Le prix de la liberté

Le cours en bourse de l’action de GEO Group a presque triplé depuis l’élection de Trump.
Pourquoi?
GEO Group est une société de «prisons privées».
En 2021, Biden avait signé un décret supprimant ce concept même de prison privée. Décret qui vient d’être annulé par Trump.
Sa Ministre de la Justice est Pam Bondi : elle faisait ouvertement avant son élection du lobbying pour…GEO Group.
Trump planifie très probablement d’enfermer dans ces prisons privées toutes celles et ceux qu’il ne parviendra pas à déporter.
Ou quand les privations de liberté enrichissent les oligarques.
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Mes prises de position macro économiques furent autrefois qualifiées d’hétérodoxes. Elles sont aujourd’hui communément admises et reconnues. Quoiqu’il en soit, elles ont toujours été sincères.
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Crony capitalism and Freedom? Wall Street qui s’était “désengagé” du financement des prisons privées américaines en 2019 ne devrait pas mettre long feu à relancer cette poule aux œufs d’or !
https://alencontre.org/wp-content/uploads/2019/07/jail-operators_for-web.jpg
2019 : “(…) l’indignation de la population contre les politiques du président américain Donald Trump à la frontière sud du pays exerce une pression croissante sur Wall Street, pour tenter de mettre un terme au soutien financier aux entreprises privées qui passent des contrats avec l’Immigration and Customs Enforcement (Service de contrôle de l’immigration et des douanes – ICE) pour gérer et exploiter un vaste réseau de prisons et de centres de détention pour immigrés. Le National Immigrant Justice Center (Centre national de la justice pour les immigrés) signale qu’en 2017, environ 71 % de personnes détenues par l’ICE étaient incarcérées dans des établissements privés (…)”
Autre business des prisons privées avec leurs lots de produits atypiques de financement et dont certains se retrouvent même au sein de l’allocation d’actifs des fonds “américains” de pension. Décembre 2008 (“Grande Récession” – post 15 septembre 2008) :
“Le malheur des uns fait le bonheur de Credit Suisse et de ses vendeurs de fonds d’actions et d’obligations. Alors que les Etats-Unis s’enfoncent dans la crise économique, la deuxième banque suisse propose d’investir dans des établissements pénitenciers privés américains. Une bonne opportunité de placement à long terme, peut-on lire dans la dernière mouture de Trends, son magazine pour les investisseurs professionnels. Et pourquoi donc ? Parce que, avec la récession, la criminalité (crimes et délits) va exploser et les promoteurs de prison, en bons entrepreneurs, vont décrocher le jackpot (…) L’économiste Paul H. Dembinski – fondateur de l’Observatoire de la finance à Genève et professeur d’économie à l’Université de Fribourg – tombe des nues: les banquiers du Credit Suisse veulent-ils être certains de trouver une place en prison propre en ordre quand la justice leur réclamera des comptes? Ironiste-t-il. C’est incroyable cette histoire, comme quoi l’argent n’a pas d’odeur ! ”
La liberté commence ou l’ignorance finit !
À ce titre je ne saurais que vous recommander cet article :
Une affaire qui marche : le Goulag US
https://www.dedefensa.org/article/une-affaire-qui-marche-le-goulag-us
Au milieu des années 90, le montant total de la dette dans le système américain était d’environ 20 billions de dollars, à présent il a atteint la barre des 101 billions de dollars. Et à chaque fois qu’un ensemble accumule plus de dettes, “le quidam” (facteur Travail) doit aussi se souvenir qu’au sein de ce “système d’asservissement” (où la liberté du débiteur demeure précisément hypothéquée) il y a toujours un gagnant et un perdant. Ainsi, à l’aune du “prix du temps” – respectivement du taux d’intérêt – il devient aisé de comprendre que la dette impute non seulement la liberté du débiteur, mais le vide lentement de sa richesse (au profit du créancier). Et cette richesse ne se mesure pas uniquement à l’aide des fruits du labeur, mais également sur le plan du Bien commun (et son dépouillement).
D’autre part, si en 1950, par exemple, le rapport entre le salaire moyen du cadre et le salaire moyen du travailleur était de 30 pour 1, aujourd’hui, aux États-Unis, il a basculé à 268 pour 1 (sans lien direct avec la méritocratie mais avec la financiarisation débridée). Pourtant, les plus éminents économistes s’accordent au fait que la vélocité de cet accroissement des inégalités durant ces deux dernières décennies (“guerre du Capital vs Travail”) a un impact direct sur la croissance économique; voulue “durable?” – mais déjà bornée durant les années 70, à la lecture du rapport Meadows – et ayant un impact significatif sur les fonds publics (bien qu’en théorie, en Occident, l’État “démocratique” est sensé être ce gardien de l’Intérêt général et du bien commun !) alors que les chiffres économiques globaux sont de plus en plus mauvais. Un autre prix que devront payer nos enfants et petits-enfants, même si les extrémistes et artisans du nouveau capitalisme – “sans foi ni loi” – peinent à reconnaître qu’aujourd’hui, 16% des enfants américains vivent dans la pauvreté et 14 millions d’enfants aux États-Unis sont au bénéfice des “food stamps” (bons alimentaires) du “Supplemental Nutrition Assistance Program” (programme fédéral d’aide alimentaire). Quelques études vont jusqu’à estimer qu’environ 50% de tous les enfants américains bénéficieront de bons alimentaires à un moment donné avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Tandis qu’en parallèle, si en 2009 (post “Grande Récession” débutée en 2008) l’on comptait 8 millions de millionnaires aux États-Unis (alors que la “Trickle-Down Theory” est un leurre idéologique) désormais l’on en dénombre 22 millions où 50% des Américains les plus pauvres ne contrôlent que 2,5% de la richesse et que près de 10% d’Américains ne sont toujours pas au bénéfice d’une couverture d’assurance santé (privée e-o publique), car si en 1948, le “National Labor Relations Board”, l’agence fédérale qui régit les relations professionnelles, obligea les employeurs à négocier les avantages sociaux avec les syndicats, décision confirmée par la Cour suprême en 1949, les employeurs n’auront cependant pas d’obligation d’offrir une couverture santé à leurs salariés, ni a fortiori à l’ensemble de leurs salariés ; de même que ces derniers peuvent la refuser si elle est proposée. Ou par faux calculs d’économies, histoire de gagner quelques dollars de plus sur des salaires afin de compenser un coût de la vie rendu plus délétère e-o financé à crédit. L’”Affordable Care Act” – qui fut appelé “Obamacare” – sera néanmoins introduit à partir de 2015; une incitation exigeant des employeurs de plus de 50 salariés une couverture dont le cofinancement par les salariés ne doit pas excéder un certain seuil (9,83% de leurs revenus en 2021) appliquée à au moins 95% des salariés à temps plein sous peine d’amende (225 $ par mois par salarié éligible en 2021). En 2020, 56% des entreprises proposent donc une couverture santé à certains de leurs salariés, avec des différences sectorielles marquées. Ce système est naturellement devenu vulnérable aux chocs sur le marché du travail (les crises économiques et financières étant passées par là et agissant comme un vecteur de paupérisation) puisque le chômage entraîne la perte de l’assurance santé (via l’employeur). Certains chômeurs (les moins démunis) choisissent néanmoins de prolonger leur “couverture santé employeurs”, mais doivent alors en assurer totalement le financement à un coût prohibitif.
Plusieurs tentatives de mise en place d’un système de santé centralisé et universel ont en effet existé aux Etats-Unis et, si elles n’ont pas abouti, elles ont tout de même permis d’accroître le taux de couverture. Franklin Roosevelt (président entre 1933 et 1945) a eu cette velléité mais il s’est heurté à des tirs de barrage, notamment de la part des médecins (qui auraient dû revoir les tarifs de leurs prestations en plus maîtrisés). En 1964-1965, Lyndon Johnson, un autre président démocrate, aura réussi à instaurer une assurance publique pour les personnes âgées (Medicare) et une pour les personnes démunies avec enfants (Medicaid). Toutefois, si l’inflexion la plus récente aura été la réforme Obamacare de 2010, même si le plan initial a été vidé d’une partie de sa substance lors de son adoption par le Congrès, c’est surtout au cours de la première administration Trump que cette réforme aura pris du plomb dans l’aile, même si elle apportera ses bénéfices sur le plan du Bien commun.
Un Bien commun qui ne tardera pas à être à nouveau détricoté par le second mandat de Trump (“démocratiquement élu”). Ou comment l'”amour pour sa propre servitude” (Aldous Huxley) rend aveugle une partie non négligeable d’un électorat peu instruit, au profit d’une oligarchie.
L’an dernier, le pourcentage des adultes américains n’ayant pas d’économies d’urgence totalisait 27%; tandis qu’aujourd’hui, selon la tendance (sondage), 43% des adultes américains paieraient pour une dépense d’urgence imprévue (comme 1 000 $ pour une visite aux urgences ou une réparation de voiture) en empruntant de l’argent sous une forme (ex.cartes de crédit) ou une autre (ex. prêt de la famille accordé sans intérêts; soutien des amis, etc). Cela inclut donc 25% des personnes qui utiliseraient une carte de crédit et la rembourseraient au fil du temps, contre 21% en 2024, selon les données du sondage/enquête. D’un autre côté, selon ce récent sondage, 41% des adultes américains utiliseraient leurs économies (“épargne de précaution”) pour payer une dépense d’urgence imprévue (comme 1 000 $ pour une visite aux urgences ou une réparation de voiture), un pourcentage en baisse par rapport à 44% en 2024 (données compilées par enquêtes depuis 2014). Aujourd’hui, 73% des Américains déclarent qu’ils épargnent moins qu’autrefois pour faire face à des dépenses imprévues dues notamment à la hausse des prix, aux taux élevés ou à un changement de revenu ou de situation professionnelle. Et même si l’inflation a fortement réduit depuis son pic, il n’en demeure pas moins que le taux d’inflation demeure toujours supérieur à l’objectif de la Réserve Fédérale. Est-ce aussi à dire que les Américains moyens se paupérisent à l’aune du coût de la vie, constaté déjà chaque matin lors de la préparation du p’tit déjeuner…
https://fred.stlouisfed.org/series/APU0000708111
…et que cette tendance va très probablement se poursuivre sur l’autel des mesures particulièrement inflationnistes de l’administration Trump (droits de douane prohibitifs; “militarisation du $”; contrôle domestique de “l’économie souterraine” via le reflux d’une main-d’œuvre immigrée corvéable à souhait, mais demeurant toutefois, depuis le temps, toujours sans papiers comme ce vulgaire et hypocrite “effet d’aubaine” choisi pour servir l’économie nationale…). Autant de paradoxes offert à nos apprentis-sorciers afin d’ouvrir (via “les facilités” – par analogie aux “lâchetés” – de la politique politicienne) à nouveau la “boîte de Pandore” de la titrisation des crédits en actifs pseudo-liquides et ainsi déréguler (encore une fois) à tout rompre des secteurs hautement sensibles (des politiques “win-win” pour les officionados du “crony-capitalism” mais certainement pas dans l’intérêt d’un océan de serfs). Du reste, comme l’exprimait très bien y a quelques années l’économiste Dani Rodrik – professeur d’économie politique internationale à la John F. Kennedy School of Government de l’Université de Harvard – en conclusion à son trilemme politique de l’économie mondiale : “Nous avons la mondialisation et les Etats-nations, mais nous ne sommes plus en démocratie” !
https://michelsanti.fr/bulle-speculative/bienvenue-dans-le-pire-des-mondes
Est-ce à dire également que nous restons non seulement les prisonniers de notre consommation outrancière ou de notre ignorance concédée; de nos apprentis-sorciers en “sciences économiques et politiques” ou de nos psychopathes de la politique, de la finance et des NTechs? Voir de notre maître du monde et nos bulles respectives…ou le tout à la fois.
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RAYMOND – 31 octobre 2022 à 18 h 51 min
(…) La ligne bleue représente le bilan de la Fed que nous pouvons raisonnablement considérer comme le montant d’argent imprimé par la Fed. La ligne noire représente l’indice S&P 500…
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Tout d’abord, nous voyons bien comment elles se déplacent toutes les deux vers le haut – ensemble (corrélation) – puis interrogeons-nous de la manière suivante à l’ère de la financiarisation totalement débridée : – Qui détient le plus d’actions à la bourse américaine ? (*)
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La classe moyenne, paupérisée depuis plusieurs décennies aux États-Unis, commence progressivement à prendre conscience en 2022 du stratosphérique schéma de Ponzi réalisé par les dogmes néo-libéraux et soutenus au prisme de l’hégémonie du dollar américain en tant que réserve monétaire mondiale. Au point que certains médias (“mainstream”) sont obligés de s’y intéresser à l’heure où le resserrement (bien trop tard) de la politique monétaire ne fut suffisamment accompagné d’une politique budgétaire constructive, dédiée en faveur des classes moyennes et inférieures ainsi qu’aux PME et PMI.
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Petit rappel (**): Avec le changement de paradigme des années 1970, “L’ Argent a pour corollaire la Dette et vis-versa”; un principe de base que nous n’avons plus le droit d’ignorer, aujourd’hui en 2022…et pourtant. Alors, en image, où fuite l’accroissement de la masse monétaire en dehors du braquet de cette courroie de transmission budgétaire à l’ère des monétaristes (avec une allocation “erronée” à dessein?) et de la financiarisation outrancière voulue par ces derniers?
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La “Middle class” américaine et les “Rednecks” ont-ils vraiment saisi les règles du jeu, lorsqu’ils ont pour la seconde fois contribué à l’accession de Trump au pouvoir ? Pas certain !
(*) Février 2018 [“En nommant Powell à la présidence de la Fed en 2018, Trump a indiqué qu’il est possible de donner le levier monétaire à quelqu’un qui n’a jamais fait d’études en sciences économiques. Powell, en effet, a une formation de juriste, qui lui a permis de travailler dans le secteur financier pour une trentaine d’années au niveau managérial. Ce n’est donc pas l’expérience dans le secteur financier qui lui manque, mais plutôt la connaissance approfondie de l’analyse et de l’histoire de la pensée économique. Il est vrai que les décisions de politique monétaire de la Fed sont prises par un comité formé par onze autres personnes, en plus du président de la banque centrale américaine. Il reste, toutefois, que l’influence (du moins informelle) de son président a un certain impact sur les discussions et les choix de politique monétaire aux États-Unis – donc indirectement dans le reste du monde, considérant le rôle du dollar états-unien”] Prof. en macroéconomie monétaire/PhD. S.R.
(**) En septembre 1970, l’économiste Milton Friedman – monétariste et père spirituel du courant néo-libérale – publiait dans “The New York Times Magazine” un texte qui suscita beaucoup d’opposition à l’époque, avant de devenir un véritable mantra. Ce texte avait comme sous-titre: “La responsabilité sociale de l’entreprise est d’accroître ses profits”.
https://www.nytimes.com/1970/09/13/archives/a-friedman-doctrine-the-social-responsibility-of-business-is-to.html
Pour Friedman – qui embrassa le mouvement idéologique libertarien en vogue dans les années 70 – “au sein d’un système de libre entreprise et de propriété privée, un dirigeant d’entreprise est l’employé des propriétaires de l’entreprise (les actionnaires). Il est directement responsable devant ses employeurs (les actionnaires). Cette responsabilité est de mener l’entreprise en accord avec leurs désirs qui, en général, doivent être de gagner autant d’argent que possible tout en se conformant aux règles de base de la société, à la fois celles représentées par la loi et celles représentées par la coutume éthique”. Mais le glissement de la sémantique des valeurs étant passé par là durant un demi-siècle (valeurs sociétales, valeurs éthiques et morales, embarquant avec elles l”‘Esprit de la loi”) autant dire que Milton Friedman était un “visionnaire” (un artisan parmi d’autres du lent déclin de nos démocraties “modernes”) doublé d’un “apprenti-sorcier” en “sciences économiques et sociales”.