atteignent-12-du-pib-mondial
Ben oui !🤔
“Les banques centrales ont prouvé par le passé leur capacité à générer des solutions durables face aux crises financières”
“Des solutions durables”? Ben non, une fuite en avant, y compris à la BCE !
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S.R* – est professeur (PhD) des Universités et chercheur en “sciences économiques”. Il dirige une Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire en Suisse. Et, Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada –
“Il est toujours temps de mener à bien une réforme institutionnelle d’ordre structurel de ce système – notamment TARGET2 – BCE”
https://www.ecb.europa.eu/ecb-and-you/explainers/tell-me/html/target2.fr.html
[2022] *Dixit ” (…) À bien regarder, la Banque centrale européenne (BCE) n’agit pas en tant qu’institution de règlement entre les banques centrales nationales, comme chacune de celles-ci le fait en ce qui concerne les transactions entre les banques commerciales au sein du système bancaire national. Ce dernier a une structure à deux étages au sommet de laquelle se trouve la banque centrale nationale qui agit en tant qu’institut émettant le moyen de paiement final entre la banque qui paie et la banque qui est payée. Or, TARGET2 n’a pas une telle structure car la BCE se situe au même niveau où se trouvent les banques centrales nationales…
https://revistaeconomiacritica.org/index.php/rec/article/view/215/200
…au lieu d’être située au-dessus de celles-ci comme il se doit d’une quelconque institution de règlement. Ce défaut de fonctionnement est devenu évident après 2009, entendez après l’éclatement de la crise de la zone euro, lorsque les soldes dans TARGET2 ont commencé à exploser, étant donné que les banques allemandes n’étaient plus disposées à acheter des titres de la dette publique des pays méditerranéens (les fameux PIGS, à savoir, le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne) pour recycler ainsi les surplus commerciaux de l’Allemagne et gagner des intérêts sur ces prêts (…)”
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La légende économique et la réalité économique sont deux notions distinctes de l’Histoire économique. Désolé !
Il est toujours plus commode [pour l’Homo-politicus] de contribuer à la guerre ou de se chercher un ennemi imaginaire (ne serait-ce déjà pour y camoufler “ses fautes”) que de réunir les conditions d’une paix durable !
Souvenons-nous d’abord qu’en avril 2008, au 20ème sommet de l’OTAN – soit cinq petits mois avant le tsunami financier US [puis planétaire] ayant conduit à “la Grande Récession” américaine à partir du 15 septembre de la même année, puis induit à la crise de l’Euro en 2010, respectivement la “crise des dettes souveraines” – que les États-Unis souhaitaient dès lors l’adhésion de l’Ukraine à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (même Organisation que l’allié de Donald Trump, Elon Musk, appelle aujourd’hui, en 2025, au désengagement des États-Unis) tandis que la France et l’Allemagne, déjà conscientes à l’époque des risques de conflit avec la Russie, refusaient de s’associer à une telle déclaration unilatérale, bien que des influences économiques étaient fortement présentes.
Néanmoins, l’Ukraine (de par son pouvoir élu) demeurait toujours sous la coupe pro-russe composée d’oligarques et d’ex-cadres du régime soviétique qui lorgnaient une nouvelle route économique eurasiatique (tout à l’image d’un affranchissement progressif du dollar au profit du yuan chinois). Une fédération de Russie qui d’ailleurs n’a jamais caché son aversion au pouvoir de “Hegemon”, tout à l’instar de la Chine, en 2009, par l’entremise du gouverneur de la Banque populaire de Chine, Zhou Xiaochuan, qui était revenu à la charge contre l’”hégémonie du dollar” dans le cadre d’une conférence intitulée “Reform the international Monetary System” (pour un nouvel ordre monétaire mondial).
C’est donc dans ce contexte des plus sensibles que l’Union européenne “vassalisée” proposa un “deal” sous la forme d’un traité de libre échange avec l’Ukraine (déjà en proie à des crises intestines) sous le nez et à la barbe de la Russie. Court-ciruiter l’Union économique eurasiatique avec la bénédiction (et l’aide) de l’impérialisme américain, voilà la première volonté économique d’une Europe sous emprise étasunienne (au nom d’une hypothétique “démocratie” à l’image de son “maître”?). Un premier traité non signé, puis un autre à signer vs des droits douanes ! En 2013, l’Ukraine se trouvait alors proche du défaut de paiement et enregistrait en sus une récession de 2%. En novembre 2013, il ne lui restait qu’un peu plus de 18 milliards de dollars de réserves de change et devait rembourser sept milliards de dollars à ses créanciers en 2014, la Russie lui réclamant par ailleurs dix-sept milliards de dollars de facture de gaz naturel. En décembre 2013, Poutine annoncera la levée des barrières douanières envers l’Ukraine (en proie à une crise économique doublée d’une crise intestine) ainsi que son intention de baisser le prix de son gaz et d’offrir au gouvernement ukrainien (encore pro-russe) un prêt de quinze milliards de dollars. Lors des négociations entre l’Union européenne et l’Ukraine, le Premier ministre ukrainien – Azarov – avait parrallèlement demandé à l’Union européenne un prêt de vingt milliards d’euros qui lui sera refusé par l’Union européenne. Pris en étau, coincé dans un “deal” mortiphère aux promesses qui n’engagent que ceux qui les annoncent, une Dignité écorchée (de quelques origines soient-elles) et les vagues de colère submergeront le pays. Débutera ainsi, en réponse au rapprochement du président Ukrainien Ianoukovytch de suspendre l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne – en voulant relancer un dialogue actif avec Moscou – la révolution ukrainienne de Maïdan (renversement du pouvoir par “le peuple”). Puis, en conséquence, une première agression Russe dans le Donbass avec l’annexion de la Crimée; tandis qu’en 2018, soit bien avant le choc sanitaire mondial aux conséquences économiques catastrophiques – Poutine et son homologue chinois Xi Jinping réaffirmaient leur volonté de se passer du dollar américain dans le cadre de leurs échanges commerciaux. Et enfin, tristement, la guerre Russo-Ukrainienne en 2022 qui s’inscrira dans une ère de “Grand Désordre” !
Pourquoi la guerre continue-t-elle et pourquoi les tensions militaires augmentent-elles à l’échelle mondiale ?
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“… Nous devons reconnaître que les contradictions du système économique mondial déréglementé ont rendues les tensions géopolitiques plus aiguës. L’un des pires défauts du système actuel est le déséquilibre des relations économiques hérité de l’ère de la mondialisation du marché libre. Nous faisons référence aux positions nettes internationales, où les États-Unis, le Royaume-Uni et divers autres pays occidentaux ont des dettes extérieures importantes, tandis que la Chine, d’autres pays de l’Est et, dans une certaine mesure, la Russie sont des pays créanciers du reste du monde.
Une conséquence de ce déséquilibre est une tendance à l’exportation des capitaux orientaux vers l’Occident, non plus seulement sous forme de prêts mais aussi d’acquisitions, ce qui entraîne une centralisation des capitaux dans les mains de l’Orient. Pour contrer cette tendance, les États-Unis et leurs principaux alliés ont abandonné depuis plusieurs années leur enthousiasme antérieur pour une mondialisation déréglementée et ont adopté une politique de “friend shoring” : une fermeture protectionniste de plus en plus prononcée à l’égard des marchandises et des capitaux provenant de Chine, de Russie et d’une grande partie de l’Est non aligné.
L’Union européenne s’est également jointe à ce virage protectionniste mené par les États-Unis.
Si l’histoire nous enseigne quelque chose, ces formes non coordonnées de protectionnisme exacerbent les tensions internationales et créent des conditions favorables à de nouvelles confrontations militaires. Le conflit en Ukraine et les tensions croissantes en Extrême-Orient et au Moyen-Orient ne peuvent être pleinement compris qu’à la lumière de ces graves contradictions économiques.
Une nouvelle initiative de politique économique internationale est donc nécessaire pour lancer un processus réaliste de paix. Un plan est nécessaire pour réguler les déséquilibres des comptes courants, qui s’inspire du projet de Keynes pour une union internationale de compensation. Le développement de ce mécanisme aujourd’hui devrait partir d’un double renoncement : les États-Unis et leurs alliés devraient abandonner le protectionnisme unilatéral du “friend shoring”, tandis que la Chine et les autres pays créanciers devraient abandonner leur adhésion au libre-échange sans entraves.
Nous sommes conscients que nous évoquons une solution de “capitalisme éclairé” qui a été esquissée après le déclenchement des deux guerres mondiales et sous l’aiguillon de l’alternative soviétique. C’est précisément la tâche urgente de notre époque : il faut évaluer s’il est possible de créer les conditions économiques de la pacification du monde avant que les tensions militaires n’atteignent un point de non-retour”.
https://economicconditionsforpeace.wordpress.com/les-conditions-economiques-pour-la-paix/
“Si le secrétaire d’État américain, John Connally, avait fait remarquer en 1971 aux représentants des autres pays membres du G-10 que «le dollar est notre monnaie mais votre problème», il avait parfaitement raison, car c’est en effet un problème pour tous les pays exportateurs lorsqu’ils reçoivent des États-Unis l’image d’une promesse de paiement en échange d’une série de biens ou de services que ces pays ont vendus aux Américains. Ce faisant, les agents économiques aux États-Unis ne cèdent rien lorsqu’ils importent des produits de l’étranger. En y regardant de plus près, ils ne renoncent pas non plus aux dépôts bancaires libellés en dollars, car tous les dépôts en monnaie nationale ne peuvent se trouver que dans le système bancaire où ils ont été créés – même si des billets en dollars américains peuvent circuler à l’étranger ou si des droits de propriété peuvent être enregistrés à l’étranger concernant des dépôts auprès de banques aux États-Unis.
Pour éviter ce que le célèbre économiste français Jacques Rueff appelait des «déficits sans pleurs» dans la balance des paiements des États-Unis, il faut une réforme structurelle du régime monétaire international. Ainsi, au lieu d’utiliser une monnaie nationale (comme le dollar américain, l’euro ou le franc suisse), les nations doivent logiquement payer toutes leurs importations dans une monnaie véritablement supranationale, indépendamment du statut «fort» ou «faible» de leur propre monnaie. Il ne s’agit donc pas de remplacer le dollar américain par la monnaie chinoise ou russe, mais de convenir de l’émission d’une monnaie par une institution monétaire internationale – qui pourrait être la Banque des Règlements Internationaux à Bâle (BRI = la banque centrale des banques centrales).
Le jour où cette banque émettra de la monnaie et permettra ainsi aux banques centrales nationales de payer et d’être payées pour le commerce international de leurs pays respectifs, un véritable ordre monétaire international sera établi car aucun pays ne pourra vivre indéfiniment au-dessus de ses propres moyens !”
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Nous avons aussi un droit à la Liberté d’y réfléchir !
A relire !
https://michelsanti.fr/sanctions-us/sanctions-la-guerre-low-cost-des-etats-unis
Parlons aussi du concept de “Solidarité” (en ses temps de “guerres”) sous l’angle du changement de paradigme de 1971 – où une [désormais?] “monnaie [de $inge?] n’est plus adossée à l’or mais repose…sur quelque chose de bien plus puissant: nous tous”. Nous tous sur l’autel du “Grand Désordre” ! Une première révolution monétaire actée en 1971; puis une révolution néolibérale sur les taux d’intérêt à l’aune des années 1980; une militarisation du dollar à marche forcée (y.c le système des pétrodollars) couplée à la dérégulation des marchés financiers (croissance des dettes souveraines et accroissement du fossé des inégalités) ; une guerre commerciale en 2018 (1er mandat Trump) contre la Chine et enfin une seconde guerre commerciale (second mandat Trump) en 2025 dirigée contre les “amis” e-o créanciers des États-Unis. Coûte que coûte, par “Solidarité”, faudrait-il implicitement sauver une “monnaie de $inge” belligérante et hégémonique alors que Trump lui-même (de par ses choix publics!) ne semble lui accorder toute sa confiance en entraînant un peu plus chaque jour son pays vers la récession (avec pour effet secondaire un timide reflux mécanique de l’inflation). “Make America Great Again”, vraiment ? Souvenons-nous que sur notre continent européen, Socrate et Platon considéraient les sophistes comme leurs ennemis, leur reprochant de ne chercher la vérité, le bien ou la justice, mais seulement leur propre gloire en défendant avec des arguments fallacieux n’importe quelle opinion. De quoi nous interpeller ! En fait, les États-Unis vont si mal…
https://michelsanti.fr/trump/comment-lutter-contre-la-vassalisation-economique
…que même l’Oligarque Trump, conjointement à sa “garde rapprochée” à matrice libertarienne, ne semble accorder une quelconque confiance en cette “monnaie de $inge”, pas plus qu’eux tous ne font confiance aux “monnaies numériques centralisées” – respectivement les “CBDC” (Central Bank Digital Currency) – comme nouveau medium des échanges internationaux. Ne leur parlez donc pas du “projet Agorá” qui les défrise…
https://www.bis.org/about/bisih/topics/fmis/agora.htm
D’où [éventuellement] leur l’intérêt prépondérant (mais aussi personnel?) pour les “crypto-actifs privés” (“monnaies numériques privées et alternatives décentralisées” répondant toutefois à la technologie “Blockchain”). Des actifs atypiques néanmoins hautement sensibles [comme “les tulipes”] pour le quidam qui n’a ni les moyens ni les reins assez solides pour supporter leurs volatilités exacerbées. Une stratégie du 2 coups en 1? Pourquoi pas une castration de l’Etat fédéral via l’apologie de l’égoïsme et un bail-in de M2 au prisme de la Fed…
https://fred.stlouisfed.org/series/M2SL
Rêvons-la par “Solidarité” (propos ironiques) : seconde “Grande Récession post 2008 “; purge des marchés financiers irrationnels (“hard landing”) ; reflux significatif mais néanmoins temporaire de l’inflation ; cycle des taux directeurs à nouveau baissier/allègement temporaire du fardeau de la dette/relance monétaire/monétisation de la dette US. Risque d’une augmentation des taux longs sur le marché secondaire (défiance) = contraction systémique du capital confiance à l’égard du “Treasury Bond” (maturité 10 ans); cercle vicieux; taux directeurs de la banque centrale (Fed) précipités en territoire négatif (Bail-in M2). Les banques centrales de la planète (via le mécanisme des “CBDC” – Central Bank Digital Currency) – sous l’impulsion de cet énième coup de Trafalgar des États-Unis – assureront les échanges internationaux tandis que les pays contraints [par leur soumission à la “monnaie de $inge” et leurs titres de créances US – ainsi qu’à lueur de leur propre endettement national devenu également insupportable] suiveront le mouvement de cette forme non-conventionnelle de relance économique par la répression financière ; c’est-à-dire une attaque dirigée vers l’épargne liquide de précaution. Les déposants (les épargnants) des banques commerciales [qui, elles, répercuteront les coûts des intérêts négatifs sur leurs déposants/épargnants] pourront ensuite “décider” (ironie du “nudge”) à dépenser un pourcentage plus élevé de leurs revenus disponibles sur le marché des biens et services (stimulation de l’activité économique grâce à leur consommation accrue) et-ou auront-ils “le choix” (ironie du “nudge”) de voir fondre au soleil leur “épargne LIQUIDE de précaution” via ce coût frappant leurs avoirs totalisés sous M2. Techniquement parlant, “une répression financière” qui ne sera ni un impôt ni une taxe du ressort d’un gouvernement, ni un “Bail-out”, ni une forme de “répression financière” au sens de la B.R.R.D – “Bank Recovery and Resolution Directive” – mais une toute récente mesure de politique monétaire. Un progrès? “Spoliation” ou vulgaire appel à la “Solidarité” de la plèbe au profit d’une oligarchie et-ou de sociopathes au pouvoir ! C’était mon cauchemar aux premières heures des attaques commerciales des États-Unis, y a quelques mois ! À moins que. Ou suis-je un sophiste qui s’ignore? L’avenir me (nous) le dira!