L’Argentine au paradis du capitalisme sans foi ni loi

La Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) a fermement condamné les menaces répétitives de Trump de s’en prendre par la force au canal de Panama.
A l’unanimité moins une voix, celle – évidemment – de l’Argentine dirigée par l’anarcho-capitaliste (comme il se qualifie lui-même) Milei, soutien inconditionnel de Trump.
Le Président argentin saigne son économie à blanc, a coupé quasiment tout financement en faveur des secteurs de la santé, de l’éducation, des retraites, des infrastructures, tandis qu’il a en parallèle augmenté considérablement les budgets de la police, de l’armée et de la surveillance.
Mesdames et Messieurs: voilà les libertaires lorsqu’ils parviennent au pouvoir, dans toute leur splendeur.
Quant à la “formidable efficacité” de ces mesures drastiques dont une certaine presse ne cesse de se faire l’écho, je vous laisse l’apprécier sur ce graphique de l’évolution du Pesos par rapport au $, encore plus bas que lors de l’accession de Milei au pouvoir en décembre 23.

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Mes prises de position macro économiques furent autrefois qualifiées d’hétérodoxes. Elles sont aujourd’hui communément admises et reconnues. Quoiqu’il en soit, elles ont toujours été sincères.
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Vous oubliez il me semble de parler de l’inflation qui s’est considérablement réduite et du marché de la location immobilière à Bueno Aires qui s’est calmé et normalisé. Paris ne s’est pas fait en un jour et il faut peut-être attendre un peu avant de faire une critique systématique de ce personnage qui arrive après presque un siècle de descente aux enfers de ce beau pays : l’Argentine.
les prix ont été multipliés par 2 ou par 3 depuis février dernier… Ils se sont stabilisés certes, mais sur un plateau inaccessible, et les salaires sont loin de suivre. C’est simple: Buenos Aires est, aujourd’hui, aussi chère que Genève ou que Paris
@Badtimes. Bonjour, sauf votre respect, par empirisme, prenez le cas du Chili (lui aussi fut un “formidable” laboratoire économique concédé à une sorte de caste libertarienne. Sinon, plus de cinquante pourcent de la population de l’Argentine (moitié du pays) vit à présent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire environ 23 millions de personnes. Quel “succès” avec la sémantique, n’est-ce pas, lorsqu’on réduit un être humain à un vulgaire “agent économique” ou une simple “ressource” (humaine). Quel succès avec “la magie des maths” dans les “sciences économiques” mainstream (faute de pluralité suffisante), car notre “homo-oeconomicus” (d’ailleurs une notion de John Stuart-Mill à cafuter puisque les récentes avancées dans les “sciences économiques” – discipline des sciences comportementales – ont magistralement déboulonné la certitude en la rationalité de l’acteur économique [i.e Richard Thaler]) car l’être humain n’est plus qu’un “Numéro” au service des théories de fanatiques. L’Histoire économique est riche d’enseignements !
– 2008 – Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur de plusieurs best-sellers.
“Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina? (En y ajoutant entre-temps: La révolution de Maïdan en 2013/2014 – la guerre commerciale sino-américaine menée en 2018 par l’administration Trump – la pandémie mondiale Covid-19 – la guerre Russo-Ukrainienne en 2022 – etc…) Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un capitalisme du désastre. Naomi Klein dénonçait dans “La Stratégie du choc” (The Shock Doctrine) l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultra-libéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, “cette histoire secrète du libre marché”, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer”
Rappel d’un fait récent:
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RAYMOND – 25 septembre 2021 à 16 h 29 min
Dans le monde d’après Covid-19, nos classes moyennes et nos retraités seront-ils majoritairement “chiliens” au sens d’un “mirage économique”? Quelques mois avant la pandémie, le Chili, présidé par Sebastian Piñera, était encore cité comme un exemple de stabilité économique et politique en Amérique latine. Un “modèle économique et social” dont la source remonte à la dictature Pinochet, ainsi qu’à la stratégie volontariste de libéralisation menée aux forceps par une troupe d’élites des “sciences économiques”. Et, si ce “miracle économique” a vu l’ascension des hauts revenus (accroissant les inégalités) dans un contexte prospère du fait de la nature de sa croissance, de la privatisation de pans entiers de son économie, néanmoins de vastes secteurs sont aussi apparus très vulnérables. Désormais, les classes moyennes basses qui veulent que leurs enfants fassent des études ont des budgets devenus trop justes, tandis que les familles ayant pris des crédits se retrouvent maintenant dans l’angoisse de l’endettement à cause d’un pouvoir d’achat ayant fini par décliner. Aujourd’hui, les contestations se cristallisent autour de l’éducation et des retraites, car si 10% du salaire des employés chiliens reste ponctionné pendant la vie active, beaucoup perçoivent une retraite inférieure au salaire minimum; d’autant que les dépenses sociales sont relativement faibles dans le pays.
Durant ce choc extrême vécu par le peuple lors du renversement du président Allende par la junte du Général Pinochet (dictature militaire de 1973 à 1990), le Chili restera emblématique quant à son rôle de “laboratoire avancé du néolibéralisme”. En effet, c’est à cette aune que l’on mesure la participation des économistes latino-américains, diplômés de l’Université de Chicago et d’autres universités américaines, les “Chicago Boys” (Jorge Cauas, Sergio de Castro, José Piñera, Hernán Büchi, etc.) auront contrôlé le ministère des Finances pendant plus de onze ans, “le Plan” pendant plus de neuf ans, le ministère de l’Économie pendant cinq ans et demi, et, en général, les principaux postes clés à partir de 1975. Comme le dit J. Piñera – un “Chicago Boy” de Harvard – “ils ont pénétré des domaines traditionnellement hors des limites de la rationalité économique comme les relations du travail, la sécurité sociale, l’éducation, la santé, la gestion municipale et même la défense”. Les “Chicago Boys” auront ainsi prôné pour la première fois le modèle néolibéral (ou la vision des libertariens sans foi ni loi). Dans le langage de l’économiste Friedrich von Hayek*, on pourrait dire qu’ils ont mené à bien une révolution “constructiviste” grâce à un despotisme technocratique !!! Entre 1973 et 1981, les “Chicago Boys”, pionniers de l’ultra’libéralisme, ont entamé une série de “réformes” compatibles avec le décalogue de la première version du consensus de Washington, proposée à la fin des années 1980: liberté totale des prix; ouverture indiscriminée aux importations; libéralisation du marché financier aussi bien en termes de taux d’intérêt que d’allocation du crédit; large libéralisation des flux internationaux des capitaux; réduction de la taille du secteur public; privatisation des entreprises publiques traditionnelles; suppression de la majorité des droits syndicaux; réforme fiscale pour réduire les impôts directs et les rendre plus progressifs (toutefois sans trop atteindre le haut du perchoir); introduction des premiers systèmes de retraite par capitalisation.
L’an passé – en pleine pandémie – des files d’attente interminables s’étiraient dès l’aube devant les établissements financiers: des Chiliens se pressaient pour réclamer une partie de leur épargne-retraite afin d’améliorer leur subsistance par anticipation, après une décision historique du Parlement donnant le feu vert aux retraits successifs de 10% de la totalité des fonds de pension à capitalisation individuelle et privée. Ces ponctions répétées remettent ainsi en question la pérennité de ce système de retraites mis en place pendant la dictature du Général Pinochet, sous l’influence des “Chicago Boys” – nourris à l’idéologie de Friedman – qui testaient là, au Chili, leurs théories néolibérales. On l’aura donc compris, même si certaines difficultés sont spécifiques à leur système de prévoyance, d’autres sont communes à la plupart des systèmes de retraite de par le monde avec, dans la foulée, des taux d’intérêt sur le capital – pour des placements dits “sans risques” – qui n’ont eu cesse de se contracter durant les décennies passées. Tandis qu’à l’opposé, “grâce” à la socialisation des errements financiers durant ces vingt ans écoulés, les performances boursières (et spéculatives) ont atteint des sommets inégalés. Une manne providentielle s’est ainsi offerte à tous les acteurs de ce genre de système de prévoyance financiarisé et dont les assurés restent otages. Le taux réel sur emprunt d’État chilien étant proche de 0% (négatif en Suisse) et la tendance est là pour durer. De même, la démographie s’approche rapidement du modèle européen en termes de natalité et d’espérance de vie.
Pour la petite histoire, sachant que l’armée jouit encore d’un poids économique et politique non négligeable dans le pays, le gouvernement militaire n’a préservé son système de prévoyance par répartition que pour les personnels de l’armée, qui jouissent aujourd’hui de conditions de retraite jalousées du reste des salariés chiliens soumis au système par capitalisation.
Enfin, et pour terminer, à l’heure où le pillage de l’ensemble des richesses se démocratise dans une résilience consternante, le peuple helvétique (avec un double système de pension; répartition avec l’AVS et capitalisation via l’OPP2 et l’OPP3) devrait garder à l’esprit que le pays compte non seulement 2000 caisses de pension (système de prévoyance par capitalisation) mais aussi que la gestion de ce “trésor de guerre” est externalisée pour un coût de 5% par an (sans réelle maîtrise des allocations d’actifs par les bénéficiaires “captifs”). Dans un tel contexte généralisé – considérant les aspects démographiques – toute promotion du réhaussement de l’âge légal de la retraite au seul motif de l’allongement de l’espérance de vie est un alibi ! Au pire, un sophisme à la vue des stratosphériques richesses planétaires capturées (détournées) et détenues entre quelques infinitésimales mains (accroissement du fossé des inégalités et accroissement des fonds transférés dans les paradis fiscaux). Et les États-Unis sont des champions en la matière:
https://d3bjnmbj12697.cloudfront.net/re/22/bbl/2207-wealth-gap/img/Graphic57-BBL-chart-Financial-Elite-Get-Richer.jpg
* Friedrich von Hayek (1899-1992) est un économiste et philosophe austro-britannique. Il reste l’un des pères du néolibéralisme de l’École Autrichienne avec l’économiste Ludvic von Mises (1881-1973). La Société du Mont-Pélerin sera fondée par Hayek et Mises en 1947. Puis l’économiste américan Friedman (École de Chicago) y fera son entrée avec son idéologie néolibérale quelque peu différente de l’École Autrichienne.
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Conclusion: Pour paraphraser (2018) le psychanalyste français, Roland Gori, professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’Université Aix-Marseille, “en Occident, avec le néo-libéralisme, l’on retrouve de plus en plus les trois caractéristiques principales du fascisme: parti unique, un contrôle social sévère et un expansionnisme guerrier…Quand la police des pensées et des comportements est assurée par les nouvelles formes sociales de l’évaluation qui réduisent la notion de valeur à la conformité et au calcul”; quand “la concurrence économique n’est qu’une manière de poursuivre la guerre par d’autres moyens”. Karl Popper (La Leçon de ce siècle, 1993) n’estimait-il pas que “la Démocratie n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité”? Quant à Jean-Jacques Rousseau (Le Contrat social) ne distinguait-il pas la Démocratie de l’Ochlocratie? En ce sens qu’il préjugait que la Démocratie dégénère suite à une dénaturation de la “volonté générale” qui cesse d’être générale dès qu’elle commence à incarner les intérêts de certains, d’une partie seulement de la population. Cette différence est de taille puisque les thèses de Karl Popper, tout comme celles de Friedman (père fondateur de l’École de Chicago) ou Hayek (École Autrichienne) ont non seulement bouleversé le domaine de l’économie politique, mais également modifié la perception de la Démocratie par le plus grand nombre.
Qu'”avons-nous” (formule de politesse) donc appris et retenu depuis lors ? Pas grand chose !
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Raymond – 7 AOÛT 2014 À 12:18
Ah les “Libertariens” ! L’évolution à partir des années 1970 des théories économiques et financières dominantes, d’abord aux États-Unis puis plus largement dans le monde, conduit donc à penser que l’assimilation du discours économique à une science physique qui n’était jusque là qu’une tendance sous-jacente au développement de la pensée néoclassique, est devenu désormais un principe central de la structuration du champ de l’économie en tant que discipline académique internationale. Simultanément, l’ordre instauré dans ce champ par le bloc hégémonique des “Believers in Laissez Faire” a conduit à une modification de la sociologie de la profession des économistes qu’il convient d’explorer systématiquement, mais dont on entrevoit déjà qu’elle pose des problèmes d’éthique scientifique. De ces transformations discursives et sociologiques, le statut de l’économiste, le mode de légitimation de sa parole, sa pratique à la fois théorique et politique ressortent profondément changés. C’est en raison de ces transformations que l’autorité symbolique du paradigme financier néoclassique qui domine dans l’oligopole libertarien, ainsi que le pouvoir de ses tenants deviennent contestables et devraient tôt ou tard rentrer en crise.
Si l’on revient à notre analyseur du champ des idées économiques qu’est la monnaie, il nous permet également de constater qu’effectivement, les idées portées par l’oligopole libertarien ont largement conformé les évolutions du système financier et monétaire international ainsi que celles des régimes monétaires nationaux dans les trente dernières années(*). Les marchés financiers internationaux ont été construits ou se sont développés jusqu’à former une véritable industrie, à partir des modèles de la finance académique, au terme d’une lutte victorieuse contre l’ancien establishment financier (Bersntein, 1992 ; Mehrling, 2005b). Les banques centrales ont été les principaux artisans de la politique de répression monétaire prônée par les Nouveaux Classiques et la New Monetary Economics, mais aussi reprise par les Nouveaux Keynésiens. Quant au système monétaire international sous-jacent à la globalisation financière, il se révèle être une sorte d’hybride : il se rapproche du modèle hayekien de concurrence entre multiples monnaies publiques et privées (Endres, 2009), mais il est aussi le produit « révolutionnaire » des innovations financières des « gens de finance » visant à construire une société à l’équilibre sans monnaie d’État (visée plus facilement atteignable dans l’espace international où il n’y a pas d’État monopolisant légitimement la force d’imposer sa propre monnaie) (Théret, 2008a).
Ainsi le référentiel commun à l’oligopole libertarien s’est révélé « efficient ». Il a structuré les formes monétaires du capitalisme financiarisé auxquelles nous devons moult crise. Reste à étudier comment on a pu en arriver là, et quelles sont les conditions pour que l’autorité et le pouvoir de police des idées de ce bloc hégémonique des « croyants dans le laisser-faire » déclinent à leur tour. À ces questions, l’analyse du champ des idées ne peut apporter de réponse à elle seule. Aussi, comme leur enjeu est considérable, on ne peut que souhaiter la mise en œuvre d’un programme de recherche qui permette d’y répondre en faisant dialoguer la sociologie des champs professionnels, l’analyse cognitive des politiques publiques et l’épistémologie des idées économiques.
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(*) Faut-il encore rappeler que la Fed était présidée par le libertarien Alan Greenspan – non moins ami et fervent adorateur des écrits de Ayn Rand – d’août 1987 à janvier 2006 ? Cet ancien membre du “Bohemian Club” qui, à la lueur de la “Grande Récession” de 2008, finira tout de même par reconnaître devant le Congrès américain, le 23 octobre 2008, que son système consistant à faire du marché libre le meilleur moyen d’organiser l’économie était en fait faillible!
“Aussi, comme leur enjeu est considérable, on ne peut que souhaiter la mise en œuvre d’un programme de recherche qui permette d’y répondre en faisant dialoguer la sociologie des champs professionnels, l’analyse cognitive des politiques publiques et l’épistémologie des idées économiques”.
Est-il toujours permis d’espérer un “monde meilleur” ? Évidemment, et…
“…les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer !”
Sauf que…
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RAYMOND – 20 octobre 2022 à 11 h 56 min
“Voyage dans le temps et l’espace”
Saison (9): Nos démocraties restent malheureusement court-circuitée afin de nous piloter vers la stupidité.
L’opinion de Wilhelm von Humboldt (1767 – 1835) le fondateur du libéralisme classique, était que l’éducation est un problème visant à dérouler un fil suivant lequel l’enfant se développera, mais à sa manière. Vous pouvez guider un peu. C’est ce que l’éducation sérieuse devrait être, du jardin d’enfants jusqu’aux études secondaires. C’est ce qui se passe dans les sciences avancées, parce que vous ne pouvez pas faire autrement. Mais la majeure partie du système éducatif est très différente. L’éducation de masse fut conçue pour “transformer les fermiers indépendants en instruments de production dociles et passifs”. Si cela était son premier objectif, le concept était aussi compris par les élites. Emerson a dit une fois quelque chose sur la façon dont “on les éduque pour les empêcher de nous sauter à la gorge”. “Si vous ne les éduquez pas”, ce qu’on appelle l’éducation (et non pas l’instruction), “ils vont prendre le contrôle” – [ils] étant ce qu’Alexander Hamilton appelait la “grande Bête”, c’est-à-dire le peuple, car les sociétés démocratiques sont tout bonnement féroces. Et à juste titre, puisque plus la société devient libre, plus dangereuse devient la “grande bête” et “plus vous devez faire attention pour la mettre en cage d’une manière ou d’une autre”. Croyons-nous que les choses ont fondamentalement évoluées depuis?
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RAYMOND – 2 novembre 2020 à 12 h 42 min
(…) Non seulement la pensée unique, d’ordre néolibéral chez les économistes mainstream, a gangréné le pluralisme des sciences économiques mais le modèle éducatif conditionné a aussi porté sa pierre au grand édifice. Le non moins éminent professeur au MIT, Noam Chomsky, mondialement reconnu pour ses travaux, n’a t-il jamais mis en lumière les effets négatifs, voire pervers, du modèle autoritaire de l’école qui, en imposant des pratiques éducatives autoritaires ne privilégient pas la compréhension, le talent et la créatvité? Penser autrement.
Pour illustrer son propos, il cite l’exemple du programme éducatif américain “No child left behind de 2001” (exporté depuis) qui vise avant tout à enseigner pour réussir un examen. De son point de vue, ce système scolaire qui impose l’ignorance a plutôt tendance à favoriser l’endoctrinement et la formation d’individus qui seront formatés pour être à la solde d’une idéologie de nature “coercitive qui vise à empêcher le peuple d’exercer un contrôle sur le processus décisionnel dans le but de le concentrer entre les mains des aristocrates, ces individus qui méprisent le peuple et cherchent à l’éloigner du pouvoir”. Pour le professeur Chomsky, ces intellectuels formeront à leur tour des individus qui s’attacheront à légitimer et à perpétuer les valeurs d’une société industrielle dominée par le modèle technocratique où le culte des experts occupe une place centrale. Par ailleurs, il dénonce le nouvel esprit du temps, c’est-à-dire le système dominant de nature anti-démocratique promu par les politiques et le patronat qui privilégient la production et l’accumulation de biens ainsi que la formation “d’outils à la solde des employeurs.“
Tout en critiquant ce modèle de société, Chomsky dénonce “la trahison des clercs”, ces universitaires, intellectuels, médias et tous les défenseurs de ce nouvel esprit du temps qui glorifient, propagent et légitiment ce système de valeurs dont l’objectif est de conditionner et d’opprimer les individus et d’entraver l’avènement d’une société “libre, juste et démocratique”.
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Ah j’oubliais: ne croyons pas que “les événements politiques” (et leurs enjeux) ne sont pas des sujets propres (“sous-jacent contractuel”) d’instruments financiers spéculatifs dans un monde totalement financiarisé.
https://www.cftc.gov/PressRoom/PressReleases/6163-12
– Les “futures” sont des instruments financiers (contrats) spéculatifs utilisés pour anticiper les variations futures d’un actif sous-jacent (une action, un indice boursier…mais également des “Événements politiques” 🙊🙉🙈) –