Comité de Bâle: vous avez dit « restrictions » ?
Les marchés sont euphoriques ce matin, les marchés applaudissent l’annonce faite par le comité de Bâle le week end dernier selon laquelle les réglementations exigées pour les quotas bancaires subiraient un tour de vis dès … 2019! Quel tour de force de la part de nos responsables-ès-régulation que de ne mettre en place ces restrictions que dans un peu moins de neuf ans quand on sait que deux crises financières – dont une majeure – ont eu lieu entre 2001 et 2007, soit en six ans! Notre monde ne pourra à l’évidence pas supporter deux, ni même une seule, nouvelle crise d’ici 2019 … sachant que nous n’avons même pas encore émergé de la crise des années 2007-2008.
En fait, le doublement des ratios capitalistiques imposé aux établissements prêteurs ne saurait même pas être considéré comme une vraie restriction pour les institutions Américaines qui s’appliquent d’ores et déjà ces quotas depuis la mise en place des stress test en 2009. Pourquoi le comité de Bâle considère-t-il comme un progrès l’exigence dès 2019 de la part des banques du maintien d’au moins 7% en capitaux sur la totalité des sommes prêtées alors qu’il tombe sous le sens que des ratios de 15% au moins devraient être requis en cas de prospérité économique? En réalité, l’explication de ces règles que je n’hésiterai pas à qualifier de laxistes et la raison fondamentale du délai – 2019 – dans leur application est la faiblesse du système bancaire Européen qui n’est tout simplement pas en mesure de se voir imposer aujourd’hui ce (petit) tour de vis! En conséquence, les banquiers centraux et leaders de la régulation financière donnent huit ans à certains établissements de l’Union (en danger d’implosion) pour se mettre en règle et adopter des standards un peu plus stricts.
Il aurait été pourtant si simple d’effectuer des coupes dans les salaires à six, voire à sept chiffres, de nos banquiers tout en divisant par cinq leur bonus afin de pouvoir disposer rapidement de la capacité à se conformer au comité Bâlois, dès 2011 par exemple. Le contribuable et le citoyen lambda doivent-ils sempiternellement assumer seuls le poids du sauvetage des établissements financiers? Quand les Directions Générales et autres salariés privilégiés seront-ils enfin mis à contribution? Outre l’aspect immoral de ces renflouements bancaires avec l’argent public, ce phénomène crée une distorsion majeure dans un système financier où les établissements prudents et disciplinés cohabitent avec ceux ayant pris tous les risques en vue de gagner un maximum en un minimum de temps…
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