I want you to panic

I want you to panic

septembre 1, 2022 1 Par Michel Santi

 

La Canada est un grenier : c’est le 4ème plus important exportateur mondial de grains et de légumes. Ce pays dispose en outre d’une des techniques de récolte les plus performantes qui soient. Cependant, ses étals de nourriture ne seront plus aussi bien garnis, et ce dans un avenir proche, car le gouvernement fédéral vient de décréter la réduction de 30% d’ici 2030 de ses émissions dues à l’usage des fertilisants. Dès lors, les lubies de Trudeau & Co. coûteront (selon la Western Canadian Wheat Growers) entre 2 et 4.5 milliards de dollars aux diverses provinces canadiennes. La coupe drastique d’un tiers de tous les fertilisants d’origine chimique transformera donc ce grand pays exportateur en net importateur de sa consommation alimentaire dans quelques années.

 

Les Pays-Bas, quant à eux, qui étaient déjà sous le coup d’une obligation consistant à utiliser 70% en moins d’engrais azoté, viennent de se voir notifier une contrainte supplémentaire de réduire encore de moitié l’usage résiduel de ce fertilisant à l’horizon 2030. Plus de 11’000 fermes seront ainsi condamnées à faire faillite sur les 35’000 actuellement opérationnelles, et c’est les statistiques gouvernementales hollandaises qui l’indiquent. Près de 18’000 d’entre elles n’auront d’autre choix que de se séparer d’une partie importante de leur bétail, entre un tiers et la moitié de leurs bêtes, selon cette même étude officielle. En fait, les autorités exigent même de certains éleveurs qu’ils cessent purement et simplement leur activité, pour saboter – consciemment ou pas – leur nation qui est la plus importante exportatrice de viande d’Europe et la seconde au monde en volume de produits agricoles en général, ce qui constitue une performance remarquable car les Pays-Bas sont classés juste après un immense pays comme les Etats-Unis.

 

Le Sri Lanka, pour sa part, se retrouve dans une situation désespérée qui voit quotidiennement des pans entiers de sa population devoir se battre pour sa simple survie alimentaire. Ayant subi l’effondrement de la Roupie de plus de la moitié de sa valeur en quelques mois, les sri lankais payent aujourd’hui le prix d’un colonialisme 3.0 qui les contraint à une bataille de tous les instants pour se procurer de quoi manger un seul repas par jour. Cette famine générale du pays provient elle aussi d’une éradication des fertilisants ayant abouti à une liquéfaction de ses récoltes, dans le cadre du fameux programme «ESG» – dictant une gouvernance environnementale fortement suggérée par le World Economic Forum et largement promue par l’ONU et ses diverses excroissances. Elève exemplaire pour avoir réduit presque la totalité (90%!) de ses fertilisants en une année, il a ainsi pu bénéficier d’une note de 98 devant un pays comme la Suède qui est à 96. Le résultat en un seul chiffre est à la fois éloquent et cruel : le Sri Lanka a vu ses récoltes fondre de 85%, alors même que 16 millions de sri lankais sur les 22 millions que compte ce pays sont directement dépendants de l’agriculture. Les statistiques officielles publiées cette semaine font état pour le mois d’août d’une inflation annualisée de 93.7% sur les produits alimentaires après 90.9% en juillet.

 

Je me souviens des menaces prophétiques proférées en 2019 à Davos devant un parterre de chefs d’Etats et de leaders économiques par une Greta Thunberg triomphante : «I want you to panic» (je veux que vous paniquiez). Son pays – la Suède – consomme aujourd’hui bien plus de pétrole après avoir fermé l’une après l’autre ses centrales nucléaires. Le reste du monde, lui, après le Sri Lanka et bien d’autres pauvres nations ayant largement dépassé ce stade, va bientôt devoir arbitrer et choisir entre s’alimenter ou se chauffer et s’éclairer. Merci, Greta, car nous avons désormais toutes les raisons de paniquer.