Mon testament économique

Mon testament économique

novembre 8, 2020 0 Par Michel Santi

 

Dans cet ouvrage qui est en fait un dictionnaire de l’économie en crise, vous ne trouverez pas sous la lettre C le terme de Coronavirus, ni les conséquences économiques et sociales de cette crise sanitaire ou de sa gestion par nos autorités. Si ce «testament» passe le Covid-19 sous silence, c’est pour la simple raison qu’il fut bouclé quelques mois avant cet événement planétaire. Et vous constaterez donc comment les mesures prises par l’Europe – en général frileuse et velléitaire – abondent largement dans le sens de ce que j’ai inlassablement recommandé au fil de ces années écoulées, depuis 2008.

J’eus en effet la berlue et je me frottais les yeux à mesure des stimuli et des dépenses pharaoniques décrétés pendant cette crise par la France et par l’Allemagne. Avaient-ils enfin lu mes innombrables analyses, un stagiaire avait-il re sorti et compilé mes exhortations à la dépense et à la dette que je n’ai cessé de défendre comme seules voies vers le rétablissement en période de crise ? Et pourtant, à l’heure d’écrire ces quelques lignes et alors que le «testament» s’apprête à être publié, le soufflet retombe, l’enthousiasme de nos dirigeants pour la relance se refroidit, l’on reparle de rigueur, des comptes publics et autre réformes des retraites. Bref, on s’apprête à revenir sur le chacun pour soi qui menace notre démocratie de mort par asphyxie. Avoir raison avant les autres n’a aucune importance si l’on échoue à infléchir le cours des événements.

Comme le lecteur le constatera au fil de ses lectures, l’économie est – en tout cas pour moi – souvent politique, et ne devrait pas se complaire dans trop d’équations dont l’objectif principal est en réalité de l’éloigner du public et du citoyen alors qu’elle devrait être entièrement à leur service. Cet ouvrage peut être lu de bout en bout, consulté à une certaine lettre, abandonné, repris pour s’en référer à une autre et ainsi de suite. Il est crucial d’informer et de former nos citoyens à cette économie qui n’est assurément pas une science. Ce n’est que quand l’énorme masse de nos compatriotes comprendra ces notions qu’elles pourra enfin intervenir, infléchir, refuser et proposer, bref qu’elle pourra prendre en mains son destin économique et financier. Il est donc temps de réagir, de s’informer, d’apprendre, car les instruments sont là : il suffit de se pencher pour les utiliser. Non pour casser le néolibéralisme, ni forcément pour résorber les inégalités, qui ne sont l’un comme l’autre que les reflets de l’incurie de nos responsables, mais pour laisser à nos enfants un avenir meilleur et pour que l’on puisse enfin vivre sereinement de notre travail.

Ceci est donc mon testament car je ne souhaite pas être présent pour ce qui sera l’épisode final. Et car j’ai trop le sentiment – non de prêcher dans le désert car je ne prétend aucunement détenir la science infuse – mais j’ai la quasi certitude de l’absence totale de motivation d’une immense majorité d’entre vous de bouger, ne serait-ce que d’un iota de ce que vous croyez être une formule qui marche, qui a certes parfois des ratés mais qui, pour solde, remplit sa part du marché. Un testament est par nature un don: vous en ferez ce que vous voudrez, lecteur, mais vous ne direz pas que l’on ne vous a pas prévenu.

Pour le commander :

Le testament d’un économiste désabusé – Michel Santi

(…) l’économie est une discipline “post mortem” qui ne fait que constater les faits après qu’ils sont survenus. Comment peut-elle encore prétendre conditionner les politiques publiques (…) des femmes et des hommes politiques qui se réfugient derrière les économistes ? Ou l’économie n’est-ell…

 

A propos de moi

A propos de moi

mai 8, 2010 4 Par Michel Santi

 

Franco-Suisse né à Beyrouth en 1963 d’une mère libanaise et d’un père diplomate français, j’ai habité et sillonné le Proche et le Moyen-Orient.

J’ai été Cambiste (devises) et Trader (métaux précieux et matières premières) à Genève, avant d’être patron d’une salle de marché dans une banque française installée en Suisse. Par la suite, j’ai créé et dirigé deux sociétés financières actives dans la gestion de patrimoine à Genève. Pendant cette période, j’ai fondé et j’ai participé à la gestion de plusieurs fonds de placement (hedge funds).

Dès 2006, j’ai conseillé (à titre indépendant) des Banques Centrales de pays émergents et des fonds souverains. J’ai également été pendant plusieurs années Professeur de Finance à Genève. En outre, j’ai été membre du World Economic Forum, de l’IFRI et suis membre qualifié (fondateur) de l’ONG “Finance Watch” plaidant et œuvrant pour une intensification de la régulation financière.

En juin 2015, soit après 30 ans comme acteur des marchés financiers et conseiller au plus haut niveau d’institutions économiques, je franchis le pas en direction du monde de l’Art où je constitue désormais des “portefeuilles d’art” et des collections à mes clients.

Je suis l’auteur de:

Splendeurs et misères du libéralisme, Préface de Patrick Artus
L’Europe: chroniques d’un fiasco économique et politique,
Misère et opulence,
Capitalisme sans conscience,
Pour un capitalisme entre adultes consentants,
Les banques ont-elles une responsabilité morale dans le déclenchement de la crise ?
La finance globale: un monde fini
Fauteuil 37, Préface d’Edgar Morin

et je tiens depuis plusieurs années la rubrique économique hebdomadaire de l’Agefi – Suisse, de La Tribune – France et de l’Orient le Jour – Liban.

Je suis membre de Conseils d’administration de plusieurs institutions financières, membre qualifié de Finance Watch et membre Senior de LIFE (Lebanese International Financial Executives).

J’ai été, en 2017, candidat (malheureux) au fauteuil 37 de l’Académie Française et en ai fait un ouvrage.