“Le loup blanc des milieux financiers au cv long comme un train Paris-Genève”



Chers lecteurs,
Ce blog est le vôtre : je le tiens assidument avec régularité et passion. Des milliers d’articles et d’analyses sont à votre disposition, dont les premiers remontent à 1993 !
Mes prises de position macro économiques furent autrefois qualifiées d’hétérodoxes. Elles sont aujourd’hui communément admises et reconnues. Quoiqu’il en soit, elles ont toujours été sincères.
Comme vous l’imaginez, vous qui découvrez ce site ou vous qui me lisez depuis des années, l’énergie déployée et le temps consacré à mes recherches sont substantiels. Ce travail continuera à rester bénévole, accessible à toutes et à tous.
Je mets à votre disposition cette plateforme de paiement, et vous encourage à me soutenir par des dons, ponctuels ou récurrents.
Que celles et ceux qui jugent bon de soutenir ma démarche en soient chaleureusement remerciés.
Bravo Mr Santi pour votre intervention et votre succès.
“D’autres diront, chez les penseurs libéraux plus proches d’Hayek(1899_1992) que de Keynes(1883-1946), que c’est cette sur-interventiondes banques centrales(le “What ever it take”) qui est à l’origine de l’inflation qui sévit actuellement, en ayant faussé les prix du marché.”
Quelle est l’origine de l’inflation selon les keynésiens alors ?
Serais-je un libéral ????
C’est les conséquences de la Covid qui a provoqué l’inflation. Tout simplement.
Rien à voir avec les Banques Centrales qui ont néanmoins un rôle majeur dans la bulle spéculative boursière…je vous le concède volontiers!
Bonsoir cher Michel, mes encouragements sincères pour ton postulat. Bien à toi.
Bonsoir Pascal Baudry,
Pour vous apporter une réponse à votre question, permettez-moi de vous dupliquer une analyse de mon très estimé ami, le dr. Sergio Rossi, professeur ordinaire à l’Université de Fribourg où il dirige la Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada. Tout d’abord, “il faut bien distinguer l’inflation du renchérissement des prix à la consommation. L’inflation est un désordre macroéconomique qui s’avère lorsque le système bancaire (composé de la banque centrale et des banques secondaires) émet trop de monnaie par rapport au produit intérieur brut. En résulte alors une dilution du pouvoir d’achat de la monnaie, même si souvent le niveau des prix à la consommation n’augmente pas, étant donné qu’une grande partie de cette somme de monnaie excédentaire est injectée sur les marchés financiers, suite à l’ouverture des lignes de crédit que les banques s’octroient entre elles (sur le marché interbancaire) pour effectuer des transactions essentiellement spéculatives.
Dans l’état actuel des choses, le renchérissement des prix à la consommation n’est pas imputable à l’inflation, mais aux problèmes dont souffrent les entreprises pour satisfaire la demande sur le marché des produits, suite à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine. Par conséquent, ledit renchérissement n’est pas dû à des perturbations du côté de la demande mais bien de l’offre. Il est, dès lors, aisé de comprendre que le durcissement de la politique monétaire ne saurait réellement réduire l’augmentation des prix à la consommation, mais risque plutôt de l’aggraver dans la mesure où les entreprises qui vont devoir payer des taux d’intérêt plus élevés sur les crédits bancaires dont elles ont besoin pour financer leurs coûts de production en répercuteront la charge sur leurs prix de vente des biens et services.
En réalité, l’augmentation des taux d’intérêt profite uniquement au secteur bancaire, dans la mesure où les banques font payer des taux d’intérêt plus élevés à leurs débiteurs (tandis qu’elles n’augmentent pas de manière proportionnelle les taux d’intérêt qu’elles versent aux déposants). Cela expose toutefois la société à un risque de crise bancaire si un nombre important de débiteurs venait à ne plus parvenir à rembourser leurs dettes – sur le marché hypothécaire comme sur celui des prêts aux petites ou moyennes entreprises.
Lors de la crise financière globale éclatée en 2008, les banques centrales ont été considérées comme les sauveurs du système économique. Aujourd’hui, elles sont en train de nuire à leur propre réputation suivant une trajectoire à la hausse des taux d’intérêt qui ne peut que péjorer la situation et les perspectives sur le plan macroéconomique.
L’économiste américain Paul Samuelson – qui a reçu le «Prix Nobel» d’économie en 1970 – affirma justement que les économistes ont deux yeux: «l’un pour regarder la demande et l’autre l’offre» (sur le marché des produits). Les banquiers centraux, entre autres, devraient dès lors ouvrir leurs deux yeux afin de voir clairement l’ensemble de la réalité économique et prendre des décisions visant l’intérêt général, plutôt que de satisfaire des intérêts particuliers au détriment du bien commun”.
À l’aune de cette analyse, ainsi que celle du macroéconomiste iconoclaste Michel Santi (tous deux des hétérodoxes) l’on peut également mesurer à quel point l’orthodoxie (le courant “mainstream” post 1970) dans les “sciences économiques” a fait des ravages durant cinq décennies. Et pour conclure, l’analyse du dr. et prof. Sergio Rossi – par le truchement des divers aléas – nous ébauche implicitement le renversement d’un dogme propre à la pensée dominante, notamment celui de la “Supply-Side Economics”; en commençant par la loi de SAY.
Bien à vous
Bonjour Mr Santi, bonjour Mr Raymond,
Merci pour vos réponses.
Monsieur Santi, je suis d’accord que pendant la période Covid des filières d’approvisionnement ont été détruites, voire des industries, et cela a renchérit certains produits en tension. Mais pas uniquement, car ce fut une aubaine de raréfier des produits d’un bon rapport qualité-prix, j’ai pu le constater personnellement. Les industriels se sont organisés et cette période de pénurie est terminée et fut surmontée rapidement, donc ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Il y a la guerre en Ukraine, maintenant, ce qui a renchérit le gaz, uniquement, le baril de pétrole est dans les eaux des 80 $, ce que l’on a déjà subit et même pire, lors des périodes de spéculation sur les matières premières, par exemple, le baril avait dépassé les 100 $, de 2010 à 2013. C’est à cause des allemands, encore eux, pour des soi-disant risques de concurrence déloyale, c’est leur pré-carré, que le marché de l’énergie est indexé sur le prix du gaz. D’accord, l’inflation peut venir de là.
Je ne saurais mesurer l’impact du défaut de la fourniture ukrainienne sur l’inflation, qui d’ailleurs, ne faisant pas partie de la CEE, ne devait pas représenter une grosse partie de nos importations, qui d’ailleurs, crée une concurrence déloyale actuellement du fait de la volonté de la commission de soutenir l’économie de ce pays en favorisant ses importations dont les prix sont bien plus bas que ceux européens. Demandez aux polonais ce qu’ils en pensent.
Mais avant 2020, il n’y avait ni Covid ni guerre, pourtant il y avait de l’inflation.
Monsieur Raymond, merci pour cette citation très intéressante de monsieur Rossi que j’essaierai de lire. Il est premièrement d’accord avec les libéraux concernant l’augmentation de la masse monétaire, peut-on chiffrer cette partie principale de l’utilisation de cette monnaie créée, c’est à dire la spéculation ? La partie investissement dans des entreprises non viables n’est-il pas important également ?
L’augmentation non immédiate du niveau des prix, on peut en discuter longuement, cela dépend de comment vous le calculez, est pourtant patente pour le pékin moyen comme moi. Je ferais la même réponse concernant la période Covid, son intervention date peut-être de cette période-là.
Faire la dichotomie entre l’offre et la demande, c’est déjà une litanie d’un prêche libéral. Le lancement de grands travaux keynésiens pour créer une offre, ou le lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle industrie, ne créent-ils pas également une demande, via les salaires versés pour réaliser cette offre ? Une augmentation des salaires pour créer une demande ne crée-t-elle pas non plus une offre pour y répondre ?
Ensuite, les entreprises n’ont-elles que l’emprunt pour se développer ? Partenariat, GIE, fiducie-sécurité ?
C’est un peu court ce que dit ce jeune homme, un peu trop systématique, il manque de souplesse intellectuelle. L’économie est un chaos, bien malin qui pourra prédire son comportement. Peut-être des lois Browniennes.
Pour adhérer à votre conclusion, j’abonderai en disant qu’appliquer des règles en dépit du bon sens, cela tient plus de la religion que de la science dont font partie les mathématiques dont fait partie l’économie.
Auf Wiedersehen und ein schönes Wochenende
La Loi de Say : avant qu’un économiste français, donc non anglo-saxon, soit une référence, il faudra bien des crises dont une grande que j’attends avec impatience.
Maurice Allais, qui a défini les 5 fonctions de la monnaie, disait :”Il y a un cordon sanitaire médiatique autour de moi”.
Je réfute et je récuse désormais cette étiquette d’hétérodoxie.
Ce que je professe depuis une vingtaine d’années n’est que du bon sens car la priorité de toutes les priorités doit être, en toute circonstance, l’aisance de nos concitoyens.
L’obsession du chiffre est en passe de nous perdre.
Bonsoir Pascal Baudry, bonsoir cher Michel,
Ne souhaitant entamer une éventuelle polémique sur les “étiquettes”, ni une autre sur la géométrie variable dans un contexte éminemment politique, même s’il s’agit d’économie, je vais donc me cantonner à préciser – dans la ligne de mon post – que depuis l’aléa sanitaire mondial et les chocs consécutifs sur la demande et l’offre, en effet, les mantras de l’orthodoxie ambiante sont déboussolés, pourtant, les officionados de l’économie de l’offre (les mêmes qui ont voulu mathématiser l’économie avant tout, omettant de se rappeler que cette discpline est issue des “sciences sociales”; donc en aucune manière un dogme) peinent toujours à admettre que l’offre ne crée pas systématiquement sa propre demande selon les versets bibliques de la “loi des débouchés” de Jean-Baptiste SAY (1767-1832). A cet effet, le professeur en économie à Sciences Po – Paris, Jacques Généreux, apporte lui aussi un éclairage à cet obscurantisme dans lequel “les sciences économiques” se sont plongées (post 1970) au demeurant, pervertissant les “sciences molles” à l’aide des “sciences dures” avec l’exactitude qu’elles recherchent au travers des mathématiques. L’économiste Paul Samuelson ne pourrait venir démentir ce constat post-mortem, lorsqu’on se souvient de son expression faisant déjà état que la science économique “tombera dans le trou noir des mathématiques”. Que du bon sens d’admettre que “dans l’économie réelle, c’est la demande anticipée par les entreprises qui détermine leur production et donc aussi le volume de travail et de biens d’équipement dont elles ont besoin dans le présent et dans l’avenir: c’est la demande espérée qui engendre à la fois l’offre de produits, l’emploi et l’investissement. Si les entreprises ont besoin d’argent pour financer leur production et leurs investissements, elles pourront emprunter les fonds nécessaires d’autant plus aisément que leurs perspectives de ventes futures seront bonnes, c’est-à-dire dans une phase d’expansion et de confiance dans l’avenir. En bref, si la demande anticipée par les dirigeants d’entreprise est suffisante, il peut y avoir assez de production et d’investissement pour occuper toutes les personnes qui veulent travailler et toute l’épargne disponible. En revanche, si le pessimisme règne quant aux débouchés futurs, l’investissement et l’activité stagnent ou régressent, le chômage augmente. Il y a pléthore de fonds disponibles qui ne trouvent pas à s’investir dans la production”. Une banale évidence de loi offre/demande! Pourtant l’économie de l’offre prend en effet le circuit économique élémentaire comme je viens de le décrire en sens exactement inverse. Elle raisonné comme si les entreprises employaient les gens tant que ceux-ci sont disponibles et non pas tant qu’elles peuvent vendre ce que les gens produisent; comme si elles investissaient tant que l’on peut emprunter des fonds à taux raisonnables, sans se soucier de la clientèle future qui sera nécessaire pour rentabiliser les investissements et rembourser la dette; comme si elles vendaient leurs biens ou services parce qu’elles les ont produits, et non pas parce qu’elles ont des acheteurs! Tout se passe donc comme si chaque offre engendrait sa propre demande. Par quel tour de magie? Par la magie des marchés parfaitement concurrentiels!”. Or, nous n’avons plus le droit d’ignorer aujourd’hui que les marchés financiers ne pas efficients, donc non parfaitement concurrentiels par essence. Ceci étant précisé, encore une fois je le re-dis, en l’absence de garde-fous – comme d’ailleurs je mettais déjà en garde notre hôte à une certaine époque, à savoir que la relance monétaire débridée risquera d’inflater les actifs financiers et gonfler les dettes comme autant de contraintes (pauvretés) futures – les mêmes leviers contraignant à dévoyer la masse monétaire produira les mêmes effets. Là aussi, que du bon sens.
Bien à vous
Bonjour à vous,
Bravo Michel de ne pas vouloir entrer dans un ordre.
Parler de mantras, orthodoxie, versets bibliques pour décrire des faits économiques, nous emmène tout droit vers une nouvelle religion.
Pour changer, je vous propose la dichotomie de l’économie, en une part sociale, lors des choix gouvernementaux, si le gouvernement d’un pays a son mot à dire en économie vis à vis de la monnaie, par exemple, et une part mathématique, à travers la comptabilité, qui a ses propres lois. Il n’y a pas à tergiverser, ce sont bien des lois pures et dures qui ordonnent la comptabilité. Nombreux sont ceux qui l’apprennent à leurs dépends.
Par exemple, faire passer une valeur du passif vers l’actif, pour pouvoir la vendre comme une valeur sur laquelle chacun peut spéculer à discrétion, c’est illégal.
Concernant la théorie de l’offre, comme c’est bien dit, je propose d’orienter le domaine de l’économie vers le jardinage, appelons cela “la cueillette des roses”, ce qu’elle cache c’est la règle féodale de l’abaissement des revenus au plus bas, les jobs à 1€ chez les allemands déloyaux, des salaires horaires à 4$ aux États Unis, ce qui a pour effet de tuer la demande, brillant !
Nous savons, vous et moi, que l’économie est basée sur le ruissellement de la dépense des plus riches vers les plus pauvres. C’est une loi immanente,exclusive, divine, ce que j’ai écris ci-dessus est donc faux.
Pour ne plus se voiler la face, appelons l’économie libérale, l’économie féodale.
Bon dimanche à vous.
Bonjour Pascal Baudry,
Vous affirmez à ma place : “Nous savons, vous et moi, que l’économie est basée sur le ruissellement de la dépense des plus riches vers les plus pauvres”. Ceci demeure absolument incorrect, d’ailleurs, plusieurs “récents” travaux ont aussi remis en cause cette idée dogmatique, une vue de l’esprit. Vous enchérissez ensuite que “parler de mantras, orthodoxie, versets bibliques pour décrire des faits économiques, nous emmène tout droit vers une nouvelle religion” dites-vous? Les guerres de chapelle en économie ne date pas d’hier; par ailleurs, il est tout aussi regrettable de faire encore la confusion en 2024 entre le Libéralisme d’antan et le néo-libéralisme d’aujourd’hui qui, somme toute, n’est qu’un extrémisme!!! Ceci étant précisé, je vous invite aussi à lire tous les ouvrages de notre hôte afin de vous faire une petite idée des florilèges du langage, estimant que vous serez plus à même de donner un sens critique à la notion d’Ordre, car briller un poste de banquier central est déjà en soit une façon d’embrasser les Ordres (éminemment politiques).
Concernant la “Trickle-Down Economics”, voici mon analyse publiée et à remettre impérativement dans le contexte économique anté 2019.
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[RAYMOND
22 janvier 2018 à 15 h 35 min
Les dogmes n’en finissent plus de nous étonner.
Bien que nos économies modernes – en occident – se confrontent à des phénomènes impactant directement la demande agrégée, les élites y répondent systématiquement au moyen de boîtes à outils néo-libérales ou ordo-libérales. Les partisans du « trickle down » n’ont-ils pas été désavoués par les résultats issus du groupe de travail du FMI en 2015 ou encore ceux prévalant en 2014 et produit par l’OCDE ? Toujours dans la question de « l’alibi du ruissellement », ne trouve-t-on pas aussi quelques stratagèmes hérités outre atlantique et mis en évidence par les travaux de William Lazonick – économiste de l’université du Massachusett- intitulés « Profits Without Prosperity », qu’il faille à tout prix persister sur la voie de la pensée dominante ? C’est pourtant avec ce même genre de comportement privilégiant une caste que le rôle de l’État se délite au profit de la loi du marché. De la même manière, « le hochet » d’Arthur Laffer a souvent créé une véritable dichotomie de la dime entre Capital et Travail et/ou entre personnes morales et personnes physiques, pourtant, qui peut raisonnablement aujourd’hui encore ignorer que la seule circulation du capital suffit à le faire fructifier à contrario du travail qui, lui, tend à disparaître ? La vélocité de ce phénomène amène donc l’État à revoir la copie de ses propres contraintes en reportant la prime de risque sur ses administrés – la baisse des dépenses du filet social en étant une parfaite illustration – ou en abandonnant les PME à leur sort. Dans le débat théorique dominant, non seulement la « Supply-side economics » a justifié la réduction des dépenses publiques (neutralisant par effet de manche une relance via le levier budgétaire) mais la courbe de Laffer a induit au sein de la même pensée dominante une allergie fiscale comme Say et Smith l’ont fait avant lui. Se pose alors la question : Dans leurs prérogatives, les Etats font-ils face à une crise des recettes ou des dépenses ? Nos économies modernes – et occidentales – ne sont-elles pas finalement confrontées à une « Supply-side economics » à bout touchant ?
Si la « théorie » de Laffer est néanmoins recevable dans le cadre de l’hypothèse ceteris paribus, les études empiriques tentant de vérifier cette relation aboutissent à des résultats plus que controversés. Il est donc difficile de faire une étude empirique sérieuse car d’autres facteurs entrent en jeu, comme les besoins de l’État qui peuvent être différents ou non constants; la structure des prélèvements obligatoires et la façon de les percevoir par la population; l’histoire fiscale du pays, et le niveau habituel des prélèvements pour ce pays; la confiance dans l’avenir et le contexte économique général; le niveau de prise de risque par les investisseurs et les entrepreneurs ; le défit démographique du vieillissement des populations au regard des systèmes de pensions (…) En effet, la maxime du « trop d’impôts tue l’impôt » n’est pas une systématique à appliquer au pied de la lettre !
D’ailleurs, les cas du Royaume-Uni (sous Thatcher en 80) et Américain (sous Reagan) sont très révélateurs. Après l’économie vaudou de Reagan, les effets des baisses d’impôts ont créé des déficits fiscaux alors que sous Thatcher, quelques années après, les mesures ont entraînée une hausse des rentrées fiscales. Toujours sous l’administration Reagan, certes, l’économie américaine a rebondi rapidement de 1979 à 1982, mais la majorité des économistes sont plutôt d’avis qu’il s’agit du résultat de la baisse des taux d’intérêts mis en place par la Réserve Fédéral et non pas les incitatifs fiscaux. Enfin, en 2003, l’administration Bush décida une baisse d’impôts et les recettes fiscales augmentèrent comme sous Thatcher dans les années 80. Enfin, si le monétarisme s’est imposé dans l’argumentaire des politiques de lutte contre l’inflation et les modèles néo-walrasiens ont fourni les hypothèses favorables à la réduction du coût du travail, que les théories néo-institutionnalistes ont expliqué les fusions acquisitions des grands groupes en termes d’efficience organisationnelle, il n’en demeure pas moins qu’en dépit des apparence cohérentes, les politiques néo-libérales en place depuis les années 1970 n’ont pas toujours atteint leurs objectifs, pire, elles se sont même avérées contradictoires les unes avec les autres lorsqu’elles furent appliquées simultanément]
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Bon dimanche à vous
Je lirai vos analyses dans la semaine.
Vous n’avez pas perçu mon ironie lorsque j’ai cité le ruissellement, c’est une foutaise libérale pour empapaouter le peuple, vous ne devriez pas l’analyser sérieusement.
Je veux bien apprendre à connaître la nouvelle religion libérale, sauce blanche ou sauce pili, je suis preneur.
Me donneriez vous quelques pistes ?
Cher Pascal Baudry,
En affirmant ceci…[Il n’y a pas à tergiverser, ce sont bien des lois pures et dures qui ordonnent la comptabilité. Nombreux sont ceux qui l’apprennent à leurs dépends.Par exemple, faire passer une valeur du passif vers l’actif, pour pouvoir la vendre comme une valeur sur laquelle chacun peut spéculer à discrétion, c’est illégal] vous m’avez rappelé cela et je vous en remercie…
[RAYMOND
8 mars 2018 à 16 h 37 min
La financiarisation de nos économies modernes et le Court-Termisme mis au pilori par un ex-formateur des prix !
Le Court-Termisme est désormais boulonné dans la logique-même de nos économies. Qui l’y a mis ? Les règles comptables et les nouvelles pratiques financières que nous nous sommes donnés. « Nous » est bien entendu une façon de parler : la rédaction des règles comptables en particulier a été abandonnée par les États à des organismes privés (le FASB pour les États-Unis, l’IASB pour le reste du monde). La comptabilité moderne a donc évolué en trois étapes : 1) au début du XIXe siècle, des bénéfices n’étaient comptabilisés que lorsqu’ils étaient véritablement apparus ; 2) au milieu du XIXe siècle, on faisait apparaître prématurément des bénéfices en « enkystant » le passif, et ceci, n’est-ce pas, pour ne pas décourager les petits investisseurs ; 3) dans les années 1980, on se mit à distribuer des bénéfices anticipés (« marking-to-market »). Résultat : on partage désormais entre soi la moindre ombre de bénéfice et s’il manque de l’argent pour des choses accessoires comme refinancer l’entreprise ou la recherche et le développement, eh bien, on l’emprunte ! Dans les années 1975, le cabinet d’études McKinsey s’attaqua à un problème d’envergure : les intérêts des investisseurs et des dirigeants des grosses entreprises n’étaient pas alignés : d’une certaine manière ce que les uns obtenaient dans le partage des bénéfices, les autres en étaient privés. Cet antagonisme larvé bénéficiait aux salariés. Il y avait donc là un problème urgent à résoudre et ce prestigieux cabinet d’études le résolut. Les dirigeants des entreprises se verraient attribuer des options sur l’achat d’actions de leur compagnie au cours du jour où ces « stock-options » leur seraient attribuées. Si le cours de l’action grimpait, ils bénéficieraient de la hausse en fonction du nombre de leurs options. Les dirigeants, tout comme les actionnaires, auraient dorénavant les yeux fixés sur le cours des actions de l’entreprise, s’efforçant de booster son bilan de trimestre en trimestre par tous les moyens possibles et par la « comptabilité créative (imaginative !) » en particulier. Le court-termisme était désormais inscrit dans l’économie : ce cabinet d’études avant-gardiste avait réussi son pari, l’avenir avait été entièrement sacrifié au présent ! »]
Voyez-vous, Pascal Baudry, lorsque vous parlez de “lois pures et dures qui ordonnent la comptabilité”, par modération, je dirai plutôt qu’il nous faut (déjà) distinguer la lettre de Loi, de l’esprit de la Loi.
Bien à vous
L’esprit de la loi ? Faites-vous de l’innovation financière, de l’ingénierie financière innovative ??
Sinon, bravo, belles analyses. Un style un peu lourd qui part dans tous les sens malheureusement. Je comprends pourquoi les économistes nous coûtent si cher. Mais, je ne sens pas d’avis propre, vous faites-vous votre propre idée de l’économie ?
Un étalage de connaissances, de références. N’avez-vous pas un blog, vous trouveriez quelques personnes pour vous lire et vous éviteriez de squatter le site de Mr Santi.
J’interviens pour donner mon avis, abonder dans la connaissance de l’économie, à mon humble niveau.
En tout cas, j’ai bien rit, traiter McKinsey de cabinet prestigieux, avant gardiste, fallait oser.
Je reconnais que cette bande de renards a innové dans la prise en main des états, en falsifiant les élections présidentielles, bénévolement, pour ensuite se faire rémunérer en conseils par le dit président.
Je me pose juste la question : qu’en pensent les hauts fonctionnaires dont la fonction était de garantir le bon déroulement des élections et procéder à la consolidation des votes au niveau national ?
Bonne soirée Mr Santi.
Bonne soirée également
Eh bien, Pascal Baudry, là c’est bien envoyé!!! Prenez de la hauteur mon cher ! Par contre, à une certaine époque, ça n’a pas dérangé notre hôte que je vienne squatter son site “privé”, au point qu’il me sollicita pour l’un de ses ouvrages déjà publié. Puis pour une participation à son ouvrage sur la BNS, mais en restant là aussi dans l’ombre. Dernière proposition que j’ai déclinée pour des motifs qui nous appartiennent lui et moi, bien que je garde un profond respect pour Michel.
Voyez-vous, je pourrai tout aussi bien l’épingler sur ses nombreuses interventions bienveillantes à l’égard du Président de la Fed et sur son manque objectivité envers “Jay” Powell, surtout lorsque notre hôte prétend vouloir moraliser la finance à la haute fonction de la BNS. Aurait-il déjà oublié (alors qu’il réfute et récuse aujourd’hui l'”étiquette” d’hétérodoxe qu’il arborait fièrement) que dix ans après le début de la crise financière, la Fed (Réserve fédérale) a proposé – le mercredi 30 mai 2018 -d’assouplir l’une des principales règles qui avaient été adoptées pour empêcher les banques de prendre des risques boursiers trop importants. Extrait de mon intervention publiée en 2018 sur un autre blog d’expert: [“La Banque centrale américaine veut s’attaquer à la règle Volcker, qui interdit aux banques de détails de faire des paris boursiers pour leur compte avec l’argent des déposants. La nouvelle mouture du texte viendrait « simplifier » la mesure pour la rendre « plus efficace », d’après Jérôme Powell, le nouveau président de la Fed, nommé à ce poste le 5 février 2018 par Donald Trump.
https://www.wsj.com/articles/fed-floats-changes-to-volcker-rule-on-big-bank-trading-restrictions-1527705603
La règle Volcker partait d’un bon sentiment : éviter que les contribuables ne paient pour les risques inconsidérés des banquiers. Avant 2008, les banques pouvaient utiliser l’argent de leurs clients – et qui était garanti par l’État – pour boursicoter à leur guise et faire des profits. En cas de perte, l’État intervenait pour rembourser les déposants. C’est ainsi que, durant la crise, les banques ont réussi aux États-Unis (et sur le Vieux Continent) à faire éponger une partie de leur dette par les contribuables. Mais l’interdiction édictée par la règle Volcker n’est toutefois pas absolue. Les banques peuvent toujours avoir recours à l’argent des clients, s’il est utilisé à leurs profits ou pour couvrir un pari risqué fait avec les fonds propres de l’établissement. D’où le problème : ces exceptions peuvent entraîner des audits et contrôles à répétition pour établir si les opérations boursières sont faites dans le respect de la règle Volcker. Les banques ont utilisé le prétexte du casse-tête des tracasseries administratives pour contester le bien-fondé de cette mesure. Ainsi, la règle Volcker, érigée en symbole de l’effort de la réforme bancaire d’Obama de 2010 pour protéger les contribuables contre les excès de la finance, n’est entrée en vigueur qu’en 2015 après d’intenses tractations pour en définir précisément le champ d’application. La règle Volcker 2.0, voulue par la Fed, limiterait les contrôles auxquels sont soumises les banques. Ces dernières auraient aussi moins de preuves à fournir pour établir la légitimité d’une opération boursière. C’est donc un assouplissement en bonne et due forme des règles de régulation bancaire qui est proposé par la Fed. Ce n’est pas le premier. Le Congrès a voté, le 22 mai 2018 une annulation partielle de la réforme bancaire 2010. Cette autre victoire pour Wall Street prévoit qu’il n’y aura plus désormais qu’une dizaine de très grandes banques qui seront soumises à l’intégralité des contrôles établis après la crise financière de 2010]
https://www.nytimes.com/2018/05/22/business/congress-passes-dodd-frank-rollback-for-smaller-banks.html
Vous comprenez bien que je pourrai également disserter plus avant sur les leçons de morale du capitalisme actionnarial ou les principes économiques, mais j’ai bien saisi votre message (politique?). Le partage (fusse-t-il critique) semble lui aussi devenu un concept à géométrie variable ici, alors désolé du dérangement.
Bonne continuation
Cher Michel,
En souvenir d’un autre temps, par honnêteté intellectuelle et en droit de réponse à Pascal Baudry, je te serai gré de bien vouloir publier mon intervention lui étant adressée (ainsi que les références).
Bonne continuation à toi
Votre intervention est encore une fois hors sujet. En apparté, nous devons la crise de 2008 à Bill Clinton.
Vous intervenez donc ici pour faire pression sur Mr Santi ?
Je ne vois pas en quoi mon intervention serait politique ? De la politique économique, peut-être ?
Vous ne partagez pas, vous occupez le terrain exclusivement et vous ostracisez les autres en les bombardant de concepts dans ligne éditoriale de la pensée unique libérale. Avez-vous une fonction rémunérée pour la promotion de cette religion ? Le faites-vous bénévolement par engagement sacerdotale ? Suis-je confronté à la question sous la coupe de l’Inquisition ? Acceptez-vous la contradiction ?
Il y a une chose que j’aimerais savoir : le dogme libéral, est-il au dessus de la constitution ? Apparemment oui, puisqu’il oblige notre assemblée à voter des lois pour son application, les normes de déclarations comptables unifiées.
Ce dogme est-il au dessus de dieu ? Dieu, doit-il se soumettre aux néo-libéraux ?
C’est comme les néocons aux États Unis, que ce soit un gouvernement démocrate ou républicain, ils sont toujours à la manœuvre.
Je respecte l’apport de chacune des contributions, en remercie chacune, et déclare celles-ci closes pour ce thème.