Le chômage affaiblit un gouvernement, l’inflation le tue

Combien de graphiques n’avions pas montré – nous économistes et analystes, dont moi-même – démontrant que la santé de l’économie américaine pulvérisait celle de l’Europe ? Et combien d’indices officiels de l’inflation n’avons-nous pas copié et collé attestant, trimestre après trimestre, que les pressions sur les prix s’atténuaient lentement mais sûrement ? Pourquoi, enfin, les médias américains – qui se veulent sophistiqués et avant-gardistes – ont-ils négligé d’informer leurs propres citoyens que la situation aux Etats-Unis était nettement plus enviable que celle que nous subissons en Europe ? Ceux d’entre nous ayant connu les épisodes inflationnistes des années 1970 savaient pourtant bien qu’inflation rime avec troubles et chamboulements.
En réalité, les augmentations des salaires réels (en données corrigées de l’inflation) n’eurent quasiment aucun impact psychologique car – aux Etats-Unis comme chez nous – la population n’en a rien à faire des indices officiels publiés par les administrations. S’il y a un enseignement sur le plan macro économique à tirer de l’élection présidentielle américaine de la semaine dernière, c’est que l’inflation est un phénomène ressenti sur une base cumulée, jour après jour, mois après mois, courses au magasin après courses. Aux politologues de se rendre compte que le citoyen n’a cure des indices de l’INSEE ou du bureau US des statistiques, car lui se construit son opinion de la cherté des prix au fil de ses emplettes, et ne se sent pas concerné par ce que les experts lui affirment. Un consommateur n’est donc pas un économiste.
Autre enseignement précieux: hors crise économique aigue et dépression, l’inflation affecte tout le monde quand le chômage, pour sa part, ne touche qu’une petite partie de la population. Un exemple: en dépit de la méga crise de 2008, 90% des américains avaient toujours leur job.
Nous devons donc collectivement reconnaître un fait qui semble nouveau et qui remettra en question certains dogmes, à savoir que les citoyens occidentaux préfèreraient une croissance plus faible si le prix à payer est la maîtrise de l’inflation.
En d’autres termes : la stabilité des prix passe avant l’emploi !
Un troisième enseignement à destination des futurs candidats aux prochaines élections, si l’on en croit les multiples analystes américains qui tentent de décortiquer le résultat de leurs dernières élections. L’inflation est de la faute du Président, du Gouvernement, tandis que la croissance et que le chômage sont des phénomènes qu’ils ne maîtrisent pas, dépendants de cycles et de tendances lourdes intimement liés à la globalisation.
L’économie US se portait formidablement bien: 3% de croissance sur les 9 derniers trimestres, et des influx massifs de liquidités internationales en direction du pays! Peu importe en réalité, car le mérite en reviendrait aux Musk, aux Bezos, aux grands et aux petits entrepreneurs, mais pas à l’exécutif.
Tandis que l’inflation, elle, fut entièrement imputable à Biden et à ses acolytes. A bon entendeur…
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Je ressens beaucoup de propos ironiques et d’amertume dans cette chronique !!!
Intéressant, si d’abord l’on se rappelle que Joe Biden (Démocrate) fut vice-président des États-Unis de 2009 à 2017 sous l’administration Obama (Démocrate) – alors que le président successeur ne sera autre que Donald Trump (Républicain) du 20 janvier 2017 au 20 janvier 2021, avant Joe Biden investit à la présidence du 20 janvier 2021 jusqu’à sa perte électorale du 05 novembre 2024. Ainsi, sur deux franges politiques (et des cycles économiques distincts) nous avons eu aussi deux approches de l’inflation, mais encore faudrait-il savoir distinguer l’inflation de l’augmentation du niveau général des prix. En effet, tout d’abord, au registre de la macroéconomie monétaire, l’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie, qui souvent (mais pas toujours) peut induire une augmentation des prix sur le marché des produits. Or, si le progrès technique permet de réduire les coûts de production des entreprises, cette augmentation des prix à la consommation (engendrée par l’inflation) pourrait ne pas être visible dans la mesure où elle est compensée par la baisse des prix suite au dit progrès, sans affecter la marge bénéficiaire. De cette manière, il est possible que les prix à la consommation restent stables, malgré le fait qu’il existe une inflation dont l’origine reste à déterminer. Comme ce fut le cas aux États-Unis – post Grande Récession de 2008 (1er cycle) jusqu’à la pandémie mondiale et le conflit Russo-Ukrainien (second cycle en cours…).
Cette compréhension du phénomène est possible, seulement, si l’on suit une approche macroéconomique faisant abstraction du comportement des agents économiques, permettant ainsi de comprendre que l’inflation est le résultat d’une confusion entre monnaie et crédit dans la comptabilité bancaire: lorsqu’une banque ouvre une ligne de crédit à un agent économique quelconque, elle crée de la monnaie à partir du néant (ex-nihilo) qui s’ajoute alors à la “masse monétaire” préexistante, augmentant dès lors le volume des dépôts bancaires qui représentent le pouvoir d’achat dans l’ensemble de l’économie. Si à cette augmentation, toutefois, ne correspond aucune nouvelle production, un écart inflationniste apparaît alors dans la mesure où le produit national est dilué dans un nombre accru d’unités monétaires. Dès lors, dans le premier cycle, cette inflation de la masse monétaire (due aux politiques ultra-accomodantes de la Fed) n’a entraîné aucune augmentation des prix à la consommation. La réduction de la capacité d’achat de nombreuses catégories de travailleuses et de travailleurs, en effet, a réduit les dépenses de consommation qui n’ont pas fait augmenter l’indice des prix à la consommation (un indicateur que “les experts” ont continué de surveiller comme le lait sur le feu “pour mesurer l’inflation”). Or, ces “experts” ont négligé durant ce premier cycle – pour comprendre s’il y a de l’inflation – qu’il faut avant tout observer l’évolution des prix sur les marchés financiers et immobiliers. Sur ces marchés, il était alors possible de noter clairement une forte pression inflationniste induite par les politiques monétaires ultra-accomodantes que les principales banques centrales (notamment la Fed) avaient mis en œuvre – après les mesures de sauvetages post Grande Récession – sans aucune possibilité, au premier chef, de relancer les activités économiques dont la population avait besoin, mais néanmoins bien visible par les nombreuses bulles gonflées. Toujours durant ce premier cycle, mais à son terme, les groupes d’intérêt sur les marchés financiers ont en effet capturé les autorités monétaires qui ont voulu se plier aux intérêts de court terme des banques “trop grandes pour faire faillite”, des multinationales et des gros fonds alternatifs et d’investissements, au détriment de l’ensemble du système économique à long terme.
Lors du second cycle (2020…) entamé avec la pandémie mondiale, le renchérissement des prix à la consommation ne fut pas imputable à l’inflation, mais aux problèmes dont souffraient les entreprises (rupture des chaînes d’approvisionnement dans un monde globalisé) pour satisfaire la demande sur le marché des produits consécutifs à la Covid-19, d’abord, puis le conflit Russo-Ukrainien ensuite. Par conséquent, ledit renchérissement ne fut pas dû à des perturbations du côté de la demande mais bien de l’offre (une surproduction ne pouvant s’écouler convenablement ni trouver ses débouchés). Il est, dès lors, aisé de comprendre que le seul durcissement de la politique monétaire ne saurait en soit réellement réduire l’augmentation des prix à la consommation (par contre, elle n’était pas négligeable au plan de la stabilité financière plongée dans une exubérance-irrationnelle durant le premier cycle). Toutefois, le paradoxe survient avec l’endettement – aussi bien public que privé – car plus le taux d’intérêt est élevé, plus la société à un risque de crise bancaire si un nombre important de débiteurs venait à ne plus parvenir à rembourser leurs dettes – sur le marché hypothécaire comme sur celui des prêts aux petites ou moyennes entreprises, et plus la société s’expose à une récession, mais à l’inverse, le gouvernement parvient à attirer les investisseurs sur emprunts souverains (financement des intérêts sur emprunts par roulement de la dette; un effet boule de neige). Plus l’intérêt demeure bas, plus vous relancer ce cycle infernal d’une croissance économique à court terme financée par le schéma de Ponzi de la dette fédérale (et l’inflation cachée) et la spéculation (c-à-d que le “Paradoxe de la tranquilité” s’exacerbe avant le prochain Armageddon financier).
Pour ma part, l’accent ne devrait pas être mis sur une hypothétique croissance (coûte que coûte) du PIB (et par analogie la dette) – mais dans la redistribution et la régulation, car comme je l’ai souligné dans la précédente chronique, si depuis l’an 2000, le revenu national par habitant a bien augmenté de presque deux fois plus aux Etats-Unis qu’en Europe, il n’en demeure pas moins que la dette/habitant a triplé aux États-Unis comparativement à l’Europe.
Restera à écrire la fin du second cycle au terme du deuxième mandat de Donald Trump !
Ce graphique décompose le marché boursier mondial en cinq éléments principaux au 31 décembre 2023, à l’aide des données des indices S&P et Dow Jones. Cela met en évidence la part massive de la capitalisation boursière située aux États-Unis, en particulier au sein de l’indice S&P 500…
https://www.visualcapitalist.com/wp-content/uploads/2024/10/Global-Capitlizationof-SP-500_Website.png
À moi-même d’ironiser à présent. En novembre 2017, Donald Trump avait décidé de remplacer une “colombe” par un “faucon” en ce qui concerne leur attitude en matière de réglementation financière (bien davantage qu’au sujet de la conduite de la politique monétaire américaine). Ce changement majeur à la tête de la plus importante banque centrale au monde (au vu du rôle joué par le dollar états-unien dans l’économie globale) devait déjà faire réfléchir toutes les personnes qui sont lésées par les choix de politique monétaire. Les réflexions les plus importantes sont au nombre de deux. D’une part, en ayant nommé à cette époque “Jay” Powell à la présidence de la Fed, Trump avait indiqué qu’il est possible de donner le levier monétaire à quelqu’un qui n’a jamais fait d’études en “sciences économiques”. “Jay” Powell, en effet, a une formation de juriste, qui lui a permis de travailler dans le secteur financier pour une trentaine d’années au niveau managérial. Ce n’est donc pas l’expérience dans le secteur financier qui lui manquait, mais plutôt la connaissance approfondie de l’analyse et de l’histoire de la pensée économique. Il est vrai que les décisions de politique monétaire de la Fed sont prises par un comité formé par onze autres personnes, en plus du président de la banque centrale américaine. Il reste, toutefois, que l’influence (du moins informelle) de son président a un certain impact sur les discussions et les choix de politique monétaire aux États-Unis – donc indirectement dans le reste du monde, considérant le rôle du dollar états-unien. D’autre part, la nomination de Powell montrait (une fois de plus) l’ampleur du pouvoir politique des institutions financières.
Il convient ainsi de rappeler que les choix de politique monétaire sont plus un art que le résultat d’une analyse scientifique rigoureuse et approfondie et, il n’est pas difficile de comprendre que les décisions de politique monétaire, aux États-Unis (comme ailleurs) ont un impact considérable sur la répartition du revenu et de la richesse dans l’ensemble du système économique (suffit-il aussi de regarder le pedigree de Christine Lagarde à la tête de la BCE, mais à sa décharge, cette présidente n’a pas le pouvoir hégémonique que lui confère la monnaie de réserve mondiale).
Extraits
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RAYMOND – 19 février 2018 à 17 h 50 min
Économie spéculatrice et “Crony Capitalism?”
On se souvient encore du « Triomphe de la cupidité » de Joseph Stiglitz, ce prix Nobel d’économie qui précise en page P.47 de son ouvrage qu’«une réglementation laxiste sans argent bon marché n’aurait peut-être pas conduit à une bulle (réf. du subprime). Mais l’important c’est que l’argent bon marché avec un système bancaire bien géré ou bien réglementé aurait pu conduire à une expansion». Par analogie, comment ne pas revenir aussi sur le phénomène du « Moral Hazard » soulevé en P.231, lorsqu’il fait référence aux différents sauvetages publiques? « Ce renflouement et ses nombreux prédécesseurs des années 1980,1990 et des premières années 2000 ont envoyé un signal fort aux banques : n’ayez pas peur des prêts qui tournent mal, l’État ramassera les morceaux ».
Alors même que la loi Sarbanes Oxley, dénommée « Public Company Accounting Reform and Investor Protection Act of 2002 », fut adoptée par le congrès américain en juillet 2002, c’est en faisant appel à l’expertise de Joseph Stiglitz, cette même année, et suite aux dénonciations de parlementaires républicains américains à l’instar des deux candidats à la présidentielle de 2008 – qui dénonçaient la politique des « Governement Sponsored Enterprises » consistant à cautionner sur demande des Démocrates les crédits immobiliers aux ménages insolvables et ceci malgré le danger de défaillance du système bancaire que cela représentait – que les deux organismes à caution publique Fannie Mae et Freddie Mac mandatent Joseph Stiglitz pour répondre à ces attaques. Ce dernier publiera un rapport qui conclura à leur quasi absence de risque de défaillance, affirmant qu’ils disposaient de suffisamment de capital.
Une conclusion qui, pourtant, n’anticipa ni les coups d’avance de l’ingénierie financière – encouragés par la mise à mort d’une partie essentielle des dispositions du « Glass-Steagall Act de 1933 », via son abrogation au travers du « Gramm-Leach-Bliley Act Financial Services Modernization Act de 1999 », loi américaine votée par le Congrès dominé par une majorité républicaine et promulguée par l’administration Clinton, dont le président démocrate ne jugea opportun à faire usage de son droit de veto – ni « l’exubérance irrationnelle » qui gagnait les acteurs de l’économie de marché et des marchés financiers qui furent – après le retournement de la bourse avec la chute de l’indice Nasdaq à plus de 70 % et l’indice S&P 500 à plus de 50 % de mars 2000 à octobre 2002 – alimentés d’argent à bon marché grace à la courroie de transmission de la politique monétaire laxiste et conduite par celui que Wall Street nommait « le Maestro ». Alan Greenspan – alors président de la Fed – cet économiste des économistes (comme le sérail des monétaristes le qualifiait et dont Milton Friedman lui vouait une grande admiration) fit donc chavirer le taux directeur de la Fed ancré à 6.5 % en 2000 jusqu’à 1 % le 25 juin 2003 ; mais comme tout ce qui descend fini par remonter et qu’un « faucon » se focalise sur la stabilité des prix, le resserrement monétaire vit le taux directeur de la Fed évoluer successivement de 1 % à 5.25 % le 29 juin 2006 (le feu aux poudres!). Il fut donc trop tard pour son successeur à la Fed, Ben Bernanke, de rattraper le désastre en devenir.
Un certain corpus d’Elites a très bien saisi qu’avec la financiarisation débridée de nos économies modernes, le capital a une vélocité de circulation inégalable à celle du travail, et qu’à lui seul, le capital est à même de s’accroître – par le truchement des bourses et/ou des mesures non conventionnelles des banques centrales – sans une juste mobilisation du facteur travail, voir tout simplement à son absence (…)
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RAYMOND – 1 juin 2018 à 12 h 16 min
Un futur Oscar risque bien d’être décerné à Jérôme Powell pour son rôle de « spin-doctor » dans « bullshit artist » ! La nomination de Powell montre (une fois de plus) l’ampleur du pouvoir politique des institutions financières. En effet, dix ans après le début de la crise financière, la Fed (Réserve fédérale) a proposé, mercredi 30 mai 2018 d’assouplir l’une des principales règles qui avaient été adoptées pour empêcher les banques de prendre des risques boursiers trop importants. La Banque centrale américaine veut s’attaquer à la règle Volcker, qui interdit aux banques de détails de faire des paris boursiers pour leur compte avec l’argent des déposants. La nouvelle mouture du texte viendrait « simplifier » la mesure pour la rendre « plus efficace », d’après Jérôme Powell, le nouveau président de la Fed, nommé à ce poste le 5 février 2018 par Donald Trump.
La règle Volcker partait d’un bon sentiment : éviter que les contribuables ne paient pour les risques inconsidérés des banquiers. Avant 2008, les banques pouvaient utiliser l’argent de leurs clients – et qui était garanti par l’État – pour boursicoter à leur guise et faire des profits. En cas de perte, l’État intervenait pour rembourser les déposants. C’est ainsi que, durant la crise, les banques ont réussi aux États-Unis (et sur le Vieux Continent) à faire éponger une partie de leur dette par les contribuables. Mais l’interdiction édictée par la règle Volcker n’est toutefois pas absolue. Les banques peuvent toujours avoir recours à l’argent des clients, s’il est utilisé à leurs profits ou pour couvrir un pari risqué fait avec les fonds propres de l’établissement. D’où le problème : ces exceptions peuvent entraîner des audits et contrôles à répétition pour établir si les opérations boursières sont faites dans le respect de la règle Volcker. Les banques ont utilisé le prétexte du casse-tête des tracasseries administratives pour contester le bien-fondé de cette mesure. Ainsi, la règle Volcker, érigée en symbole de l’effort de la réforme bancaire d’Obama de 2010 pour protéger les contribuables contre les excès de la finance, n’est entrée en vigueur qu’en 2015 après d’intenses tractations pour en définir précisément le champ d’application. La règle Volcker 2.0, voulue par la Fed, limiterait les contrôles auxquels sont soumises les banques. Ces dernières auraient aussi moins de preuves à fournir pour établir la légitimité d’une opération boursière. C’est donc un assouplissement en bonne et due forme des règles de régulation bancaire qui est proposé par la Fed. Ce n’est pas le premier. Le Congrès a voté, le 22 mai 2018 une annulation partielle de la réforme bancaire 2010.
Cette autre victoire pour Wall Street prévoit qu’il n’y aura plus désormais qu’une dizaine de très grandes banques qui seront soumises à l’intégralité des contrôles établis après la crise financière de 2010 (…)
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09.11.2024. Heureusement que la FDIC (“Federal Deposit Insurance Corporation”) sous la houlette de Janet Yellen, ex-présidente de la Fed et actuelle secrétaire du Trésor des États-Unis, est intervenue lors de la débacle des banques américaines de la Silicon Valley en mars 2023, non ? Facile dans ce contexte de jouer les pompiers-pyromanes lorsqu’on est encore le “maître du monde” ou montrer des chiffres en trompe-l’œil sur la croissance économique des États-Unis. À quel prix ?
Très bonne analyse.
Je pense qu’il serait intéressant de faire la dichotomie entre inflation et augmentation des prix, car la première est mal utilisée pour nommée la seconde, la première entraînant la seconde. La perception de la première par le consommateur se fait à travers la seconde. La première est un comportement monétaire, la seconde est un comportement commercial, défini par la relation entre le vendeur et l’acheteur.
Comment expliquer l’inflation monétaire ? Par le jeux de la modification du volume monétaire plus ou moins bien maîtriser par les monétaristes, qui tentent de coller à la réalité de l’évolution de l’économie, par rachat de dettes et suppression de la monnaie précédemment crée, ou par injection monétaire dans le circuit bancaire, dans le cas contraire.
Alors il serait intéressant de connaître quelle est l’origine de l’inflation : est-ce une création monétaire trop importante parce que le suivi de l’évolution de l’économie n’a pas été maîtrisé ou parce que la spéculation sur les monnaies entraîne une demande de monnaie sans rapport avec l’économie réelle ? Aurait-elle une autre origine ?
Si les salaires sont bloqués, comme dans une économie libérale de l’offre que nous connaissons très bien, le consommateur arbitre entre ses différents achats mais n’en effectue pas de nouveaux à périmètre financier constant. Il le peut si on lui concède des prêts multiples qui obèrent sa consommation future. La conséquence est que son pouvoir d’achat est réduit d’autant que ses remboursements d’emprunts ajouté à la perte de pouvoir d’achat de la monnaie s’il y a une inflation de la masse monétaire.
En conséquence, pour maîtriser l’inflation et maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs, dissocions ou supprimons la spéculation sur les monnaies, tout en sachant qu’il n’y a pas de taux de couverture sur le marché du Forex, limitons la négociation des futures aux acteurs réels qui sont demandeurs du sous-jacent afin de supprimer la spéculation sur ces effets et retirons aux banques la faculté de création monétaire, réservons la à la banque centrale, ce qui fut l’objet d’une votation en Suisse (ces Suisses, toujours aussi modernes !)
il restera la création monétaire par les effets de commerces (traites, prêts entre entreprises, fiducie-sécurité,…) qui, je pense ne représentent pas une part importante de la création monétaire aujourd’hui.
TOUT D’ABORD, POUR MIEUX SAISIR MES INTERVENTIONS, AU PREALABLE, IL FAUT COMPRENDRE CORRECTEMENT LE PHÉNOMÈNE DE CREATION MONÉTAIRE, NOTAMMENT EX-NIHILO.
INTRODUCTION: Dixit S.R – Professeur des Universités (Ph.D.) et dirigeant d’une Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada.
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“Le 14 mars 2014 a marqué un virage en U pour la doctrine monétaire des banques centrales. Ce jour-là, la Banque d’Angleterre a publié son Quarterly Bulletin 2014 Q1, où trois chercheurs dans sa Direction pour l’analyse monétaire ont dénoncé quelques fausses vérités concernant la création monétaire.
Première fausse vérité: «les dépôts bancaires financent les crédits que les banques octroient à toute sorte d’agents économiques». Cela n’est pas vrai car, en fait, le sens de la causalité va des prêts aux dépôts (et non pas le contraire). Les banques peuvent octroyer des crédits même si elles ne disposent pas de (suffisamment de) fonds prêtables. C’est à cet égard que les banques ont une spécificité qui leur est propre et, dès lors, doivent être régulées davantage et beaucoup mieux que tout autre acteur de l’industrie financière.
Seconde fausse vérité: «la banque centrale peut contrôler l’encours de la masse monétaire en agissant sur les réserves bancaires, par le biais du multiplicateur de la monnaie centrale». Cela est faux car, en réalité, l’émission de monnaie centrale (comme pour toute unité de monnaie) à bien regarder ne fait que répondre à la demande de ses utilisateurs. La monnaie ne tombe pas du ciel (ou de l’hélicoptère de Milton Friedman), mais est émise à chaque fois qu’un paiement final doit être assuré afin de régler les comptes entre l’acheteur et le vendeur d’un bien, service, ou actif (réel ou financier) quelconque.
Troisième fausse vérité: «l’assouplissement quantitatif permet de sortir de la crise, amenant les banques commerciales à octroyer davantage de crédits pour financer les activités de production et induisant ainsi une augmentation du niveau d’emploi». Cela est erroné car, en fait, le crédit bancaire est tributaire des perspectives des banquiers à l’égard de la profitabilité du projet financé par l’emprunt. D’ailleurs, bien des entreprises ne vont pas s’endetter auprès des banques, si elles ne s’attendent pas de réussir à rembourser le principal et à payer les intérêts par les recettes obtenues avec la vente des biens ou services produits grâce au crédit bancaire.
Il est vrai, par contre, que ces trois fausses vérités (ainsi que beaucoup d’autres axiomes de la pensée dominante, en passe de devenir unique malgré la crise qu’elle a provoquée) ont été dénoncées depuis moultes années par les économistes qui refusent de s’aligner sur les intérêts de la «finance de marché». Les efforts de ces économistes sont relayés à présent par la deuxième plus ancienne banque centrale au monde (BoA) et il est probable que d’autres autorités monétaires suivent ce virage en U de la doctrine économique. Le cas échéant, la crise financière n’aura pas été complètement inutile pour redresser la société contemporaine (intervention de 2014)”
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DÉVELOPPEMENT (posté, re-posté, re-re- et re-posté depuis). Certes, ça demande à minima un effort de lecture, puis une volonté de compréhension !
CRÉATION MONÉTAIRE & TYPES DE MONNAIES (Des fondamentaux)
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RAYMOND – 23 janvier 2023 à 19 h 31 min
Le changement de paradigme opéré durant les années 70/80, avec le cautionnement de nos gouvernements, aurait dû rappeler aux peuples la chute de Rome! “L’État était alors contesté par de nouveaux barbares qui, conquérants dans l’espace des marchés, ont jouit d’une grande autonomie par rapport au suzerain”. Tout comme la mondialisation ne pouvait prospérer que sur une terre brûlée, poussant les dépenses de l’État à la hausse et leurs recettes à la baisse. On ne le répétera jamais assez, le système post 1970/1980 ne tient que grâce à la dette et aux interventions des banques centrales (argent/dette et système des réserves fractionnaires). En 1945, en Occident, la faiblesse du système financier fait que l’Etat dicte ses conditions et met en place un “ordre organisé”, nous sommes alors dans le compromis fordien où la “croissance est auto-entretenue par le partage des gains de productivité qu’elle génère : le rendement croissant, s’il est bien partagé, permet à la fois des profits croissants, des prix décroissants, et des rémunérations croissantes. Or, “les nouveaux barbares des marchés jugeront la monétisation préférable à la saisie, à la nationalisation, à la restructuration et verront les marchés financiers pouvant s’autoréguler eux-mêmes. Nos Homo-politicus nous ont imposé cette mondialisation comme une “loi des débouchés” alors qu’une chaîne logistique impose une libre-circulation des capitaux et un développement du système financier. Ils l’ont donc bien réalisé. D’ailleurs, la victoire des actionnaires et de la finance sur les industriels se lit toujours dans l’évolution de 1970 à nos jours, par le poids des dividendes dans l’excédent brut d’exploitation. Certes, Milton Friedman ne voulait pas d’une banque centrale indépendante du fait de la concentration de pouvoirs au profit de personnes exemptes de tout contrôle. Toutefois, à croire qu’il avait oublié que ses préceptes reposent sur l’économie de marché; des marchés financiers soi-disant efficients au point qu’il fallait même en arriver à déréguler la “bête immonde”. Quant aux relations incestueuses, la haute finance et tous ses satellites en regorgent.
Le seigneuriage ne doit non plus être pris à la légère, car les intérêts que touche une banque centrale – moins les coûts de production, de distribution et de remplacement des billets fiduciaires – se sont ces revenus servant à couvrir le coût de ses opérations. Les excédents ainsi dégagés seront à l’État et deviendrons pour lui une source de revenu. Le coût de production d’un billet de banque (du papier) – pour la banque du Canada par exemple – est évidemment inférieur à sa valeur nominale. Autrement dit, produire un billet de 20 $CAN ne coûte pas 20 $CAN. La banque centrale fournit les billets de banque qu’elle produit aux institutions financières – c’est-à-dire pour le montant qui figure sur les billets (monnaie fiduciaire) – à l’intention de leur clientèle. Les institutions financières paient à la banque centrale pour ces billets en transférant des fonds par voie scripturale. Ensuite, elle investit ces fonds dans des titres émis par le gouvernement comme des obligations et des bons du Trésor (obligations souveraines), ce qui lui rapporte des intérêts. La Réserve fédérale américaine, qui se trouve être la plus grande émettrice de billets de banque au monde, génère (comme toutes les banques centrales) du profit systématiquement puisqu’elle détient dans ses livres une obligation dont le rendement avoisine 4% pour chaque dollar qu’elle imprime. Comme les espèces ne rapportent aucun intérêt, et comme sa rentabilité sur le seigneuriage égale au différentiel entre ce qu’elle touche sur cette obligation figurant à son bilan et le billet (papier) émis, la banque centrale US gagne donc 4% sur chaque dollar imprimé. Les bénéfices d’une banque centrale sont donc proportionnels à la quantité d’espèces qu’elle émet : son seigneuriage augmente logiquement en même temps que la masse des billets en circulation. Prenons comme exemple un billet vertical de 10 $CAN de la banque du Canada. Supposons que l’investissement lui rapporte 2 % d’intérêt par année pour toute la durée de vie du billet de banque.
10 $CAN x 2 % = 20 cents par année
Disons qu’un billet de banque coûte 27 cents à produire et 15 cents à distribuer, donc 42 cents au total.
Notre billet de 10 $CAN a une durée de vie moyenne de 7 ans.
Pour déterminer le coût annuel de mise en circulation d’un billet de banque, il faut diviser son coût total de production et de distribution (dans ce cas-ci, 42 cents) par sa durée de vie moyenne (7 ans) :
42 cents ÷ 7 ans = 6 cents par année
Mettre un billet en circulation et le remplacer lorsqu’il est usé coûterait donc 6 cents annuellement. On se souvient que le seigneuriage correspond aux intérêts gagnés, moins les coûts de production, de distribution et de remplacement des billets de banque.
Si l’on reprend notre exemple, cela veut dire que la banque du Canada gagnerait 14 cents par année pour chaque billet de 10 $CAN en circulation :
20 cents – 6 cents = 14 cents
Monnaie fiduciaire, monnaie scripturale, monnaie ex nihilo et monnaie centrale?
Rappelons la différence entre monnaie fiduciaire et monnaie scripturale. C’est très simple, la monnaie fiduciaire, ce sont les billets et les pièces qu’on a dans nos porte-monnaie. Cette monnaie est créée par la banque centrale. La BCE pour l’Europe, la BNS pour la Suisse, la Fed pour les États-Unis. La monnaie scripturale, du latin classique scriptura, “écriture”, c’est le montant (la ligne d’écriture) qui figure sur votre extrait de compte. Et ne croyez pas que les deux termes “fiduciaire” et “scriptural” désignent la même chose : la monnaie scripturale, c’est un peu comme les jetons que vous recevez au casino si vous jouez. Vous donnez votre argent au casino (donc il ne vous appartient plus) et en échange, vous recevez des jetons avec lesquels vous pourrez jouer ou consommer au sein du casino. En le quittant, vous pourrez à nouveau convertir vos jetons en monnaie fiduciaire ou décidez de garder vos jetons pour votre prochain passage. Votre compte bancaire fonctionne à l’identique. Tant que vous êtes dans le “système” de votre banque commerciale, vous pouvez échanger en lignes d’écriture (virement, carte bancaire…) ou décider d’en sortir en demandant de la monnaie fiduciaire (au guichet humain, mais le plus souvent au guichet automatique ATM — vous noterez toutefois qu’aujourd’hui vous ne pouvez plus retirer tous vos dépôts en une fois sans avoir prévenu la banque commerciale). Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris : quand vous mettez votre argent dans une banque, vous ne faites rien d’autre que de donner votre argent à la banque… qui en retour vous fait une promesse de vous payer à première demande et cette promesse, c’est le montant de votre extrait de compte, la monnaie scripturale. La nuance semble infime, mais l’argent que vous avez déposé à votre banque ne vous appartient pas sur le plan juridique, il appartient à la banque (hormis la protection toute relative des déposants à hauteur de 100’000 frs ou 100’000 euros). En contrepartie, vous acceptez et recevez la promesse tout aussi relative de la banque de vous payer les sommes demandées quand vous le voulez (hormis en cas de “bank run” par exemple) via les moyens de paiement que la banque met à votre disposition. Si la banque fait faillite… adieu votre argent ! Vous pourrez toujours faire valoir votre extrait de compte chez le liquidateur, pour la forme et le décompte du montant de la faillite.
Pour être complet, il faut encore rajouter un autre type de monnaie… la monnaie centrale. C’est la seule qui représente vraiment la valeur de l’argent et devinez quoi ? Seules les banques commerciales ont le droit d’en profiter. C’est dans cette monnaie qu’elles commercent entre elles et avec les banques centrales. C’est en monnaie centrale que se font les échanges dans les chambres de compensation des banques. Par ailleurs, avec Bâle III, les banques commerciales déposent aux alentours de 10 % de fonds propres dans un système à peine mieux organisé pour protéger les déposants. C’est la base de ce système qu’on appelle “système de réserves fractionnaires” qui vit sur le pari que l’ensemble des déposants et épargnants ne retirera pas ses dépôts en même temps.Vous comprendrez ainsi mieux pourquoi les banques commerciales demandent systématiquement un apport en vous expliquant que ça vous permet de démontrer votre sérieux, etc… blablabla: En fait, votre apport permet à la banque de disposer des fonds qu’il lui faut pour vous accorder le crédit et donc, créer de la monnaie ex nihilo (principe des crédits font les dépôts et non l’inverse). Mais attention au montant : si vous apportez 20 % du crédit que vous demandez, la banque pourra créer 2 fois le montant de monnaie scripturale… une fois pour créditer votre compte et une fois pour jouer au grand casino de la finance et des bourses mondiales, spéculer et créer des bulles. Sur cette base d’un apport de 20 %, la moitié de la création monétaire scripturale (une facilité de crédit) celle qui vous revient (une illusion de richesse) est injecté dans l’économie réelle, l’autre moitié, la banque commerciale les fera fructifier dans ce qu’on appelle “l’économie financière”, celle des marchés financiers mondialisés et opaques. Ainsi, quand un “sujet” s’endette auprès d’une banque (“le roi”) qui lui sert de la “fausse monnaie légale” (terme qu’utilisait l’économiste Maurice Allais, titulaire du prix de la banque de Suède en économie à la mémoire d’Alfred Nobel pour désigner la monnaie scripturale crée ex nihilo par les banques commerciales). Ex nihilo, donc sans rien produire; les actionnaires de la banque, eux, vont ainsi s’enrichir sans grand risque puisque le bien du “sujet” est nanti (mis en gage par hypothèque ou cedule auprès du “roi”) et que les marchés (les alchimistes) permettent de mieux se rémunérer encore que les crédits. “Transformant ainsi du plomb en or”! On le dit en observant les faits, que les banques ne soutiennent plus “l’économie réelle” au profit de “l’économie financière”, jusqu’au moment où l’État sera appelé à la rescousse en cas de risque systémique et suivra ensuite le schéma “mainstream” de l’orthodoxie budgétaire (austérité ou frein à l’endettement). Consternant!
Dans notre “meilleurs des mondes” – en 2023 – qui osera encore prétendre qu’il n’y a toujours pas un ruissellement du bas vers le haut et non l’inverse?
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Ce n’est pas exact :
Première fausse vérité: «les dépôts bancaires financent les crédits que les banques octroient à toute sorte d’agents économiques»
Vous donnez la réponse : “Par ailleurs, avec Bâle III, les banques commerciales déposent aux alentours de 10 % de fonds propres dans un système à peine mieux organisé pour protéger les déposants. C’est la base de ce système qu’on appelle “système de réserves fractionnaires” qui vit sur le pari que l’ensemble des déposants et épargnants ne retirera pas ses dépôts en même temps.” Avant la crise de 2008, le taux de réserve était de l’ordre de 8 %, qui a été augmenté à 12 % ensuite, ce qui n’est toujours pas rassurant.
Les dépôts définissent un plafond relativement à leur montant, ce qui détermine la création monétaire maximum, mais ne la couvre pas, je suis d’accord.
C’est un pari sur l’avenir, une promesse que l’activité économique permettra aux emprunteurs d’augmenter leurs ressources et de rembourser leurs prêts. C’est un transfert temporel de monnaie, un accaparement des gains et au détriment de l’économie futurs, un multiplicateur, un accélérateur économique, d’où la chute vertigineuse en période de crise, car d’une, les rentrées d’argent ne se font pas et il faut dans la même période rembourser l’argent dépensé lors de l’investissement, d’où une double peine.
Une économie sans emprunts serait beaucoup plus stable. C’est ce que disait Jacques Rueff, je crois : “le système actuel a besoin de crises pour se nourrir”. Je vous donnerai la référence plus tard.
Seconde fausse vérité: «la banque centrale peut contrôler l’encours de la masse monétaire en agissant sur les réserves bancaires, par le biais du multiplicateur de la monnaie centrale».
N’avez-vous pas entendu la déclaration de Mario Draghi : “Quoi qu’il en coûte”, nous sauverons l’économie. La banque centrale européenne n’a pas attendu la demande des acteurs financiers pour injecter 80 Mds par mois pendant ?? 1 an et demi, pour un montant de l’ordre de 1200 Mds d’Euros.
La banque centrale peut également faire disparaître de la monnaie en rachetant ses propres obligations sur les marchés. Comment ? Quel coût ? C’est ce que fait la FED, car lorsqu’elle augmente ses taux d’intérêts, elle rachète ensuite ses obligations à un taux plus bas, 0 % par exemple, qui sont délaissées du fait de l’attrait pour une obligation à un rendement supérieur, leur prix est dévalorisé, pour un gain entre la valeur émise et la valeur de rachat. Étant donné les sommes en jeu, ce sont des milliards de $ qui disparaissent et cela diminue l’encours de la banque centrale.
Troisième fausse vérité: «l’assouplissement quantitatif permet de sortir de la crise, amenant les banques commerciales à octroyer davantage de crédits pour financer les activités de production et induisant ainsi une augmentation du niveau d’emploi».
C’est la définition du Keynésianisme. Pensez-vous que toutes les entreprises qui empruntent aient la certitude de pouvoir rembourser leurs emprunts ?
“le crédit bancaire est tributaire des perspectives des banquiers à l’égard de la profitabilité du projet financé par l’emprunt.” C’est tout l’art d’être banquier.
Ce sont les crédits qui font les dépôts et non l’inverse, ma parole, je vous le source encore, vous l’explique en détail ensuite, mais vous trouvez encore le moyen de contredire des évidences. Ou travestir des faits. SVP, arrêtez de me corriger pour établir vos propres vérités ou ressortir des phrases du contexte de mon analyse pour en faire de même, y a suffisamment de malhonnêteté intellectuelle qui circule ces dernières décennies !
Dans la ligne de ma réponse, voilà encore pour vous, Pascal Baudry, avec également la source de la Banque d’Angleterre…
https://alaingrandjean.fr/finance/creation-monetaire-finance/2018/07/verite-derange-banques-creent-de-monnaie/
Voilà, un très bon site, que j’ai parcouru en diagonale.
Il y a une citation de la banque de France, et non d’Angleterre.
Il est traité d’emprunts (nommés crédits, le mot crédit peut avoir un autre sens) et non de dépôts.
Les dépôts ne sont pas faits que d’emprunts, il y a les salaires et l’encaissement de transactions correspondant à des ventes de biens physiques ou de services.
Je vous défie de souscrire un emprunt sans salaire, sans biens physiques en garantie ou toute autre rentrée d’argent, peut-être aux Etats Unis.
Sauf votre respect, il est bien là votre gros problème, vous lisez en diagonale et comprenez ainsi tout de travers. En plus vous êtes d’une arrogance déconcertante sans être vous-même un économiste, ni enseignant sup en eco/fin, ni un financier/banquier (ou sinon, à moi la peur!). Ceci étant précisé, ouvrez à nouveau le site, cherchez le chiffre [1] puis suivez les links. Ou rendez-vous sur le site de la banque centrale d’Angleterre et faites vos recherches. Désolé, je m’arrête là avec vous, car si je dois encore vous expliquer encore plus en détail le principe économique des “crédits qui font les dépôts”, nos lecteurs ne sont pas encore sortis de l’auberge. Nota bene: vous ne me défiez rien du tout !
Bon vent
Pour les fâcheux habitués des lectures en “diagonale” (e-o les obscurantistes) qui ne croient pas que se sont les “crédits qui font les dépôts”. Plusieurs sources, entre-autres BNS, Deutsche Bundesbank, Bank Of England…
https://youtu.be/2gkLUZL4Ugs?si=PfOrJNpVXeVXlV8B
Vous avez raison, je ne suis ni économiste, ni professeur en économie et c’est bien là ma plus grande inquiétude.
Je m’arrêterai là également, je renonce, je n’ai pas la résilience d’un curé de campagne.
Le terme utilisé de “dépôt” vient de l’opération de déposer dans le coffre d’une banque, ses richesses, bijoux, monnaies au début de l’histoire bancaire florentine, puis déposer un effet commercial, jusqu’à il y a moins d’un demi siècle, le salaire qui était versé à l’employé ou une traite ou un chèque issu d’une vente d’une entreprise ou d’un particulier d’un bien tangible ou d’un service, pour lequel une banque émet une reconnaissance de dette, devenue le relevé de compte, présentant la créance, détenue par le propriétaire du compte bancaire, envers la banque.
A partir du dépôt, la banque peut créer de la monnaie au prorata de celui-ci selon les règles en vigueur.
C’est ce qu’explique l’intervenant dans votre vidéo.
Mes plus grandes préoccupations, Pascal Baudry, je les ai eu depuis très longtemps déjà, comme ex-financier/banquier suisse (banque universelle internationale “too big to fail” et auprès d’une banque privée, dont la première a disparu en 2023) repenti en 2007; whistleblower de la crise du subprime US (2006/2007). Puis justiciable (2008) ayant perdu cinq ans d’existence à s’attaquer à un “système délétère” et passablement de fonds propres engagés en frais de justice . Ex-enseignant sup. en eco/fin (pour finalement laisser choir face à cette gangrène de la pensée dominante). Et enfin, “consultant fantôme” pour divers acteurs, dont l’alma mater du champ académique (mais hors du champ politique dont je reste profondément averse) qui poursuivent un même but: l’Intérêt général et le bien commun. Vous l’aurez ainsi compris, n’étant plus rattaché depuis trois lustres à de quelconque intérêts professionnels (et par analogie des intérêts personnels), ma liberté de ton est totale. Une liberté fort coûteuse, certes (un choix personnel) puisque j’ai cessé toutes mes activités lucratives (pour vivre sur ma fortune) lorsque j’avais seulement cinquante-quatre ans à l’époque. Mais un prix à payer choisi en âme et conscience.
Et lorsque je vous lis, moi qui me suis expatrié depuis quelques années au soleil de la campagne du sud de la France – avec de la hauteur mais sans endosser la soutane – je suis forcé d’admettre que je retrouve malheureusement là – au travers de vos propos qui trahissent votre culture profonde comme une évidence – le syndrome de l’échec français (c-à-d culturel).
En cela, je vous remercie sincèrement pour nos échanges et vous souhaite une bonne continuation sur les chemins philosophiques !
Bien à vous
Votre pédigrée ne colle pas avec vos connaissances de l’économie.
Il y a une carence profonde dans votre conceptualisation des mécanismes économiques, je n’arrive pas à le comprendre.
Il y a également un besoin de reconnaissance évident.
Là, c’est votre problème si mon pedigree ne calque pas à la vision de votre propre environnement. Essayez de dépasser votre frustration, vous verrez le bien que ça fait, ou respectez au moins votre esprit en essayant de le nourrir un tant soi peu, histoire de le rendre moins étriqué. La reconnaissance dites-vous ? Mais mon pauvre, ça fait très longtemps que je l’ai déjà reçue (merci de vous en soucier!) et bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer. Je souhaite tout simplement un monde meilleur (et ce n’est pas gagné avec des comportements comme le vôtre) pour mes enfants et petits-enfants en apportant simplement ma petite pierre à l’édifice. Ni plus ni moins.
Arrêtons un instant de tout confondre et tout mélanger, car la MONÉTISATION des dettes publiques (MMT) par les banques centrales, en l’absence d’une régulation sévère des marchés financiers et du principe de la création monétaire ex-nihilo par les banques commerciales est un crime ! (Un point qui a toujours marqué ma différence avec l’approche de notre hôte).
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BY Patrick Artus
[“Une dette publique est monétisée quand elle est achetée par la Banque Centrale, qui paye en créant de la monnaie. Il faut comprendre que cette opération ne change ni l’épargne, ni la richesse. Elle remplace seulement, dans la richesse des agents économiques privés (ménages, entreprises, intermédiaires financiers), la dette publique par la monnaie. Cette politique est donc efficace seulement si la détention de monnaie conduit à des comportements différents de ceux qui résultent de la détention d’obligations. Détenir davantage de monnaie peut peut-être pousser les ménages à consommer davantage, pousser les banques à distribuer davantage de crédit. C’est la condition de l’efficacité des politiques de Quantitative Easing des Banques Centrales.
Pour les partisans de la Théorie Monétaire Moderne (Modern Monetary Theory, MMT) la monétisation des dettes publiques permet d’éviter l’éviction de la dépense privée. Selon la Théorie Monétaire Moderne, l’État ramène l’économie au plein emploi en mettant en place le déficit public qui est nécessaire, quel que soit sa taille, et la Banque Centrale monétise les dettes publiques correspondantes pour éviter la hausse des taux d’intérêt à long terme qui réduirait l’investissement des entreprises et la dépense des ménages. Il est clair que les pays de l’OCDE, dans la crise du coronavirus, ont adopté la Théorie Monétaire Moderne : déficit public massif, achat par la Banque Centrale contre création monétaire des obligations des États émises”]
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Avec mon post ici…(Raymond dit septembre 15, 2020 à 10:42 am)
https://michelsanti.fr/creation-monetaire/qui-possede-la-dette-americaine
…en précisant, comme s’il le fallait encore, qu’en 1933 le “Banking Act” (Glass-Steagall Act) verra le jour suite aux années de Grande Dépression (1930-1933) amorcées par la crise de 1929, où près de 9000 banques ont fait faillite. Une loi qui imposait notamment la séparation des banques d’investissement et banques de dépôt. Avant que celle-ci fut abrogée (en 1999) sous l’administration Clinton – (i.e voir mes posts sur le fil)
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Et selon quelques avis bien tranchés (ou contre vents et marées) il faudrait monétiser les dettes publiques sans régulation sérieuse des marchés financiers ? Voici un autre avis critique !
https://youtu.be/-j_U1hXctbI?si=1P06v4kDeUuFwSPO
Marc Chesney est professeur de finance quantitative à l’Université de Zurich. Il travaille sur les crises économiques et le manque de démocratie dans les institutions financières. Il y dénonce (à raison) le manque de sérieux de quelques économistes qui se refusent toujours de voir le problème dans son ensemble.
Comment faire comprendre à un âne qui n’a pas soif, que lorsque les banques commerciales offrent des crédits aux particuliers, aux entreprises et aux multinationnales, la plus grande partie de la ligne de crédit est crée ex-nihilo, et que seule une fraction de celle-ci est exigée comme sureté prudentielle (selon les termes des accords de Bâle) placée sous forme d’avoir en “monnaies de banque centrale” sur leur compte ouvert auprès de leur Banque Centrale respective. Inutile de préciser que si l’emprunteur est défaillant, c’est bien la banque commerciale, elle- même, qui doit “stériliser” la monnaie qu’elle a créé “ex-nihilo” et cette destruction se fait au détriment de ses fonds propre qui sont, eux, de la monnaie de banque centrale qu’elle ne peut d’aucune manière créer ex-nihilo. Ensuite, comment expliquer à ce même âne bâté, qu’il importe de savoir que cette monnaie n’est obtenable que par le remboursement d’un montant en monnaie scripturale. À croire qu’il ne perçoit qu’un seul type de monnaie dans le circuit économique (pourtant j’ai bien ouvert une explication sur le fil). Ou tout bonnement, il se borne à ne voir que ce qu’il veut bien (une croyance) car la réalité est bien trop cruelle pour l’accepter, néanmoins, que ça lui plaise ou non, lorsqu’un crédit est accordé (c-à-d une promesse de remboursement futur basée sur un rapport de confiance), la banque commerciale augmente simplement son bilan du montant désiré. En d’autres termes, elle crée simplement une quantité d’argent supplémentaire (au présent) qui n’est somme toute…qu’une écriture comptable : de l’argent scriptural. La banque commerciale enregistre ainsi les formalités de crédit de sa relation (une promesse de remboursement du capital dans le futur) comme un nouvel actif (au présent) et elle ajoute le montant correspondant sur le compte de sa relation commerciale (le dépôt – par analogie à déposant – qui peut-être un compte courant qui lui servira ensuite à rémunérer, par exemple, un promoteur pour l’achat d’un bien immobilier, un notaire pour les frais de transaction, l’achat d’une voiture électrique, etc, autant d’huile dans les rouages de l’économie réelle) donc au passif de la banque commerciale. Et c’est pareil pour tout achat : la banque commerciale n’a pas besoin d’avoir la somme correspondante avant, elle “crée” cette somme par une écriture comptable (ce que l’on désigne dans le jargon: “le néant”). L’argent ainsi créé au présent (via le crédit, donc une promesse de remboursement dans le futur) est mis en circulation dans le système économique par le biais des dépenses de l’emprunteur qui consiste donc essentiellement en une dette. C’est pourquoi les “crédits font les dépôts” et non l’inverse. Ou encore, plus généralement, les dettes ont pour corollaire les actifs, c’est pour ça que l’on parle aussi d’Argent/Dette. C’est-à-dire plus de dette = plus d’argent et vis et versa.
Toutefois, est-ce que notre âne bâté (pour sa défense) a-t-il seulement conscience de ce qu’il est advenu pour les États (leurs financements) lors la révolution post 1971 (lui qui se refuse toujours à s’abreuver)? En effet, si les taux de change ont été libéralisés en 1971, opérant une véritable transfiguration du système de taux de change fixe en taux de change flottant, il faudra néanmoins attendre les années 1980 pour voir s’amorcer le mouvement de libéralisation des taux d’intérêt ; les États passant d’un mode de financement de leurs déficits par la planche à billet (l’émission de monnaie) à un financement sur les marchés financiers (par l’émission d’obligations). Dès lors, le décor fut planté, les taux d’intérêt en vigueur pour une économie sont déterminés par l’offre et la demande de titres obligataires. Comme le taux de change correspond au prix d’une devise et le taux d’intérêt est le prix qu’il en coûte pour emprunter, on peut dire que dans ce système (néo) libéralisé, le prix des actifs est devenu instable et reste ainsi soumis à la spéculation des marchés financiers (spéculation, entre-autres, contre les dettes souveraines). Pour contrecarrer l’aléa des marchés, sans surprises, les institutions financières – grâce aux progrès de l’ingénierie financière – (et avec l’aide des gouvernements ayant voté des lois en faveur de la dérégulation financière) ont naturellement créé des produits financiers novateurs destinés à couvrir le risque lié à la variation de la valeur des actifs, ou encore en transformant des Dettes en (pseudo) Actifs par le truchement de la titrisation. Et dois-je encore souligner, une énième fois de plus, qu’au sein de nos économies réelles totalement financiarisées, l’économie de l’offre (et leurs prophètes avec) ne doit sa survie qu’avec l’aide du levier du Crédit ? La politique des réserves factionnaires, à présent, n’a-t-elle pas joué un formidable effet d’aubaine pour la “supply-side economics” et ses nombreux errements ? Bien évidemment ! Et depuis longtemps, cette captation de la richesse privée et nationale (par les différentes facilités de créations monétaires, en comptant sur la bénédiction de gouvernements autistes, voir totalement complices) – au sein de marchés non efficients et non régulés au sein de nos économies réelles totalement financiarisées – produit en contrepartie des tombereaux de dettes qui n’ont de cesse à s’élever jusqu’au étoile (et les effets secondaires se matérialisent ainsi au travers du détricotement exponentiel des moyens régaliens essentiels). Un déclinisme !
Là, c’est bon, j’ai ma dose, j’arrête pour cette chronique car je ne peux faire mieux. Je laisse l’âne de Buridan à son destin!
Je vois que votre discours a bien évolué, c’est bien. Vous vous adaptez vite.
Impressionnant !
Sur le blog de Alain Grand Jean, vous n’avez retenu que la citation idiote de la Banque de France, parmis les citations de contre argumentation au développement infra qui est tout à fait juste, lui.
Bonjour Messieurs, je vous serai reconnaissant de ne plus commenter cet article.
Les commentaires sont clos pour cette analyse.
Je suis excédé par la violence des mots, comme par les attitudes conflictuelles.
Voilà plus de 15 ans que je tiens ce site avec plaisir, et que je m’applique à rédiger pour mes lecteurs des articles en phase avec l’actualité, qui reflètent mes positions, qui j’espère sont de qualité.
Je ne recherche les remerciements, ni la gratitude de qui que ce soit.
Une certitude cependant: je ne mérite pas que ce site devienne l’otage de règlements de compte, ni le lieu d’un défouloir à bon compte.
Les links “youtube” avec les références dans leur domaine suffisent comme complément de réponse aux miennes. Écoutez si vous ne savez que lire de travers. Vous savez, j’ai encore tout le reste de ma vie pour répondre à vos assertions. Je suis extrêmement patient à ce p’tit jeu !
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