Et les dégâts collatéraux sur la Chine…

mai 31, 2010 0 Par Michel Santi

L’affaiblissement de l’Euro (et le raffermissement subséquent du Dollar) induit par la crise Européenne n’arrange vraiment pas les affaires de la Chine via ses exportations vers son immense marché Européen. La parité fixe de la devise chinoise avec le billet vert se traduisant par une progression automatique du Yuan vis-à-vis de l’Euro, il y a fort à craindre que l’aggravation de la déconfiture de la monnaie unique ne signifie un ajournement supplémentaire de l’appréciation de sa monnaie par la Chine réclamée avec grande insistance par les USA… En fait, ces récents développements apportent à l’évidence de l’eau au moulin des partisans résolus d’un statut quo de la parité actuelle d’un Yuan perçu comme étant un indiscutable moteur de la croissance chinoise car favorisant (artificiellement) exportations et marché de l’emploi.

Les tourmentes Européennes, combinées à des taux d’intérêts Occidentaux condamnés à rester très bas pour éviter une nouvelle crise du crédit, devraient très nettement accélérer les flux de capitaux en direction des marchés émergents avec, comme corollaire, une pression supplémentaire sur un secteur industriel déjà tourmenté, en tous cas en Europe. Il va de soi que la politique monétaire chinoise conduira à une exacerbation déterminante de ces mouvements de capitaux vers des nations émergentes (notamment Asiatiques) considérées comme des relais chinois ou comme des puissances en devenir, aggravant du même coup leur compétitivité tout en gonflant leurs excédents…

La tempête Européenne présidera donc, au mieux, à un ralentissement de la croissance mondiale, un pays comme les Etats-Unis devant d’ores et déjà faire son deuil de ses objectifs de doubler en cinq ans ses exportations du fait de l’appréciation de sa devise conjuguée à une baisse des importations Européennes. En résumé, le scénario de sortie de crise imaginé par les Banques Centrales Anglo-Saxonnes consistant en une disparition progressive des baisses de taux quantitatives est – pour le moins – remis en question et ce d’autant que c’est aujourd’hui la BCE – in person – qui s’y est mise…