La Libération selon Donald Trump

Dans notre environnement hostile, c’est désormais du chacun pour soi. Le lubrifiant des économies – c’est-à-dire la globalisation – rend l’âme. Tandis qu’avant-hier encore, elles se concertaient pour rédiger des lois et des règlements qu’elles s’engageaient à respecter, les nations fracturent à présent et les consensus et les alliances passés. A coup de subsides et de «tarifs», elles se bousculent pour promouvoir leurs propres industries et saper celles de leurs voisins et ex-partenaires. Plus une réponse temporaire à une crise, le protectionnisme devient un élément structurel de la nouvelle économie mondiale.
Il ne faut surtout pas jeter la pierre à Trump, car les barrières au commerce se mettaient en place bien avant son retour en 2025 à la Maison Blanche, principalement contre la Chine accusée d’inonder le monde avec ses véhicules électriques, son acier et autres produits finis à bon marché. En Corée du Sud et le Vietnam dès février dernier, sous la pression de leurs entreprises nationales broyées par la compétition chinoise. En Indonésie, pour augmenter ses taxes sur tous les produits chinois emballés dans du nylon. A l’autre bout de la planète, au Mexique, qui ouvre des enquêtes antidumping sur les produits chimiques et plastiques en provenance de Chine. Au Canada, qui impose en octobre 2024 des surtaxes de 100 % sur les véhicules électriques chinois, et de 25 % sur les produits d’acier et d’aluminium en provenance de ce même pays. En octobre 2024 encore, dans cette Union Européenne autrefois grande prêtresse du libre-échange, qui instaure des taxes pouvant atteindre 35,3 % sur les véhicules électriques importés de Chine. En Russie, ce partenaire très spécial de la Chine, qui légifère pour taxer les véhicules chinois constituant désormais la moitié des nouvelles ventes, contre 10% en 2022.
Global Trade Alert, observateur du commerce international basé en Suisse, calcule que 4’650 restrictions à l’importation sont en vigueur en mars 2025 parmi les économies du G 20, soit 10 fois plus qu’en 2008. Nous avons donc affaire à une tendance lourde, qui s’était même imposée sous la Présidence Biden. En effet, Global Trade Alert indique que les restrictions à l’importation touchent aujourd’hui 90% des 5’200 catégories de biens classifiées aux Etats-Unis, par rapport à 50% de ces marchandises qui faisaient l’objet de taxes au début du premier mandat de Trump. La Tax Foundation, think tank aux USA, alerte sur le niveau des droits de douane à l’importation aux Etats-Unis qui reviennent au niveau de 1946, «depuis 90 ans», selon Fitch Ratings.
Cela dit, l’avènement du second mandat de Trump annonce une prolifération en bonne et due forme de ces droits, taxes, et tarifs. Une vague sans précédent de redirection des échanges se met en place à travers le globe. Les proches du Président américain tentent de ralentir ses ardeurs car il regrette publiquement s’être laissé modérer lors de son premier mandat. Donald Trump envisage un droit universel qui s’appliquerait à la totalité des marchandises en provenance de tous les pays, et compte faire de ces «tarifs» l’emblème de sa seconde Présidence. Quoiqu’il en soit, nous sommes à l’orée d’une escalade fondatrice, d’une «Libération», pour reprendre les termes de Donald Trump, qui nous l’annonce pour le 2 avril 2025.
Par ailleurs, l’objectif de ce tsunami protectionniste est que ces «tarifs» remplissent les coffres de la Trésorerie et ramènent les emplois perdus. Seule une baisse drastique du déficit de la balance commerciale est susceptible, selon l’exécutif US, de réindustrialiser le pays et d’y traiter mieux ses cols bleus. Postulat erroné qui accorde une importance disproportionnée aux emplois industriels, alors que c’est le secteur des services qui est aujourd’hui devenu le grand pourvoyeur de travail.
Pour parvenir à ses fins, cette administration intervient directement et massivement pour réorienter l’économie. Cocasse, et hautement contradictoire, pour Donald Trump comme pour l’ensemble de son électorat car ils ont systématiquement plaidé pour un rétrécissement des pouvoirs de l’Etat. Or, ne voilà-t-il pas que l’État redevient tout-puissant, qu’il est censé rendre aux américains leur «liberté» et leur souveraineté économique ?
Chers lecteurs,
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Mes prises de position macro économiques furent autrefois qualifiées d’hétérodoxes. Elles sont aujourd’hui communément admises et reconnues. Quoiqu’il en soit, elles ont toujours été sincères.
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Dont acte ! 🤔
Cette photo du “Grand Timonier” lui sied comme un gant.
2009…
[“Pour la première fois en plus de 25 ans, les volumes du commerce international se contracteront de 2.1% en 2009 selon un rapport de la Banque Mondiale. Pour mémoire, ces volumes avaient crus à un rythme annuel de 7.8% ces 3 dernières années…Les problèmes à venir au niveau des flux mondiaux de marchandises risquent d’être lourds de conséquences sur la croissance globale, sans négliger les montées de protectionnisme dans un certain nombre de pays”]
https://michelsanti.fr/uncategorized/old-article-1183
2017…
[“Prenons conscience d’un phénomène fondamental, à savoir que ce n’est désormais plus tant nos responsables politiques qui décideront de l’intensification ou de la régression de la globalisation que les impératifs et les opportunités économiques. C’est en effet la technologie et son évolution qui définiront tout à la fois l’avenir de la production industrielle et le paysage économique de demain. L’Institut d’Etudes Stratégiques basé à Washington estime pour sa part que la production moderne et que les chaînes et réseaux liés à l’offre imposeront mécaniquement une régression de la globalisation.Ce «protectionnisme naturel» sera donc un choix délibéré des acteurs économiques et ne sera en rien dicté par une quelconque politique publique ni par des menaces de sanctions ou amendes”]
https://michelsanti.fr/globalisation/embrasser-le-protectionnisme
Au juste, quelqu’un pourrait-il me rappeler d’où est parvenue la tempête du changement [de paradigme] – en 2007/2008 – qui aura fini par renverser complètement un ordre économique établi [lui-même profondément imparfait, certes, mais qui fut insufflé à partir de la même origine]
“Qui fait encore confiance à la Chine”? ou qui fait encore confiance aux États-Unis; voir à l’Union Européenne?
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Raymond – octobre 15, 2024 à 6:11 pm
Chine; États-Unis; Europe = trois superpuissances aux dés pipés.
– “Heureusement” que les États-Unis peuvent continuer d’escroquer et racketter la planète à l’aune de son schéma de Ponzi monétaire, assuré par la monnaie de réserve mondiale depuis 1971 ?
– “Heureusement” que l’on éprouve toutes les difficultés du monde à mesurer l’ensemble de la richesse mondiale détruite au paroxysme de la “Grande Récession” de 2008 – déclenchée aux États-Unis à cause de précédents choix publics erronés, lesquels furent accompagnés d’une sphère financière totalement déconnectée du monde réel – ainsi que les tombereaux de liquidité qui s’en suivirent et qui auront finit par déstabiliser la masse monétaire de nombreuses places économiques et financières à travers le globe. Étant entendu que les endettements publics ne s’effacent pas aussi facilement qu’une vulgaire ligne comptable dans un bilan du secteur privé !
Au moins, chacun à leur façon, tant la Chine que les États-Unis partagent un point commun avec les “Leçons sur la philosophie de l’histoire” – ouvrage de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 -1831) : “L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire” (1822 -1823). Mais un autre point commun les associe quant aux publications fournies, même si tu me sembles faire l’”étonné” mon cher Michel, lorsque tu nous interroges sur les données agrégées chinoises de la sorte: “sont soit erronées, soit rendues publiques avec des mois de retard. Imagine-t-on de telles défaillances aux Etats-Unis ou dans l’Union Européenne ?” Personnellement, je suis tenté de te répondre: “- Oh que OUI, suffit-il déjà de prendre les données publiées au “BLS” américain et analyser ensuite les pathétiques rétropédalages devenus si emblématiques !” Ou le quidam peut alors simplement lire un ouvrage très pertinent : “Désinformation économique – Repérer les stratégies marketing qui enjolivent les chiffres officiels” (Myret Zaki):
“…On l’imagine réservée aux régimes autoritaires, mais la désinformation économique existe aussi dans les pays développés. Les statistiques officielles ne reflètent pas toujours l’expérience du plus grand nombre. La politisation des chiffres et l’embellissement des statistiques sont une réalité, souvent masquée par l’extrême mathématisation des calculs. On croirait presque qu’il s’agit de sciences dures, qui seraient apolitiques; rien n’est plus faux…”
Effectivement, “grâce” (?!) à la “Grande Récession de 2008”, l’empirisme des faits aura prouvé – au delà des formules alambiquées et de la sémantique de quelques monétaristes égarés – pourtant récipiendaires du Prix de la banque de Suède en mémoire à Alfred Nobel – une autre “idée-zombie”, laquelle se fondait sur “l’hypothèse des marchés efficients” qui serait “une affirmation simple qui dit que les prix des titres et des actifs reflètent toutes les informations connues”. Rien de plus faux également !
Comprends bien, cher Michel, que je ne soutiens aucunement la politique économique de la Chine (monétaire et budgétaire), mais je ne peux me résoudre à autant d’indulgence devant le “diktat” américain souvent cité en exemple, d’autant plus que ce jugement de valeurs ne peut – tout aussi bien – nous faire oublier les politiques économiques irrationnelles conduites en Europe (crise de l’euro) durant une décennie perdue, précisément lorsque tu fais ce constat: “N’écoutant que sa volonté de superpuissance, Xi a donc définitivement abdiqué toute politique encourageant la consommation domestique, au profit d’une politique industrielle expansionniste, dans le sens où la formidable machine chinoise à produire et à fabriquer nage aujourd’hui au milieu d’une surproduction dont elle ne sait que faire”.
L’on devrait plutôt (avec ironie) remercier le “laboratoire économique chinois” (deuxième symbole des errements économico-financiers nés en Occident à partir de 1971) de nous illustrer ô combien les dogmes de nos “apprentis-sorciers” e-o autres “idées-zombies” – poussés à leurs extrêmes en Chine – conduisent. Oui, en effet, parmi une kyrielle d’absurdités, il demeure toujours aussi surprenant qu’une “loi” (comme celle “des débouchés” par exemple) – manifestement fausse elle aussi – soit toujours considérée comme juste…
https://alaingrandjean.fr/economie-environnementale/refonder-macro-economie/2017/03/finir-loi-de-say/
En outre, comme tu ne peux l’ignorer également, mon cher Michel, depuis passablement d’années déjà – grâce ou à cause notamment du “Concensus de Washington”, la seule vélocité de circulation du capital suffit à créer du capital neuf via la libre circulation des capitaux et la dérégulation des marchés financiers, hypothétiquement sensés s’autoréguler par eux-mêmes au travers des prix selon les monétaristes (une autre hérésie !) ; via le truchement des bourses et via les dernières avancées en matière d’ingénierie financière – sans impérativement recourir à la mobilisation du facteur Travail. D’autant plus que “les progrès” conduiront celui-ci à disparaître progressivement au profit de la robotique; du numérique et de l’Intelligence Artificielle. Voilà donc un gigantesque problème à résoudre – que seul le mythe de la destruction-créatrice Shumpétérienne 2.0 ne pourra exécuter – dès lors que la demande effective (de consommation) du plus grand nombre d’agent économique va s’étioler, faute d’un pouvoir d’achat suffisant pour absorber toute la surproduction (consécutive aux mantras des politiques de l’offre)….
et plus ci-dessous…
https://michelsanti.fr/marches-libres/confiance-chine
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Merci Raymond, mais mon intention était de reproduire le Che libérateur…
Oui j’ai bien vu, cher Michel, mais je nous voulais pas faire “insulte” à Che Guevara, c’est pourquoi il me plaisait de faire un amalgame entre Trump et un “Grand Timonier” de l’Empire du milieu. Donc Trump en fossoyeur !
Cinquante ans de vie noyé dans un gigantesque paradoxe en Occident ou quand les États-Unis nous ont moulé avec un savant mélange d'”économie de marché” et d'”économie planifiée”, alors que beaucoup ont crû que la plupart des économies planifiées avaient disparu avec l’éclatement de l’Union soviétique en 1991, la chute du mur de Berlin en 1989 et le virage de l’économie chinoise au lendemain de la mort de Mao Zedong en 1976.
Or, le principe de l’intervention de l’État comme agent régulateur et planificateur constituait déjà une composante importante de la logique économique moderne en Occident sous l’autorité du néo-libéralisme. Lequel courant économique construit d’ores et déjà une passerelle vers l’ultra-libéralisme ! Et un terrain encore plus fertile et désormais démocratisé en faveur du “système de connivence”.
C’est fort tout de même venant des États-Unis – et plus particulièrement du “Grand Timonier Trump” donneur de leçon à la planète !
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Raymond – avril 15, 2023 à 12:27 am –
(…) En effet, ce “système économique de connivence” est né lors de la crise financière asiatique de 1997 et fut largement utilisé ensuite pour décrire l’économie philippine sous la dictature de Ferdinand Marcos dans les années 1980. Dans ce “système économique de connivence”, les entreprises prospèrent non pas grâce à la libre entreprise, mais plutôt grâce à l’argent gagné grâce à une collaboration étroite entre une classe d’affaires et la classe politique, c’est-à-dire dans lequel des personnes ou des organisations ayant des relations étroites avec des personnalités politiques profitent de ces relations pour acquérir un avantage concurrentiel injuste.
En Occident, ceci devrait aussi nous rappeler les nombreux scandales financiers du début du XXIe siècle aux Etats-Unis, par exemple, qui à leur manière ont déterré les squelettes marquant la période de la fin du XIXe siècle avec la dictature économique et sociale des ”barons voleurs”. En ce temps là, la présidence, le Congrès, la Cour suprême et les deux principaux partis américains, tous étroitement liés aux trusts industriels et financiers, avaient dû sévir pour sauver la réputation du système financier et garantir sa stabilité. À sa manière, l’historien américain Howard Zinn y a même consacré un chapitre de son ouvrage où il dénonçait cette période durant laquelle “le capitalisme ne cesse d’avoir recours à l’Etat”.
Nous voyons bien, à l’instar des deux faces d’une même pièce, ainsi qu’à la lueur des derniers événements aux États-Unis (…) que la finalité d’un système économique capitaliste sur lequel repose des individus ou des entreprises ayant des liens étroits avec des dirigeants politiques, et des représentants du gouvernement, produit les mêmes effets; dont celui d’obtenir notamment un avantage injuste sur le marché. De part sa nature pervers, comprenons bien que ce “système économique de connivence” permet une concurrence sans restriction pour obtenir des permis, des subventions gouvernementales, des allégements fiscaux ou d’autres types d’intervention de l’État sur les ressources et, cela est souvent accompli par des intérêts commerciaux manipulant leurs relations avec le pouvoir de l’État en place. En raison des fortes incitations auxquelles sont confrontés les gouvernements pour extraire des ressources par la fiscalité, la réglementation et l’encouragement de l’activité de recherche de rente, ainsi que celles auxquelles sont confrontées les entreprises capitalistes pour augmenter leurs profits en obtenant des subventions, en limitant la concurrence et en érigeant des barrières à l’entrée, ceci est malheureusement devenu la forme prédominante du capitalisme tel que pratiqué aujourd’hui dans ce bas monde.
D’ailleurs, les nouvelles données empiriques sont suffisamment étoffées aujourd’hui pour constater à quel point la richesse et l’intérêt des magnats ont augmenté ces vingt dernières années en raison des politiques favorables aux entreprises cotées, et mises en œuvre par les responsables gouvernementaux – dont on ose croire (?) que “leur volonté” se manifestait avec la prospérité de la société dans son ensemble – alors même que le fossé des inégalités n’a eu de cesse à s’élargir (paupérisation) tandis qu’une infime minorité s’est accaparé la plus grande partie du fruit du labeur d’une très grande majorité. Toutefois, la montée en puissance du “capitalisme de copinage” reste aussi bien attribuée à la fois aux socialistes et aux capitalistes radicaux. Selon les socialistes, le “capitalisme de copinage” serait un sous-produit inévitable du capitalisme pur, alors que d’un autre côté, les capitalistes pensent que le “capitalisme de copinage” résulte du besoin des gouvernements socialistes d’exercer un contrôle économique.
On l’aura ainsi compris, le “système économique de connivence” reste largement blâmé pour une série de malheurs sociaux et économiques, car il peut entraîner de la corruption explicite (et implicite via le financement opaque de divers partis politiques, comme par exemple en Suisse ou aux États-Unis). Les entreprises exploitent leurs liens politiques pour acquérir un avantage injuste sur le marché (lobbies), souvent en soudoyant des représentants du gouvernement ou en conditionnant des supports de voix à des élections (Public Choice). Cela fausse donc la concurrence sur le marché des biens et services et rend particulièrement difficile la prospérité des petites entreprises et des entrepreneurs lorsque certaines entreprises ont un avantage injuste en raison de leurs relations politiques. Les positions monopolistiques des grandes entreprises (plus largement encouragées sur l’autel de la financiarisation outrancière) peuvent évidemment affaiblir la concurrence et dissuader ainsi les petites entreprises d’innover davantage ou d’améliorer leurs biens et services. Ce système de perversion est tout aussi néfaste à la démocratie puisqu’il amène une tendance toujours plus marquée des gens à perdre confiance dans les institutions politiques et économiques. Puis, la défiance envers la mise en œuvre des réformes par les politiciens et le fonctionnement efficace des entreprises peuvent en être sérieusement entravés (crise de confiance).
Enfin, cessons une bonne fois pour toute de croire que le “crony capitalism” se limite simplement aux marchés émergents ou aux pays en développement, car il existe suffisamment de conséquences désastreuses dans le monde imputables à ce “système économique de connivence”: La conflagration immobilière aux États-Unis (subprime); l’oligarchie de la Russie qui peut difficilement fonctionner sans l’aide du gouvernement; les distorsions économiques et financières en Chine, qui sont créées par l’Etat pour donner un avantage concurrentiel à ses propres entreprises; sans oublier le paradoxe américain caché par l’alibi du “protectionnisme”, mais dont les principes s’accordent à présent à ceux de la Chine; la Confédération helvétique par ses relations incestueuses avec la sphère financière et dont le principe même de la “neutralité” y est intimement lié (et à présent en sursis); l’UE mercantile et sa technocratie dirigée contre les peuples alors qu’elle n’a jamais rempli les principes élémentaires d’une ZMO…etc.
Un “système économique de connivence” demeure une nuisance (…)
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Retrospectivement, qu’en aurait pensé Friedrich Hayek (école Autrichienne – mouvance libertarienne) avant la contre révolution néolibérale?
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RAYMOND – 17 mars 2020 à 12 h 39 min
(…) En 1944, Friedrich Hayek reçu une lettre d’un client de l’hôtel Claridge d’Atlantic City, dans le New Jersey. Il félicitait l’économiste, né en Autriche, pour son « grand » livre, ‘The Road to Serfdom‘ (La route de la servitude) dans lequel Hayek défendait l’idée que la planification économique constituait une menace pour la liberté. « Moralement et philosophiquement, je me retrouve profondément en accord avec vous », disait la lettre. Le correspondant de Friedrich Hayek n’était autre que John Maynard Keynes, en route pour la conférence de Bretton Woods, dans le New Hampshire, où il allait participer à l’élaboration du nouvel ordre économique de l’après-guerre. Avant la contre révolution néolibérale. La chaleur des louanges surprendra ceux qui considèrent Friedrich Hayek comme le parrain intellectuel du thatcherisme, et Keynes comme le saint patron d’un capitalisme très dirigiste. Mais Keynes, contrairement à ses disciples, n’était pas un homme de gauche. « La guerre des classes me trouvera du côté de la bourgeoisie éclairée » avait-il écrit dans son essai de 1925, « Suis-je un libéral ? » (…)
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Les Libertariens, un peu plus de cohérence avec votre idéologie prédatrice !!!
Aile droite ou aile gauche au pouvoir, les vautours de la politique sont partout mais beaucoup trop se refusent [encore] à ouvrir les yeux sur leurs extrêmes. Au demeurant, quand le “Crony capitalism” reste un véritable fléau en Occident” !
N’ayons pas peur d’une autre conflagration bancaire dans ce “Grand Désordre”…vraiment?
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RAYMOND – 24 avril 2023 à 12 h 42 min
Une réforme structurelle est-elle nécessaire pour éviter la prochaine crise bancaire? Sans conteste possible !
Mais dans cette ère où le “capitalisme de copinage” (Crony capitalism) a pris le pouvoir, malheureusement la cause me semble perdue tout à l’instar de homo-politicus & Co qui ne retrouvent plus le chemin de la rédemption. Néanmoins, il est désormais vital que le “citoyen lambda” puisse appréhender au mieux la dangerosité des mots (maux). En commençant aussi par “le mythe du capital bancaire” vu sous l’angle des bonus et de la dépréciation des “actifs”…Une méthode digne des mafias.
https://www.finance-watch.org/leblog/guide-capital-bancaire-la-resurrection-dun-mythe/
POURQUOI LA PLUPART DES BANQUES PRÉFÈRENT-ELLES DÉTENIR LE MOINS DE CAPITAUX PROPRES POSSIBLES ?
“Les banques préfèrent utiliser un fort effet de levier d’endettement afin de maintenir leurs fonds propres au minimum pour plusieurs raisons: La première d’entre elles est liée à la façon dont la rémunération des dirigeants bancaires est calculée. La manière la plus usuelle de déterminer la profitabilité d’une banque, c’est par la rentabilité de ses capitaux propres, un ratio communément utilisé pour établir la rémunération des banquiers. C’est le rapport entre deux chiffres : les bénéfices générés par la banque (au numérateur) sur ses fonds propres (au dénominateur). Les banquiers peuvent donc augmenter la rentabilité de leur banque soit en augmentant le bénéfice soit en réduisant les capitaux propres, ou les deux en même temps. La réduction de leurs fonds propres est une source mécanique d’amélioration du retour sur capitaux propres, même en cas de stagnation des profits. Les dirigeants bancaires sont donc intrinsèquement incités à diminuer le montant de fonds propres mobilisés dans leur banque dès qu’ils le peuvent.
Ces incitations peuvent devenir irrésistibles (voir les graph’s au sein du lien). Le premier graph (en rapport au sujet)montre comment l’effet de levier de l’endettement utilisé par les banques a augmenté rapidement pendant les quatre années précédant la crise (commençant en 2004, l’année où les accords de Bâle II ont étendu les règles de pondération des risques, dont il sera question plus loin). L’autre graph montre les bonus versés aux salariés du secteur financier au Royaume-Uni durant la même période. Nous voyons que les deux courbes ont subi une hausse fulgurante dans les années précédant la crise (on aperçoit également une chute tout aussi rapide des bonus suite à l’apparition de la crise).
La deuxième raison qui incite à privilégier l’endettement aux fonds propres tient au fait que les investisseurs qui achètent de la dette bancaire, sous forme d’obligations par exemple, sont convaincus que les plus grosses banques seront, quoi qu’il arrive, renflouées par les gouvernements. Cette « garantie implicite » agit comme une subvention indirecte et rend le financement par endettement de ces très grosses banques moins coûteux qu’il ne devrait. Cela encourage donc ces dernières à profiter au maximum de ce biais, au détriment des fonds propres plus onéreux.
La troisième raison est l’avantage fiscal que procure le financement par endettement : l’intérêt payé sur la dette est déductible de l’impôt sur les bénéfices alors que les dividendes sur les fonds propres ne le sont pas. Cette mesure fiscale fait donc aussi office de subvention.
Toutes ces raisons créent un environnement favorable pour inciter le lobby bancaire à lutter contre un renforcement des exigences concernant les fonds propres des banques et un ratio d’endettement plus contraignant, tout en minimisant les externalités négatives des coûts sociétaux que la sous-capitalisation bancaire entraîne”.
C’est pourquoi la réglementation bancaire se doit d’être entièrement revue, exigeant que les banques qui acceptent de prêter pour réaliser des opérations improductives, c’est-à-dire des opérations purement financières, disposent d’abord de tous les fonds nécessaires pour financer ces opérations. En d’autres termes, il doit y avoir une réserve de liquidité de 100% pour les transactions que les banques décident de financer par des prêts, quand ces transactions ne génèrent aucun revenu dans l’ensemble de l’économie. Ce régime de réserve intégrale ne devrait cependant jamais être appliqué aux prêts bancaires pour les transactions formant un revenu dans l’économie, entendez les transactions à l’origine du produit intérieur brut, suite au paiement des salaires par les entreprises sur le marché du travail – qui est, en fait, le seul véritable facteur de production, à savoir, la seule source logique du revenu national.”
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Et si l’on ne devrait pas accuser “homo-politicus” (de Droite comme de Gauche) d’embrasser le “Crony capitalism”, qu’il soit alors digne de ses fonctions et de ses responsabilités à l’égard de l’Intérêt général et du bien commun.
https://www.slate.fr/economie/76758/crise-financiere-memo-geithner-summers
Pour l’instant, nous sommes encore bien [plus] loin du compte !