Le choix des armes

octobre 1, 2009 0 Par Michel Santi

Par quel miracle l’indice Dow Jones frôle-t-il la barre des 10’000 alors que la consommation qui représente 70% de l’activité économique US est anémique et qu’un Américain sur six est soit au chômage soit en emploi précaire? Les Bourses seraient-elles dotées d’un souffle de vie leur étant propre et décorrélé de la vraie vie?

En réalité, les Etats-Unis sont devenus un vaisseau fantôme totalement déconnectés d’un monde normal o๠activité économique, naissance et mort des entreprises, réussite et échec des initiatives privées sont habituellement du ressort et de la responsabilité des citoyens ! La débâcle économique est remédiée par l’intervention de l’Etat, la diminution de l’endettement des ménages est relayée par l’aggravation de l’endettement Fédéral, le déclin de la consommation privée est contrebalancé par les dépenses Gouvernementales…Le Dow Jones et ses investisseurs ont toutes les raisons de sabler le champagne : L’hyper expansionnisme Etatique supplante la consommation dans un cérémonial gargantuesque de multiplication des pains o๠Keynésiannisme et socialisme festoient joyeusement côte à côte.

Pour Wall Street, 2009 aura été une année faste … sans aucune retombée pour les pauvres et pour les demandeurs d’emploi qui n’ont pas eu la bonne idée d’acheter des actions! Bienvenue dans le plus gros Hedge Fund au monde : le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.

Les liquidités et crédit accordés à des conditions exceptionnellement favorables par l’Etat Américain semble infinis tout comme l’est du reste son appétit à ingérer l’endettement privé! La survie et la solvabilité mêmes du Gouvernement en seraient-elles menacées? Qu’à cela ne tienne : Fort des deniers du contribuable, le Gouvernements US, Républicain ou Démocrate, au service des intérêts privés, des banques d’investissements et des holdings, laisse les petits établissements bancaires à leur sort. L’appareil productif et la locomotive de la consommation US seraient-ils en déroute? Qu’à cela ne tienne : Investisseurs du monde entier poursuivent le suicide collectif consistant à se gaver de Bons du Trésor Américains même si la Trésorerie est déjà l’heureuse propriétaire de plus de 30% des hypothèques douteuses. Toutes les dettes doivent disparaà®tre!

Tout ceci finira mal car la Réserve Fédérale ne pourra indéfiniment jouer les équilibristes et sauver le Dollar. L’étau commence d’ores et déjà à se resserrer et, d’une manière ou d’une autre, c’est encore les classes moyenne et pauvre qui seront envoyées à l’abattoir. L’Etat leur laissera-t-il au moins le choix entre inflation ou augmentation des impôts?