En attendant la deuxième mi-temps

février 28, 2012 0 Par Michel Santi

La classe dirigeante européenne et avec elle les partisans d’un Etat fort intervenant activement dans l’économie traversent aujourd’hui une crise existentielle. Ils se rendent compte de leur échec pour n’avoir pu atteindre leur objectif d’une économie sereine et équitable. Cette politique (au sens noble du terme) censée lisser et réguler pour le bien commun et supposée accoucher d’une société plus juste périclite… faute d’argent ! Eh oui, le constat est global et indéniable : nos Etats et leurs dirigeants n’ont plus les moyens de tenir les engagements. Ne nous y trompons pas à cet égard car la crise européenne dépasse largement le strict cadre financier et économique : elle est aussi le symptôme d’une classe dirigeante en pleine tourmente. Qui ne se rend que trop compte de l’emprise évanescente de son pouvoir sur les finances et sur l’économie des nations européennes, en fait tout bonnement sur la vie quotidienne de ses citoyens. Inexorablement, le champ de l’action publique s’est donc rétréci à la faveur de cette crise inédite, marquant du même coup une perte de pouvoir sans précédent des élites politiques dirigeantes. Et pour cause : Des emprunts massifs contractés en dépit du bons sens et contre l’intérêt public aux ratios d’un laxisme inouï (par rapport à leurs engagements) exigés de la part des banques, les politiques sont les seuls à blâmer aujourd’hui pour cette cacophonie. C’est à eux seuls qu’ils doivent s’en prendre pour leur perte de pouvoir et, accessoirement, pour les dérapages de la crise aigue qui fait trembler notre continent et le monde occidental.

 

Au final, nous vivons et évoluons aujourd’hui dans une économie aux multiples distorsions qui ne fait que générer des inégalités et des déséquilibres. Pires encore qu’à l’époque de la Grande Dépression. Nous nous retrouvons donc à la croisée des chemins.  A la « mi-temps », pour reprendre les termes de Clint Eastwood dans son fameux clip diffusé à l’occasion du Sper Bowl. Métaphore judicieuse en effet puisque l’emploi de « mi-temps » nous renvoie à un jeu, à des paris, à de la spéculation, à des produits dérivés et des marchés financiers à hauts risques … bref à un casino où la banque est gagnante à tous les coups. Et où la démocratie – et nos bulletins de vote – sont relégués au second plan, juste pour amuser la galerie. Tant il est clair que cette première mi-temps a été remportée haut-la-main par ces fameux « 1% » ayant pu accroître leur fortune ces trente dernières années de plus de 250% ! Période sombre où « nous avons perdu notre cœur », pour encore citer Clint.