Ces responsables qui nous gouvernent

novembre 21, 2008 0 Par Michel Santi

Seriez-vous étonnés, voire choqués si l’on vous apprenait que seuls certains pays – encore qualifiés d’émergents – connaà®tront la croissance en 2009 alors que nos économies Occidentales ou Occidentalisées, en tous cas toujours appelées développées, elles, se contracteront pendant la même période ? Certes, tout le monde s’y attendait…Cependant, la rapidité avec laquelle cette récession s’abat sur nos pays d’Occident ne fait qu’accélérer et que creuser encore plus le boulversement structurel distinguant désormais les nations émergentes des nations développées tout en consacrant l’avènement – et la suprématie – de ces économies sur les nôtres!

Ainsi, la Chine ou l’Inde n’étaient-elles encore que des économies à l’importance toute relative pour l’Occident lors de la dernière grande crise des années 90 en dépit d’une croissance qui pouvait s’avérer dans certains domaines plus dynamique que celle d’Europe ou des Etats-Unis. La donne a radicalement changé aujourd’hui et l’équilibre est irrémédiablement modifié puisque la Chine détrônera l’Allemagne en 2009 comme troisième puissance économique du monde!

Nos gouvernements se débattent dans les sables mouvants de la crise économique et financière : L’Europe dispose encore d’une marge de manoeuvre pour baisser ses taux d’intérêts, les Etats-Unis n’ont pratiquement plus de munitions avec un taux de base à 1%, le Japon renoue héroïquement avec le cauchemar des baisses “quantitatives”. Ces nations adopteront très certainement des mesures fiscales dans un avenir très proche afin de tenter de relancer la machine même s’il est loin d’être assuré que de telles économies d’impôts pour le consommateur ( assassines pour les budgets des Etats ) puissent vraiment être suffisantes pour remettre de l’huile dans les rouages…A cet égard, l’exemple du Japon ayant âprement lutté dans les années 90 afin d’éviter la récession au prix de déficits budgétaires monstrueux fait peur : la récession s’y est néanmoins installée durant toute une décennie que l’on a qualifiée de “perdue” faisant de l’Etat Japonais aujourd’hui le pays le plus endetté parmi les nations développées…Qui a dit que le devoir de nos dirigeants était – en théorie – d’améliorer nos conditions de vie?

Quoiqu’il en soit, le monde qui naà®tra de cette crise sera un monde o๠nos responsables, dans le cadre de leur bonne gouvernance espérée, devront de plus en plus tenir compte des positions de ces nations “émergentes”. En fait, ce jeu de bascule qui penche irrémédiablement vers l’Asie imposera de réformer non point détails ou modalités mais le système lui-même!

Dans 25 ans tout au plus, la Chine aura l’économie la plus importante au monde et il convient incontestablement d’être admiratif tout en étant heureux pour elle. Il n’en reste pas moins que la responsabilité de nos Gouvernants Occidentaux doit être invoquée dans cette course que nos pays ont définitivement perdu : Pourquoi sommes-nous si dépendants de l’épargne Asiatique et pourquoi nos économies ne vivent-elle qu’à coups de formation/implosion de bulles? Les cycles économiques seront toujours inévitables mais il est plus que temps que nos dirigeants nous épargnent les saignées qui nous affectent régulièrement en adoptant mesures adéquates et avertisseurs indispensables à la prévention de telles crises dévastatrices.

La politique monétaire est certes un instrument de relance de l’activité économique générale mais elle devrait également être utilisée comme arme de dissuasion à l’encontre de toute tentative de formation de bulle que ce soit dans le domaine boursier, immobilier ou du crédit. Ces climats malsains de spéculation effrénée ayant régné ces dernières années devraient être immédiatement repérés puis entravés grâce à un resserrement de politique monétaire : Après tout, la tâche première des banques centrales et des responsables économiques est bien d’assurer la stabilité des prix et cette stabilité des prix passe aussi par la canalisation des excès spéculatifs des divers marchés et intervenants!

Il est vrai cependant que relever des taux d’intérêts dans un contexte d’euphorie boursière ou immobilière réclame une dose certaine de courage politique dont sont dénués nos leaders.

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