En Europe, la rigueur mènera à la déflation

mars 13, 2010 0 Par Michel Santi

Les économies considérées comme étant “solides” de l’Union Européenne sont tout à la fois dépendantes et corrélées aux économies actuellement en période de tourmentes. En fait, c’est les flux financiers, générant les déséquilibres des balances des paiements, qui sont le trait d’union entre ces diverses économies rendant ainsi indispensable la résolution de toutes les problématiques auxquelles sont confrontées chacune de ces nations Européennes et impensables la cherche de règlement à l’interne de ses propres problèmes sans se préoccuper du voisin, fà»t-il aussi loin que l’Espagne et ce vu depuis l’Allemagne!

L’Espagne est ainsi à l’Allemagne ce que Etats-Unis sont à la Chine en cela qu’elle entretient des déficits massifs contrebalancés par des excédents Allemands (ou chinois dans le cas des Etats-Unis) leur étant directement proportionnels. Dans une telle configuration, il va de soi que l’Allemagne et l’Espagne ne sauraient bénéficier toutes deux et en même temps d’excédents de leur balance des paiements car, un excédent étant systématiquement financé par un déficit, les conséquences à l’échelle Européenne étant qu’un (ou des ) pays tiers devront en être réduit à assumer ces excédents Allemands et Espagnols. Les comptes excédentaires Allemands ont donc été, sont et seront toujours compensés par des déficits Espagnols et Portugais et Irlandais et Grecs… car toute transaction financière implique (au moins) deux contreparties.

Comment comprendre alors les injonctions Allemandes selon lesquelles certains pays doivent impérativement résorber leurs déficits fiscaux alors qu’une telle amélioration ne se réaliserait qu’à ses propres dépens via une réduction de ses excédents nationaux? La seule autre possibilité pour l’Allemagne de continuer à entretenir des excédents étant qu’elle puise dans l’épargne privée de ses citoyens!

Si l’Espagne, qui subit un déficit budgétaire énorme du fait d’un volume d’importations qui dépasse celui de ses exportations, décidait ainsi d’adopter des mesures d’austérité (afin de soigner ses déficits), elle devra fatalement puiser dans sa propre épargne privée avec, à la clé, une diminution de son P.I.B., donc de ses importations, avec des implications directes sur les exportations Allemandes. En somme, la conjoncture actuelle dominée par une politique de réduction généralisée des déficits, Irlandais, Espagnols, Grecs mais aussi Allemands, sera ainsi d’autant plus marquée par un retour de la déflation que les mesures d’austérité Espagnoles, ayant donc un impact sur l’Allemagne, précipiteront chez cette dernière des réductions généralisées de ses propres dépenses Gouvernementales!

La rigueur Espagnole et Grecque et Irlandaise semble donc aujourd’hui la voie royale pour un cauchemar déflationniste Européen … à moins que l’Allemagne ne réussisse enfin à convaincre sa population de dépenser plus!