Une Allemagne brisée : l’Europe face à son suicide économique

L’année 2026 s’ouvre sur une vérité que plus personne ne parvient à dissimuler. Matrice industrielle du continent, socle de la prospérité européenne depuis trois décennies, l’Allemagne est entrée dans une récession structurelle. Le Financial Times l’a écrit noir sur blanc à la fin de 2025 : la première économie d’Europe ne retrouvera que péniblement son niveau d’avant le séisme 2020–2022 – cette Allemagne d’avant la pandémie et la guerre en Ukraine, adossée à une énergie bon marché, à des chaînes de valeur mondialisées et à une stabilité géopolitique aujourd’hui révolue
Ce n’est pas une parenthèse conjoncturelle. C’est un basculement de régime.
Mais attention, car c’est un modèle qui s’effondre. L’Allemagne ne souffre pas d’un déficit de compétences, ni d’une obsolescence technologique. L’Allemagne est victime d’un empilement de décisions politiques – allemandes et européennes – ayant méthodiquement sapé ses fondations productives. La question n’est plus de savoir si Berlin traverse une mauvaise passe, mais si l’Union européenne a organisé, par aveuglement idéologique, l’affaiblissement systémique de son cœur économique.
L’agonie industrielle
Les chiffres sont sans appel. En 2025, la production d’acier brut y a chuté d’environ 10 %. Des sites emblématiques ferment ou se vident de leur substance. Les géants de la sidérurgie invoquent tous des coûts énergétiques devenus incompatibles avec toute activité lourde. L’automobile, pilier du Mittelstand et vitrine du savoir-faire allemand, suit la même pente. De 5,6 millions de véhicules produits en 2017, l’Allemagne est tombée à un peu plus de 4 millions en 2025. La trajectoire 2026 glisse vers 3,4 millions.
Il ne s’agit pas de défendre un passé révolu, mais de rappeler une évidence matérielle. Une économie décarbonée exige plus d’acier, plus de cuivre, plus de chimie, plus de machines, plus d’infrastructures. On ne bâtit ni hydrogène, ni réseaux intelligents, ni batteries, ni éoliennes sur un désert industriel. La transition verte suppose une base productive robuste. Or, en 2026, l’Allemagne détruit plus de capacités qu’elle n’en crée.
La pathologie est importée : choc énergétique, incertitude géopolitique, inflation normative. Le moteur n’est pas grippé, mais son carburant lui a été retiré.
Une faillite politique
L’Allemagne porte évidemment sa part de responsabilité : sortie précipitée du nucléaire, illusion d’un gaz russe éternellement bon marché, inertie administrative chronique. Ces erreurs qui auraient pu être corrigées ont été figées, puis amplifiées par une architecture européenne devenue incapable d’arbitrer entre morale, géopolitique et survie économique.
La rupture avec la Russie après 2022 fut un tournant historique – qui pouvait se justifier moralement- mais qui fut gérée avec une légèreté sidérante. La destruction des pipelines Nord Stream – dont les responsabilités demeurent taboues – a scellé une dépendance durable au gaz liquéfié américain, structurellement plus cher. En 2026, l’industrie allemande paie toujours ce choc : énergie coûteuse, volatilité chronique, perte d’avantage comparatif.
Se superposé une transition verte pensée à Bruxelles comme une liturgie normative plutôt que comme une politique industrielle. Si les objectifs climatiques ne sont pas en cause, leur mise en œuvre est incontestablement dogmatique. Taxes carbone, normes environnementales, obligations de transformation s’empilent sans stratégie productive crédible. Les usines ferment plus vite qu’elles ne se transforment.
Fuite en avant assumée et incarnée par Ursula von der Leyen qui se décline en sanctions prolongées, en durcissement réglementaire, en centralisation stratégique. Les capitales suivent, Berlin en tête, en dépit d’une Allemagne – première puissance économique du continent- se comportant néanmoins en exécutant discipliné.
Le contraste est cruel : pendant que Washington, sous une administration Trump II ouvertement protectionniste, subventionne massivement son industrie, l’Europe contraint la sienne. Les entreprises allemandes investissent davantage au Texas qu’en Rhénanie.
La fracture sociale
Les conséquences ne sont plus abstraites. Collectivités exsangues, bassins industriels sinistrés, classes moyennes inquiètes. La colère politique enfle. En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, bastion historique de la CDU, l’AfD dépasse les 25 %. À l’Est, elle est hégémonique. Chez les jeunes urbains, la radicalité bascule à gauche.
Pas un accident, car la désindustrialisation détruit plus que des emplois. Elle pulvérise le contrat social allemand fondé sur la stabilité, sur la compétence, sur la prospérité partagée. Les élites ouvrent un boulevard aux forces antisystème dès lors qu’elles expliquent que “la douleur est nécessaire” au nom d’objectifs abstraits. Une union promettant la prospérité et délivrant la décroissance ne conserve pas la loyauté de ses peuples. En affaiblissant son moteur, l’Union Européenne fragilise peut-être irrémédiablement son propre projet.
Sortir de l’aveuglement
Fin 2025, le chancelier Friedrich Merz lance un plan d’investissements pouvant atteindre 500 milliards d’euros pour “sauver l’industrie”. Intention juste et louable. Las, ce plan bute sur l’architecture européenne elle-même. Sans assouplissement durable des règles budgétaires – règle d’or d’investissement, mutualisation partielle, rôle accru de la Banque européenne d’investissement – tout restera dans le registre du symbolique. L’Europe sait mobiliser des centaines de milliards pour stabiliser la finance, mais hésite à le faire pour sauver sa base productive.
Trois ruptures s’imposent.
Pragmatisme énergétique. Non pour renoncer au climat, mais pour hiérarchiser dans le temps. Sécuriser des sources abondantes et bon marché – nucléaire compris – afin de préserver l’appareil productif pendant la transition.
Désescalade stratégique. Non pour capituler face à Moscou ni abandonner l’Ukraine, mais pour reconnaître qu’on ne mène pas une guerre longue en sabotant sa propre base énergétique. L’autonomie n’est pas la morale ; elle en est la condition matérielle. La morale ne produit pas de kilowattheures.
Débureaucratisation. Non pour dissoudre l’Union, mais pour restituer au politique la primauté sur la norme, et substituer à la religion réglementaire une véritable politique industrielle.
L’illusion européenne ne s’arrête d’ailleurs pas à l’énergie russe. Elle se prolonge dans une dépendance croissante à la Chine pour les terres rares, les aimants permanents, les composants des batteries et des éoliennes. L’Europe prétend s’émanciper géopolitiquement tout en confiant à Pékin les nerfs de sa transition verte, mais remplace une vulnérabilité par une autre et confond vertu stratégique avec fragilité réelle.
L’Allemagne ne teste pas la patience de l’Europe : elle en révèle la faillite stratégique. Une union sacrifiant son cœur industriel sur l’autel de postures morales et de calculs géopolitiques mal maîtrisés se condamne à l’impuissance.
L’effondrement allemand n’est pas une fatalité, mais le produit de choix politiques.
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Bonne analyse qui résume le mal européen : la France a été précurseur dans la désindustrialisation et presque l’abandon du nucléaire. Le gaz a fait écran pendant un certain temps en sauvant momentanément l’Allemagne. La doctrine du Général de Gaulle aurait dû être écoutée: l’Europe des Nations de l’atlantique à l’Oural. Nous avons suivi les US et voilà le résultat. Europe: paix a son âme!!
Bonsoir Jean Delandre,
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Raymond dit – novembre 23, 2024 à 10:30 am
“L’investisseur américain Stephen P. Lynch, qui a des décennies de relations commerciales à Moscou, aurait demandé aux responsables américains la permission d’enchérir sur le pipeline “Saboted Nord Stream 2” s’il était mis aux enchères devant un tribunal de faillite suisse, selon un rapport du Wall Street Journal. Cet investisseur et soutien du président élu Donald Trump aurait-il saisi, par anticipation d’un éventuel “accord de paix” entre la Russie et l’Ukraine conduit sous le mandat de Trump, l’opportunité qu’offrirait aux États-Unis un tel “deal” ?”
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Bien à vous
PS: À défaut de nous vendre la paix, ils veulent nous offrir la guerre. La politique de la terre brûlée.
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On ne pourra jamais dire que ce n’était pas une catastrophe annoncée !
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[1] Feu Bernard Maris – économiste – publié le 29 avril 2010.
“Dehors l’Allemagne ! Ce n’est pas à la Grèce de quitter la zone euro, c’est à l’Allemagne. Rappel des méfaits. Suite à une petite guerre mondiale où l’Allemagne a joué un certain rôle, celle-ci a été coupée en deux. Une partie a été confiée à l’URSS, l’autre aux américains. Quand l’URSS s’est lézardée de tout coté, à cause des coups portés par Reagan, la frontière entre les deux Allemagnes est tombée, et s’est posée la question de la réunification de l’Allemagne. En fait ne s’est rien posé du tout. L’Allemagne s’est réunifiée toute seule. Mais notre illustre président de tantôt, Mitterrand, a fait comme s’il faisait cadeau de la réunification à Kohl, en échange de la participation à la zone euro souhaitée par les français. Tu parles ! La aussi, ce sont les français qui ont participé à la zone euro définie par l’Allemagne.
Autrefois les français participaient à la zone Mark, surévalué par rapport au Franc, en payant cette participation de taux d’intérêts sur les emprunts plus forts (comme le Grèce aujourd’hui) et de deux millions de chômeurs par an. De sorte que les français ont été cocus deux fois : une fois par la réunification qui leur a été imposée et transformait l’Allemagne de géant économique en super-géant, et la seconde fois en participant à la zone euro. L’euro s’appelle en fait le mark. La BCE est copéie sur la Bundesbank, le nigaud Trichet ne regarde que l’inflation, il n’y a pas de politique monétaire et encore moins de politique économique au niveau de la zone, de sorte que la politique monétaire et économique de la zone euro, puisque l’euro est en vérité le mark, est celle de l’Allemagne. Point.
Et voilà que pointe à l’horizon un autre géant économique, exportateur comme elle, branché sur la hi-tec comme elle, la Chine. L’Allemagne a bien compris la Chine, sait qu’elle ne peut pas lutter contre elle, question de taille simplement. Que faire ? Etape 1 : résister. Uitiliser la main-d’œuvre de l’Est pour assembler ; pactiser avec les Russes pour l’énergie ; et se servir de la zone euro comme débouché. Tous ces cons de Français, d’Espagnols, de Grecs, d’Italiens achètent allemand dans la monnaie allemande, le pied. Accessoirement investir en Chine, mais l’Allemagne sait qu’un euro laissé en Chine ne ramène pas des emplois, sert simplement à maintenir des bureaux d’études à domicile, et pas pour longtemps. D’où l’étape 2, l’étape actuelle : quitter l’Europe et devenir la Suisse. La Suisse est un pays idéal, plein de fric et plein de riches, écolo, avec des vaches et des montagnes, qui produit de la hi-tec, qu n’a pas de diaspora chinoise, bien blanc et bien propre. L’Allemagne se voit bien en super-suisse. Entre riches, peinards, au frais des alpages. Avec une monnaie forte, très forte, l’euro, comme les Suisses ont le Franc suisse dont jamais personne ne doute. La Suisse est un pays de vieux, l’Allemagne est un pays de vieux. La Suisse n’entretient pas de sous-marins nucléaires, sa marine est faible, l’Allemagne non plus. Les Suisses se vautrent en été en Espagne et en Grèce, les Allemands aussi. Bien entendu l’Allemagne doit devenir la Suisse sans avoir l’air de quitter l’Europe. C’est pourquoi elle demande à la Grèce de quitter l’euro – ce qui pour la Grèce est une catastrophe : du jour au lendemain, avec le drachme dévalué, la dette de la Grèce doublera de valeur. Non. L’Allemagne doit rester dans la zone euro, c’est-à-dire la zone mark, avec tout les bienfaits d’une monnaie forte : afflux de capitaux étrangers, obligation de produire en amont, de produire des machines, l’Allemagne sait faire, elle a même le monopole de la production de machines, équilibre budgétaire (l’Allemagne vient d’en voter le principe), énorme productivité du travail (c’est le cas), ordre et rigueur. Et continuer à se poser en défenseur de l’Europe, alors qu’on se fout pas mal de l’Europe. Merkel n’est ni Adenauer ni Kohl, elle n’a pas connu la guerre, elle méprise les Pigs, les cochons, Portugal, Italie, Grèce, Espagne, elle ne supporte pas les français. Depuis le début de la crise elle joue perso, d’ailleurs l’Allemagne joue perso depuis Schroeder qui travaille maintenant pour les Russes. Imaginons qu’on pousse l’Allemagne hors de la zone euro. Le mark renaît. Le mark est aussitôt réévalué. La Grèce ne risque absolument rien, en terme de sa dette exprimée en euros. Les exportations allemandes vers la zone euro s’effondrent, les économies de la zone euro repartent. Les pays restés dans la zone euro acceptent un gouvernement économique et monétaire de la zone, Trichet est viré. Les Anglais rentrent dans la zone euro. Aussitôt les Allemands et les Russes resignent le pacte germano-soviétique.
On plaisante. Bien entendu l’Allemagne ne se laissera pas sortir de la zone euro. Mais une menace suffisamment crédible, la ferait changer de position. De toutes façons, elle est en train de tuer l’Europe, tout en faisant semblant d’y rester. Elle la tue avec sa politique fiscale, incroyablement agressive, et maintenant avec sa politique monétaire. Elle doit avoir le choix : être la Suisse, ou être dans l’Europe. Pour l’instant elle veut les deux. Autrement elle veut refaire cocus les européens. L’Europe est bonne fille, mais tout de même…”
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Les croyances du président François Mitterrand – successivement à “la réforme monétaire de 1973 à la Banque de France” et entamée par un de ses prédécesseur, Georges Pompidou – avaient pour objectif essentiel (coûte que coûte) d’arrimer l’Allemagne à l’Europe par une “monnaie unique” – tout en abattant la carte de la libéralisation financière offerte par cet ancien banquier parvenu à la tête de la République Française – même si les pré-requis pour qualifier l’Union Economique et Monétaire de “Zone Monétaire Optimale” (publication de l’économiste Robert Mundell en 1961) n’étaient pas remplis.
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[2] Feu Bernard Maris – économiste – publié le 20 avril 2014
“En 1992, François Mitterrand a ouvert une deuxième guerre de 30 ans en croyant par la monnaie unique arrimer l’Allemagne à l’Europe.
L’Allemagne réalise sans le vouloir par l’économie ce qu’un chancelier fou avait déjà réalisé par la guerre : elle détruit à petit feu l’économie française. Certes, elle n’est pas responsable de cette situation, au contraire ; elle n’est jamais intervenue dans la politique intérieure de la France, elle a tendu la main aux Français du temps de Balladur pour réaliser un début d’unité fiscale et budgétaire (qui lui fut refusée). C’est François Mitterrand qui a deux reprises a voulu arrimer la politique monétaire de la France à celle de l’Allemagne, détruisant une industrie qui n’allait pas bien fort : en 1983 d’abord, avec le tournant de la rigueur et la politique du « franc fort », en 1989 ensuite, en paniquant après la réunification Allemande, et en avalisant celle-ci au prix d’une monnaie unique et d’un fonctionnement de la BCE calqué sur celui de la Bundesbank.
Plus de vingt ans de guerre économique ont passé, et l’industrie Allemande a laminé les industries italienne et surtout française. Aujourd’hui la guerre est terminée et gagnée. La part des exportations de l’Allemagne en zone euro représente 10% du total. Le reste est hors zone euro, aux Etats-Unis et en Asie. L’Allemagne n’a plus besoin de la zone euro. Au contraire : la zone euro commence à lui coûter cher, à travers les plans de soutien à la Grèce, au Portugal, et à l’Espagne, à tel point qu’elle songe elle aussi à quitter l’euro. Il est bien évident que ni la Grèce, ni le Portugal, ni l’Espagne, ni même la France et l’Italie ne pourront jamais rembourser leur dette avec une croissance atone et une industrie dévastée. La zone euro éclatera donc à la prochaine grave crise de spéculation contre l’un des cinq pays précités.
La Chine et les Etats-Unis contemplent avec ravissement cette deuxième guerre civile interminable, et se préparent (pour les Etats-Unis une deuxième fois) à tirer les marrons du feu. La Chine et les Etats-Unis pratiquent une politique monétaire astucieuse et laxiste. On pourrait ajouter à la liste des pays pratiquant une politique monétaire intelligente la Corée du Sud, et aujourd’hui le Japon. La Grande Bretagne, elle, prépare tout simplement un référendum pour sortir de l’Europe. On a le choix : sortir de l’euro ou mourir à petit feu. Sinon, le dilemme pour les pays de la zone euro est assez simple : sortir de façon coordonnée et en douceur, ou attendre le tsunami financier. Une sortie coopérative et en douceur aurait le mérite de préserver un peu de construction européenne, un tsunami sera l’équivalent du Traité de Versailles, les perdants étant cette fois les pays du Sud. Et au-delà des pays du Sud, toute l’Europe.
La sortie douce et coordonnée est assez simple, et a été déjà envisagée par nombre d’économistes. Il s’agit tout simplement de revenir à une monnaie commune, servant de référentiel aux différentes monnaies nationales. Cette monnaie commune, définie par un « panier de monnaies » nationales, atténue les spéculations contre les monnaies nationales. C’est un retour au SME (Système monétaire européen) ? Oui. Des marges de fluctuations autour de la monnaie commune. Une stabilisation de la spéculation par des limitations des mouvements de capitaux, stabilisation qui pourrait être accrue par une taxe type Tobin sur ces mêmes mouvements de capitaux. Mais le SME a échoué direz vous… Oui, parce que le SME ne s’était pas donné de lutter contre la spéculation, et n’avait pas adopté une « Chambre de compensation » comme la souhaitait Keynes dans son projet pour Bretton Woods (abandonné au profit du projet américain).
Le meilleur moyen de rendre l’Europe odieuse, détestable pour longtemps, de faire le lit des nationalismes les plus étroits, est de poursuivre cette politique imbécile de monnaie unique associée à une « concurrence libre et non faussée » qui fait se pâmer de joie ceux qui en profitent, Chinois, Américains et autres BRICs. Bien évidemment la mainmise du politique sur la monnaie ne suffit pas à faire une économie puissante : la recherche, l’éducation, la solidarité sont certainement aussi importantes. Mais laisser les « marchés » gouverner les pays est tout simplement une honteuse lâcheté”.
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