Pas d’embellie fiscale sans courage politique

avril 7, 2010 0 Par Michel Santi

L’Administration Obama se retrouve aujourd’hui à la croisée des chemins, voire dos au mur, la réforme de santé étant vraisemblablement son dernier baroud d’honneur du fait de l’endettement ruineux de leur pays qui neutralise totalement toute marge de manoeuvre.

Au milieu du tumulte lié au passage de la réforme santé, nul ne s’est intéressé à ce rapport émis par les bureaux spécialisés du Congrès prévoyant que l’endettement Américain (aujourd’hui de l’ordre de 63% du P.I.B.) atteindrait cette décennie 90% du P.I.B. ! L’Irlande, la Suède et d’autres pays ont succombé à des crises fiscales avec un endettement de moindre ampleur. Quant au Japon en crise depuis vingt ans, si son endettement est encore supérieur à celui des Etats-Unis, il est néanmoins détenu principalement par des créanciers nationaux.

Le grand – l’immense – atout des USA reste bien-sà»r le Dollar qui peut – et qui est – imprimé à volonté par un pays qui rembourse à loisirs sa dette car c’est ainsi que le budget Obama coà»tera 10’000 milliards de dollars supplémentaires ces dix prochaines années. Le retour de la croissance améliorera certes ces déficits à la marge mais comment espérer équilibrer un budget Américain dont les seuls intérêts débiteurs coà»teront 5’600 milliards de dollars aux contribuables du pays cette décennie?

En réalité, les Etats-Unis – tout comme certaines grandes nations Européennes dans une situation similaire – manquent singulièrement de volontarisme politique car augmentation des impôts ou réduction des dépenses publiques sont systématiquement agendées à des périodes marquées par le retour de la croissance… sachant qu’une croissance faste de plusieurs années ne suffirait même pas à résorber entièrement les déficits actuels et qu’une nouvelle crise est toujours susceptible de sévir. Il est vrai que les politiciens ne font que suivre une opinion publique consciente de l’endettement colossal de son pays mais radicalement opposée à tout sacrifice.

Des Républicains – ayant combattu avec acharnement la réforme de santé en faisant des déficits leur cheval de bataille contre l’Administration Obama – mais qui se refusent parallèlement à toute augmentation des impôts au Gouvernement Démocrate en place qui intensifie une présence coà»teuse en Afghanistan, les frais de financement de la dette Américaine pourraient connaà®tre dans un avenir proche une escalade potentiellement dévastatrice pour l’activité économique d’un pays qui se remet lentement du traumatisme de crises des subprimes et du crédit ayant bien failli l’emporter!

Il est pourtant incontestable que l’abaissement d’un cran de l’intensité des déficits US et la maà®trise des coà»ts de financement de leur dette ne sauraient être réalisés qu’aux prix de sacrifices à consentir aujourd’hui.