Qui fait encore confiance à la Chine ?

Le Financial Times, sous la plume d’Eleanor Olcott, sa correspondante en Chine est actuellement aux sources de nombreuses polémiques pour avoir établi un graphique indiquant que le nombre de start-ups dans ce pays avait chuté de 51’302 en 2018 à…1’202 en 2023!
Au-delà de la discussion enflammée des experts qui contestent les sources du FT, il devient mois après mois indiscutable que la Chine se transforme en une place où c’est le “trading” qui prédomine, au détriment de l’investissement à long terme. L’évolution de la bourse nationale en est, du reste, la meilleure preuve qui – après avoir été quasi moribonde pendant des mois- a flambé en quelques jours, jouissant de sa meilleure performance en pas moins de 16 ans.
Emission d’obligations souveraines spéciales à hauteur de 2 trillions de Yuans, soit 283 milliards de dollars US. Réduction drastique des taux hypothécaires, accompagnés de facilités de refinancement quasi offertes, afin de stopper l’hémorragie de son marché immobilier. Les mesures surprises de stimulus absolument massives adoptées tout récemment par les autorités chinoises ont certes créé un engouement généralisé au sein du pays. Les nationaux n’ayant pas encore de compte pour jouer en bourse se ruent pour en ouvrir un auprès de leur banque ou de leur courtier local.
Pour autant, elles n’inspirent aucunement confiance aux investisseurs non chinois déstabilisés par tant de volatilité, qui ne peuvent de surcroît pas se fier aux données économiques officielles. C’est sous ce prisme qu’il convient en effet de comprendre la contestation du chiffre ci-dessus mentionné par le FT, car les publications fournies par l’Etat chinois relatives à la santé économique du pays sont soit erronées, soit rendues publiques avec des mois de retard. Imagine-t-on de telles défaillances aux Etats-Unis ou dans l’Union Européenne? Comment une entreprise étrangère ou un capital-risqueur oseraient-il placer des deniers dans une économie dont il n’est même pas possible d’analyser la situation, faute d’éléments chiffrés et d’informations fiables ?
Cette problématique en suscite une autre, à vrai dire, nettement plus fondamentale. Ce manque de transparence est-il volontaire, dans le but de couper court à tout débat quant à l’état de santé de l’économie du pays? Le fait est que cette flambée boursière spectaculaire et que les sommes astronomiques injectées (ou à être injectées) dans l’économie n’impressionnent que les chinois, car le reste du monde est bien conscient qu’elles sont la résultante du bon vouloir d’un seul homme.
Le parallèle avec la politique zéro-Covid est inévitable. Les décisions économico-financières prises par surprise par Pékin ces dernières semaines sont du même ressort que celle ayant consisté à lever du jour au lendemain la brutale politique sanitaire chinoise, après 22 mois de grandes souffrances imposées à la population du pays. Abruptes. Et révélatrices – pour ceux qui en doutaient encore – de l’hyper centralisation du pouvoir, de la volonté d’un seul homme d’appuyer sur le bouton de l’argent magique, ou de la libération de sa population d’un enfermement inhumain.
Pour autant, ce stimulus gigantesque de près de 300 milliards, sans compter le coût pour la Trésorerie des subsides liées à l’immobilier, s’apparentent plus à des mesures quasi désespérées ayant surtout pour objectif de sauver la face. D’une Chine qui, contrairement à ses engagements au début de la décennie précédente lors de l’arrivée au pouvoir de Xi, redevient championne de la planification économique, et de la mise en place unilatérale et sans aucune consultation préalable de règlementations à l’effet désastreux vis-à-vis des investissements et des entreprises étrangers. N’écoutant que sa volonté de superpuissance, Xi a donc définitivement abdiqué toute politique encourageant la consommation domestique, au profit d’une politique industrielle expansionniste, dans le sens où la formidable machine chinoise à produire et à fabriquer nage aujourd’hui au milieu d’une surproduction dont elle ne sait que faire. Ce qui attise, en toute logique, les tensions avec l’Ouest.
Le “rôle décisif” (expression et intention chinoises du début des années 2010) à attribuer au marché est donc bel et bien aux oubliettes. Les capitaux étrangers n’arrivent plus qu’au compte-goutte, et encore. Les autorités chinoises et leurs porte-paroles blâment les tensions géopolitiques et les barrières douanières occidentales. Les rares investisseurs étrangers encore présents en Chine profitent de toute hausse des bourses afin de liquider leurs placements. Comment faire comprendre à Xi que la croissance de son pays est condamnée à fléchir sans réformes libérales?
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On peut prédire à la Chine un scénario à la japonaise, 20 ans d’économie atone. Quelle catastrophe en perspective étant la dimension su pays, j’espère juste que 500 millions de chinois n’auront pas la bonne idée d’émigrer en occident.
Des réformes libérales ? C’est-à-dire une politique de l’offre ? Les salaires seraient-ils trop haut en Chine ?
Chine; États-Unis; Europe = trois superpuissances aux dés pipés.
– “Heureusement” que les États-Unis peuvent continuer d’escroquer et racketter la planète à l’aune de son schéma de Ponzi monétaire, assuré par la monnaie de réserve mondiale depuis 1971 ?
– “Heureusement” que l’on éprouve toutes les difficultés du monde à mesurer l’ensemble de la richesse mondiale détruite au paroxysme de la “Grande Récession” de 2008 – déclenchée aux États-Unis à cause de précédents choix publics erronés, lesquels furent accompagnés d’une sphère financière totalement déconnectée du monde réel – ainsi que les tombereaux de liquidité qui s’en suivirent et qui auront finit par déstabiliser la masse monétaire de nombreuses places économiques et financières à travers le globe. Étant entendu que les endettements publics ne s’effacent pas aussi facilement qu’une vulgaire ligne comptable dans un bilan du secteur privé !
Au moins, chacun à leur façon, tant la Chine que les États-Unis partagent un point commun avec les “Leçons sur la philosophie de l’histoire” – ouvrage de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 -1831) : “L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire” (1822 -1823). Mais un autre point commun les associe quant aux publications fournies, même si tu me sembles faire l'”étonné” mon cher Michel, lorsque tu nous interroges sur les données agrégées chinoises de la sorte: “sont soit erronées, soit rendues publiques avec des mois de retard. Imagine-t-on de telles défaillances aux Etats-Unis ou dans l’Union Européenne ?” Personnellement, je suis tenté de te répondre: “- Oh que OUI, suffit-il déjà de prendre les données publiées au “BLS” américain et analyser ensuite les pathétiques rétropédalages devenus si emblématiques !” Ou le quidam peut alors simplement lire un ouvrage très pertinent : “Désinformation économique – Repérer les stratégies marketing qui enjolivent les chiffres officiels” (Myret Zaki):
“…On l’imagine réservée aux régimes autoritaires, mais la désinformation économique existe aussi dans les pays développés. Les statistiques officielles ne reflètent pas toujours l’expérience du plus grand nombre. La politisation des chiffres et l’embellissement des statistiques sont une réalité, souvent masquée par l’extrême mathématisation des calculs. On croirait presque qu’il s’agit de sciences dures, qui seraient apolitiques; rien n’est plus faux…”
Effectivement, “grâce” (?!) à la “Grande Récession de 2008”, l’empirisme des faits aura prouvé – au delà des formules alambiquées et de la sémantique de quelques monétaristes égarés – pourtant récipiendaires du Prix de la banque de Suède en mémoire à Alfred Nobel – une autre “idée-zombie”, laquelle se fondait sur “l’hypothèse des marchés efficients” qui serait “une affirmation simple qui dit que les prix des titres et des actifs reflètent toutes les informations connues”. Rien de plus faux également !
Comprends bien, cher Michel, que je ne soutiens aucunement la politique économique de la Chine (monétaire et budgétaire), mais je ne peux me résoudre à autant d’indulgence devant le “diktat” américain souvent cité en exemple, d’autant plus que ce jugement de valeurs ne peut – tout aussi bien – nous faire oublier les politiques économiques irrationnelles conduites en Europe (crise de l’euro) durant une décennie perdue, précisément lorsque tu fais ce constat: “N’écoutant que sa volonté de superpuissance, Xi a donc définitivement abdiqué toute politique encourageant la consommation domestique, au profit d’une politique industrielle expansionniste, dans le sens où la formidable machine chinoise à produire et à fabriquer nage aujourd’hui au milieu d’une surproduction dont elle ne sait que faire”.
L’on devrait plutôt (avec ironie) remercier le “laboratoire économique chinois” (deuxième symbole des errements économico-financiers nés en Occident à partir de 1971) de nous illustrer ô combien les dogmes de nos “apprentis-sorciers” e-o autres “idées-zombies” – poussés à leurs extrêmes en Chine – conduisent. Oui, en effet, parmi une kyrielle d’absurdités, il demeure toujours aussi surprenant qu’une “loi” (comme celle “des débouchés” par exemple) – manifestement fausse elle aussi – soit toujours considérée comme juste…
https://alaingrandjean.fr/economie-environnementale/refonder-macro-economie/2017/03/finir-loi-de-say/
En outre, comme tu ne peux l’ignorer également, mon cher Michel, depuis passablement d’années déjà – grâce ou à cause notamment du “Concensus de Washington”, la seule vélocité de circulation du capital suffit à créer du capital neuf via la libre circulation des capitaux et la dérégulation des marchés financiers, hypothétiquement sensés s’autoréguler par eux-mêmes au travers des prix selon les monétaristes (une autre hérésie !) ; via le truchement des bourses et via les dernières avancées en matière d’ingénierie financière – sans impérativement recourir à la mobilisation du facteur Travail. D’autant plus que “les progrès” conduiront celui-ci à disparaître progressivement au profit de la robotique; du numérique et de l’Intelligence Artificielle. Voilà donc un gigantesque problème à résoudre – que seul le mythe de la destruction-créatrice Shumpétérienne 2.0 ne pourra exécuter – dès lors que la demande effective (de consommation) du plus grand nombre d’agent économique va s’étioler, faute d’un pouvoir d’achat suffisant pour absorber toute la surproduction (consécutive aux mantras des politiques de l’offre).
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Extrait:
RAYMOND
6 mars 2018 à 14 h 30 min
“(…) Arrêtons-nous à présent sur Jean Charles Léonard Simonde de Sismondi [1773-1842]. Cet économiste suisse, d’abord influencé par Adam Smith, embrassa la cause libérale et fréquenta les salons de Madame de Staël au sein du Groupe de Coppet (avant que ses théories n’entachent la constellation de Coppet). Son adhésion au libéralisme économique de Ricardo et Smith prendra fin en 1819 avec la publication des Nouveaux principes d’économie politique. Pour la première fois, un économiste évoque une nécessaire redistribution des richesses. Selon lui, loin d’assurer le bien-être de tous, le libéralisme économique accroît la misère des travailleurs parce que la concurrence exerce une pression à la baisse sur les coûts de production, et donc sur les salaires également, puis, le rythme élevé du progrès technique fait que les anciens résistent en bradant les prix et donc les salaires. Ajouter de la valeur c’est ajouter du capital fixe, des machines, des entrepôts, des forces aveugles de la nature qui ont été redirigées par l’intelligence et l’habileté qui sont autant de richesse future. Ce capital ne produit que s’il est fécondé par le travail, qui le met en mouvement. Sismondi ajoutera que le surplus et le profit sont accaparés par les riches, qui sont propriétaires du capital et de ce fait peuvent décider seul du partage de la valeur ajoutée, et de la richesse. En ce sens où de nos jours la vélocité de circulation du capital n’a plus rien de comparable au facteur travail pour fructifier, le travail (comme facteur de production) tend à disparaître (…)
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Alors, quelles leçons retenir en Occident ?
“Comment faire comprendre à Xi que la croissance de son pays est condamnée à fléchir sans réformes libérales ?”
Mais lesquelles ? Si ce n’est d’encourager le modèle économique du “capitalisme d’État” chinois à rejoindre celui du “capitalisme néolibéral” qui sied à l’Occident, puisque désormais le concept même du “Libéralisme” semble devenu un abus de langage, car tellement éloigné du “capitalisme contemporain” d’autrefois. Et si les conceptions sino-américaines du capitalisme n’étaient rien d’autre que les deux faces d’une même pièce ?
Postérieurement aux travaux de Robert Triffin et Robert Mundell…Ou quand l’Union Economique et Monétaire (UEM) de l’U.E va payer très cher l’addition de sa servitude à l’Oncle Sam ! Petit medley de quelques extraits de mes interventions déjà re-publiées (en partie) en 2022 ?
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RAYMOND – 20 septembre 2022 à 13h12
“(…) Le farouchement anti-européen Martin Feldstein, économiste à Harvard, écrivait de manière prémonitoire en 1997 que l’introduction de l’euro “exacerberait les cycles économiques en aggravant le chômage dans certains pays membres. Lesquels déboires économiques contribueraient à une crise de confiance au sein de l’Union”. Et, de fait, celles et ceux qui étaient persuadés que l’Union Européenne subissait depuis 2009 une crise qui ne serait que ponctuelle et que passagère ont dû revoir leur copie (…) Prise de conscience tardive d’une monnaie commune nécessitant tout naturellement une politique monétaire commune – c’est-à-dire un taux d’intérêt unique – pour une zone aux cycles d’activités disparates, voire antinomiques. Autant de déficiences structurelles et de problèmes chroniques passés sous silence dans l’acte de naissance de cet euro (…)”
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RAYMOND – 29 septembre 2022 à 12h41
“(…) Afin de préserver l’hégémonie du Dollar, Jerome Powell se serait-il perdu à trop vouloir jouer avec les bulles? (…) En 2009, nous sommes plusieurs à avoir constaté la bulle des Bons du Trésor Américains, conséquence directe des bulles l’ayant précédé, à savoir les bulles immobilière, boursière, pétrolière et des matières premières. Ne sachant plus où placer leurs liquidités suite à la crise du crédit (subprime), les investisseurs du monde entier se sont rués sur les Bons du Trésor Américains, ceux à 3 mois ayant d’abord offert une rentabilité négative en décembre 2009 – pour la première fois depuis 1929 (…) Cette ruée apocalyptique vers les obligations d’Etat Américaines reflétait parfaitement la panique de l’investisseur global à la recherche d’un placement sûr suite à l’effondrement des bourses, à la dégringolade du marché immobilier et aux multiples plans de sauvetage de banques (…) Cependant, cette ferveur de placement vers le papier valeur US semblait présider à la création d’une nouvelle bulle d’autant plus pernicieuse que ces investissements offraient des rendements nuls (…) Or l’investisseur planétaire acceptait dès lors une rentabilité nulle pour des obligations Américaines dont la valeur intrinsèque risquait de s’effondrer à tout moment dès lors que le marché se rendra compte – le jour venu! – que l’Etat Fédéral US ne peut indéfiniment faire fonctionner sa planche à billets en inondant les banques et l’économie en général (…) De fait, l’implosion d’une bulle au sein même du marché des Bons du Trésor Américains aurait en soi un évènement spectaculaire et dramatique qui affecterait des millions d’investisseurs, les plus fragiles étant bien-sûr les retraités ayant jusqu’à présent considéré le placement en Bons du Trésor Américains comme l’investissement sécuritaire par excellence. Une implosion de ce marché aurait nuit de surcroît irrémédiablement à une crédibilité US déjà fort entamée, principalement auprès des investisseurs étrangers – propriétaires de la moitié de ces Bons du Trésor – qui continuent toujours à financer les déficits US en 2022, alors qu’ils l’ont si bien fait dans les années précédentes en dépit de taux proches du zéro (…) Dans cette politique Américaine du “quoi qu’il en coûte” pour préserver en parallèle l”‘hégémonie du dollar” et, dans cette hypothèse, la première parade idéologique en cette fausse croyance dans la théorie du ruissellement, ne fallait-il aux maîtres du monde de conduire des politiques monétaires non conventionnelles qui encouragerait dès lors les marchés financiers et immobiliers à gonfler comme des ballons de baudruche? (…)”
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Ah ce cher maître du monde où le “crony capitalism” est légion, tout à l’image d’Hégémon donneur de leçon$ !
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RAYMOND – 02 octobre 2022 – 0 h 00
“(…) La guerre mondiale d”‘Hégémon”? Comme l’on s’en doute, la Réserve fédérale américaine (Fed) procédera à une autre hausse des taux d’intérêt pour prioriser la maîtrise de “son inflation” et cela pourrait encore augmenter la valeur du dollar américain par rapport aux autres devises, qui est à son plus haut niveau depuis 20 ans. Poussé par les hausses de taux agressives de la Fed, le dollar américain est considéré comme “connaissant une reprise unique en une génération”. Néamoins, pour de nombreux pays dans le monde, cela pourrait être le début d’un autre cauchemar!!! (…) Si la raison directe est d’atténuer l’inflation aux États-Unis, pour autant, si les gens creusent la cause profonde, c’est une conséquence inévitable de l’impression illimitée des États-Unis pour maintenir temporairement la “prospérité”. Un dollar américain super musclé et la chute d’autres devises atténueront, dans une certaine mesure, l’inflation torride de l’économie américaine, mais le monde devra en payer le prix, ce que l’on nomme souvent dans le jargon: “quand les États-Unis sont malades, le monde doit prendre la pilule”! Trente-six devises dans le monde ont déjà perdu au moins un dixième de leur valeur cette année, la roupie sri-lankaise et le peso argentin ayant même chuté de plus de 20 %, depuis que le dollar s’est renforcé. Cela a non seulement aggravé les économies déjà faibles de l’Europe et du Japon, mais a également forcé un grand nombre de pays en développement à avaler les pilules amères de la récession économique causée par l’inflation importée. En fait, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont utilisé à plusieurs reprises l’hégémonie du dollar pour mener à bien des “pillages financiers” ou des “crises d’exportation” contre d’autres pays (c-à-d la “militarisation du $). Comme le dit une expression très populaire chez nous, en Occident: “les États-Unis jouissent sans larmes des privilèges exorbitants créés par le dollar et le déficit, et ont utilisé le billet papier sans valeur pour piller les ressources et les usines des autres nations (…) Chaque tour d’appréciation du dollar au cours des dernières décennies a été accompagné de très mauvais souvenirs : la crise de la dette latino-américaine a éclaté au premier tour; en Asie, le Japon a souffert des “deux décennies perdues” au cours du second tour tandis que la crise financière asiatique a eu lieu pendant le troisième (…) Le dollar renforcé, maintes et maintes fois, coupe le monde comme une lame tranchante nous diraient les Chinois (…) Aujourd’hui, le dollar est à nouveau le problème du monde, car la crédibilité du dollar américain en tant que monnaie mondiale est continuellement épuisée par la politique américaine du “chacun pour soi” (…)”
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RAYMOND – 05 octobre 2022 à 19h18
“Bonjour cher (…), merci beaucoup pour votre pertinente analyse et vous savez déjà que j’ai toujours un plaisir à vous lire. Vous soulignez justement: “(…) En clair, le marché du travail américain se caractérise par un excès de demande de travail émanant du secteur privé. Un tel déséquilibre ne semble pas justiciable d’une mesure macroéconomique en l’occurrence une politique monétaire restrictive via la hausse des taux d’intérêts directeurs de la FED (…)” Voyez donc cher (…) les données officielles U6 du BLS américain; puis officieuses de Shadowstats (xy)! Si vous me le permettez, selon ma perception quant à l’intervention de la Fed – motivée par mes analyses succinctes figurant ici (…) et adressées au dr et prof en sciences économiques et chercheur en macroéconomie monétaire (…) – le mal m’apparait ailleurs et bien plus profond. Voici d’ailleurs un extrait de ma “note de synthèse” lui étant personnellement adressée le 19 mai 2022:
“(…) Pour ce qui a trait au pilotage de la politique monétaire de J. Powell, je suis également d’accord avec toi mon très estimé ami, tout en craignant que la Fed ne réitère ses travers, à savoir que la formation des bulles – suivie de leurs éclatements – a très souvent – par le passé – été la condition sine qua non du redressement économique américain. En l’état, J. Powell – en bon “faucon” et via son comité – ne va-t-il pas, finalement, chercher à expurger les marchés (bulles) avec l’appui de cette fausse croyance que l’inflation galopante s’inscrit sur le court terme? (…)”
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Tout va bien au pays de l’Oncle Sam ? Une note du cousin (Nassim Taleb) de notre hôte datée du 15 octobre 2024.
https://fr.investing.com/news/stock-market-news/ia-valorisations-dettes–attention-a-un-effondrement-imminent-des-marches–taleb-2597971
Tout va bien au pays de l’Oncle Sam ? Une note de Nouriel Roubini datée du 20 août 2024 (le Un contre tous et le tous pour Un?)
https://nourielroubini.com/the-us-treasurys-backdoor-stimulus-is-hampering-the-fed/
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RAYMOND – 06 octobre 2022 à 11h58
(…) L’OPEP+ baisse ses extractions de 2 millions de barils de pétrole par jour – mais une baisse de 1.1mb/j en net, selon le Premier ministre d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane – alors que le conflit géopolitique n’est (peut-être?) que l’arbre qui vient cacher la forêt. Ceci confirmerait alors (peut-être?) mes sentiments adressés à mon très estimé ami – le 19.09.2022 – chercheur en macroéconomie monétaire, à savoir, un futur effondrement du dollar comme monnaie de réserve mondiale qui porterait ainsi la légitimité vers un nouveau régime de Bretton Woods (ordre monétaire mondial), telle pourrait-être la question. En effet, si la seule réponse de l’Occident à la pénurie de matières premières créée par l’axe Russie-Chine-Afrique-Amérique latine serait de provoquer une compression mondiale du financement en dollars au détriment des “alliés amis” – tels que la BOJ et la BOE – en inondant le monde de monnaie fiat, ce ne serait plus seulement l’axe anti-occidental qui s’attaquerait à la Fed, mais comme à l’heure actuelle, aussi le cartel le plus important du monde: l’OPEP+ (…) Alors, le resserrement de la politique monétaire de la Fed aurait-il comme premier objectif la maîtrise de l’inflation galopante, ou tout entreprendre afin de préserver l’hégémonie du dollar comme monnaie de réserve mondiale (y compris les pétrodollars) et purger en parallèle les bulles des marchés financiers et immobiliers afin de préparer son économie domestique à un nouveau départ? Ceci au prix du sang et des larmes!
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RAYMOND – 09 octobre 2022 à 13h45
(…) Il faut tout de même admettre qu’ils sont géniaux les américains. Le ministère du travail a annoncé vendredi que l’économie américaine avait créé 263’000 nouveaux emplois en septembre 2022, car le taux de chômage aurait baissé de 3,7 % en août à 3,5 % le mois dernier, “au plus bas depuis cinquante ans, renforçant l’idée que le marché de l’emploi reste robuste”, notait le New York Times…Mais le prestigieux quotidien omet de préciser que le BLS ne considère plus dans ses chiffres officiels (U3/U6) – depuis 1994 (Oui 1994!) – la population des chômeurs découragés à long terme, alors que le taux de chômage réel aux Etats-Unis est aujourd’hui de 24,6%. Sachant encore que la création d’emplois débouche surtout vers des emplois précaires, non durables, dans le secteur des services. Il y a ainsi très peu de jobs permanents, productifs, créés dans le secteur manufacturier aux États-Unis. D’autant plus que l’on doit à présent considérer le phénomène andémique de “la grande démission” (The big Quit) où près de 50 millions de salariés ont quitté leur employeur l’an dernier aux Etats-Unis, par exemple. Ainsi, en affirmant que 2 et 2 font 3, certains objectifs sont remplis, tout bénéfice pour les élections de mi-mandat (…)
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Avec cette nouvelle ère et philosophiquement parlant, qui peut encore aujourd’hui accorder une confiance sans faille au capitalisme néolibéral, alors que les États-Unis se replient sur eux-même vs le reste du monde ?
Pas joli-joli du tout la bulle de la “financiarisation*”…
https://www.oftwominds.com/photos2024/non-bank-assets10-24a.png
(*) Que s’est-il exactement produit en Occident en 1971, puis courant des années 1980 ?
Dixit notre hôte : “…En effet, le capitalisme – survivant de justesse de crises répétitives remontant déjà à 2001 et qui l’ont laissé mortellement blessé -, ce capitalisme à l’occidentale est en phase terminale car ses plaies infectées crachent l’inégalité, le mécontentement social et les endettements colossaux…”
https://michelsanti.fr/capitalisme/pour-un-capitalisme-entre-adultes-consentants