Hayek ou Keynes ?
Un nouveau paradigme économique est en gestation. La crise, l’incertitude, la volatilité et les abus l’ayant accompagné ont très clairement démontré que les politiques et le stratégies économiques actuelles sont dépassées. En fait, le choix est simple, quasi manichéen : changer rapidement de paradigme ou s’enfoncer davantage dans ces tourmentes qui échapperont prochainement à tout contrôle même s’il est vrai que les dogmes ne s’estompent que lentement.
Deux grandes théories se partagent aujourd’hui le devant de la scène économique et financière mondiale. La première – le Keynésianisme -, qui part du principe selon lequel des marchés entièrement livrés à eux-mêmes faussent la donne et sombrent vite dans toutes sortes d’abus, plaide pour un Etat actif – voire activiste – en termes de régulation et de redistribution. La théorie de Keynes accorde ainsi une influence déterminante aux politiques publiques appelées à travailleur en vue d’instaurer une croissance stable et une société juste et équilibrée. A l’opposé du Keynésianisme, la théorie « Autrichienne » de von Mises et de Hayek estime que les manipulations et interventions gouvernementales induisent toutes sortes de distorsions tout en exacerbant les fluctuations de marché avec, pour résultante, un impact adverse sur les créations de richesses et d’emplois. Les adeptes de cette école sont en effet persuadés que les marchés interagissent avec l’économie de manière dynamique et « sécrètent » quasiment la croissance…
En réalité, la perception de ces paradigmes économiques est plus compliquée qu’il n’y paraît car elle est très souvent influencée, voire faussée, par des considérations morales et politiques. Par exemple, la théorie hayekienne a été rejetée avec virulence par les gouvernements qui y voyaient – avec raison – une diminution de leurs propres prérogatives. Le Keynésianisme pour sa part, quoique loin d’être parfait, a pu prédominer car il était rassurant de pouvoir identifier les responsables (personnes, Etats ou institutions) en charge de l’amélioration et de la gestion de nos finances. Ainsi, tandis qu’il est impossible d’incarner (au sens étymologique) un marché par définition insaisissable, il est bon de se tourner vers les responsables politiques ou vers des institutions comme le F.M.I. pour effectuer ce processus d’identification à nos politiques économiques et, partant, de trouver qui féliciter ou qui accuser…
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