Les Etats-Unis volent au secours de l’Argentine

Le Trésor américain vient d’annoncer un ensemble de mesures de soutien financier massif à l’Argentine.
- l’achat d’obligations argentines en dollars US,
- la mise en place d’un crédit stand-by via le Fonds de Stabilisation des Échanges (ESF),
- une ligne de swap de devises de 20 milliards de dollars avec la Banque Centrale argentine (BCRA).
Car, contrairement à toutes les fanfaronnades des néolibéraux libertariens de tous pays qui, depuis l’arrivée au pouvoir de leur mascotte Milei, espèrent reproduire cette grossièreté à travers le monde : l’Argentine implose.
Peso en chute libre, bourse en liquéfaction de près de 50 % (en dollars) à ce jour en 2025, 40% de la population sous le seuil de pauvreté. La fierté du surplus budgétaire vantée haut et fort est évidemment un mirage, car accompli en sabrant les retraites, en réduisant massivement les aides sociales, y compris les soins aux handicapés. “Grand réformateur”, Milei a précipité la récession brutale.
Nonobstant ces «progrès impressionnants» (termes du Secrétaire d’Etat US au Trésor, Scott Bessent), les États-Unis déploient l’artillerie lourde et sont prêts à tout pour soutenir l’Argentine.
Corruption au cœur du pouvoir
Passons sur les arrière-pensées électoralistes du moment choisi par les autorités américaines car Milei – face à une opposition de plus en plus déterminée – risque gros avant le vote crucial de mi-mandat du 26 octobre prochain. C’est vrai qu’il y a plus grave, à savoir des allégations circonstanciées de corruption concernant au premier chef la propre sœur du Presidente, Karina Milei, figure clé de son administration, impliquée dans un scandale explosif. Des enregistrements audio montrent qu’elle aurait exigé des commissions de 3 % à des laboratoires pharmaceutiques en échange de contrats avec l’Agence Nationale des Services pour les Handicapés (ANDIS). Il s’agirait là rien moins que de médicaments vitaux destinés aux personnes handicapées qui auraient été retenus, aggravant la souffrance des plus vulnérables, dans un environnement déjà ravagé par l’austérité.
Une somme disproportionnée
Comment les Etats-Unis d’Amérique en viennent-ils à soutenir financièrement un tel régime ? Et si massivement, car ces 20 milliards promis représentent une multiplication par 2000 de l’aide accordée en 2023 à l’Argentine laquelle dépassait à peine 8 millions de dollars. L’émetteur souverain le moins fiable au monde qu’est l’Argentine exposera directement les contribuables américains. Dépassant 33 000 milliards de dollars, la dette publique US est dans une situation suffisamment inquiétante sans l’aggraver de 20 milliards ayant peu de chances d’être remboursés. Le gouvernement américain en est aujourd’hui réduit – oui – à émettre massivement des bons du Trésor à court terme (T-bills), faute de demande suffisante pour ses obligations à long terme. Signe d’une confiance ébranlée, les rendements sur les taux longs américains grimpent lentement mais sûrement.
Les Swaps de Devises : outil technique ou arme politique ?
Une des bouées mise à disposition de l’Argentine par les USA est cette ligne de swap, facilité permettant à une banque centrale étrangère d’obtenir des dollars contre sa monnaie nationale, dans le but de stabiliser ses réserves et d’éviter une dépréciation brutale en l’occurrence du Peso. Ainsi, en 2008 et pendant la Covid-19, la Fed avait-elle ouvert ses vannes en faveur des grandes banques centrales (BCE, BoJ, BoE) pour éviter une crise mondiale de liquidités. L’Argentine n’ayant ni la crédibilité – encore moins la stabilité- de ces partenaires, ce swap doit donc être considéré pour ce qu’il est vraiment : un instrument politique au service de Milei. Cette opération de sauvetage politique revient au «bailout» d’un régime incompétent. Officiellement destiné à renforcer Milei face aux «spéculateurs», il transforme un outil de stabilité et le subvertit en ingérence électorale. Ironie du sort : c’est ce même Milei, prétendu chantre d’un État minimaliste, qui se tourne à présent vers un bailout étatique massif, au lieu d’explorer des alternatives décentralisées, plus en adéquation avec son idéologie.
L’échec de Milei est donc patent
Et ce swap de devises condamné à n’être qu’un pansement sur une hémorragie qu’il sera impossible de juguler. Alors que les Américains risquent le shutdown de leur Etat, c’est des milliards qui vont fuir leur pays pour prendre la route d’un autre où la corruption prive les handicapés de soins. Nous vivons bien dans une matrice dystopique où les priorités sont inversées.
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Ah le syndrome de Stokholm [comme j’en parle dans la chronique précédente] encore une fois à l’œuvre auprès de cette chère et bonne “populace” [pour emprunter le qualificatif à Victor Hugo] Des décennies que le laboratoire économique argentin est dans le viseur des États-Unis [et de ses idéologies] pour en arriver encore à croire aux miracles. Jadis, le Chili s’est fait dépouiller par les Chicago boys tandis que l’Argentine n’a jamais cessé de pactiser avec le diable.
https://www.lemonde.fr/blog/finance/2012/04/23/argentine-la-derive-dune-presidence-irresponsable/
Et après – comme autrefois – ce sera au tour des “vulture-funds” américains de venir rogner ce qu’il restera de la carcasse. Tellement prévisible cette situation que cela en devient si pathétique. Mais qu’est-ce que les classes prolétaires, moyennes inférieures et supérieures espéraient-elles des néo-libéraux libertariens [ultra-libéralisme/à l’ère du crony-capitalism], la beauté d’un énième chant du Cygne? Affligeant et consternant…les dogmes!
Une question dérangeante à se poser:
– L’Argentine ne pourraient pas être également ce parfait “laboratoire monétaire” des États-Unis en étant le premier cas majeur de dollarisation numérique organique, ascendante, non pas guidée par les banques centrales ou les ordonnances des tribunaux, mais par le code et la nécessité. C’est-à-dire avec les stablecoins si chers à l’administration Trump?
“Jadis, le Chili s’est fait dépouiller par les Chicago boys tandis que l’Argentine n’a jamais cessé de pactiser avec le diable”
Mon post publié dans un blog d’expert [scientifique/chercheur/professeur en macroéconomie monétaire] – en Suisse – sur “le miracle chilien” soudainement devenu “mirage” à l’aune de la pandémie mondiale…
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RAYMOND
25 septembre 2021 à 16 h 29 min
Dans le monde d’après Covid-19, nos classes moyennes et nos retraités seront-ils majoritairement “chiliens” au sens d’un “mirage économique”? Quelques mois avant la pandémie, le Chili, présidé par Sebastian Piñera, était encore cité comme un exemple de stabilité économique et politique en Amérique latine. Un “modèle économique et social” dont la source remonte à la dictature Pinochet, ainsi qu’à la stratégie volontariste de libéralisation menée aux forceps par une troupe d’élites des “sciences économiques”. Et, si ce “miracle économique” a vu l’ascension des hauts revenus (accroissant les inégalités) dans un contexte prospère du fait de la nature de sa croissance, de la privatisation de pans entiers de son économie, néanmoins de vastes secteurs sont aussi apparus très vulnérables. Désormais, les classes moyennes basses qui veulent que leurs enfants fassent des études ont des budgets devenus trop justes, tandis que les familles ayant pris des crédits se retrouvent maintenant dans l’angoisse de l’endettement à cause d’un pouvoir d’achat ayant fini par décliner. Aujourd’hui, les contestations se cristallisent autour de l’éducation et des retraites, car si 10% du salaire des employés chiliens reste ponctionné pendant la vie active, beaucoup perçoivent une retraite inférieure au salaire minimum; d’autant que les dépenses sociales sont relativement faibles dans le pays.
Durant ce choc extrême vécu par le peuple lors du renversement du président Allende par la junte du Général Pinochet (dictature militaire de 1973 à 1990), le Chili restera emblématique quant à son rôle de “laboratoire avancé du néolibéralisme”. En effet, c’est à cette aune que l’on mesure la participation des économistes latino-américains. Des diplômés de l’Université de Chicago et d’autres universités américaines, les “Chicago Boys” (Jorge Cauas, Sergio de Castro, José Piñera, Hernán Büchi, etc.) auront contrôlé le ministère des Finances pendant plus de onze ans, “le Plan” pendant plus de neuf ans, le ministère de l’Économie pendant cinq ans et demi, et, en général, les principaux postes clés à partir de 1975. Comme le dit J. Piñera – un “Chicago Boy” de Harvard – “ils ont pénétré des domaines traditionnellement hors des limites de la rationalité économique comme les relations du travail, la sécurité sociale, l’éducation, la santé, la gestion municipale et même la défense”. Les “Chicago Boys” auront ainsi prôné pour la première fois le modèle néolibéral. Dans le langage de l’économiste Friedrich von Hayek*, on pourrait dire qu’ils ont mené à bien une révolution “constructiviste” grâce à un despotisme technocratique. Entre 1973 et 1981, les “Chicago Boys”, pionniers de l’ultralibéralisme, ont entamé une série de “réformes” compatibles avec le décalogue de la première version du consensus de Washington, proposée à la fin des années 1980: liberté totale des prix; ouverture indiscriminée aux importations; libéralisation du marché financier aussi bien en termes de taux d’intérêt que d’allocation du crédit; large libéralisation des flux internationaux des capitaux; réduction de la taille du secteur public; privatisation des entreprises publiques traditionnelles; suppression de la majorité des droits syndicaux; réforme fiscale pour réduire les impôts directs et les rendre plus progressifs (toutefois sans trop atteindre le haut du perchoir); introduction des premiers systèmes de retraite par capitalisation.
L’an passé – en pleine pandémie – des files d’attente interminables s’étiraient dès l’aube devant les établissements financiers: des Chiliens se pressaient pour réclamer une partie de leur épargne-retraite afin d’améliorer leur subsistance par anticipation, après une décision historique du Parlement donnant le feu vert aux retraits successifs de 10% de la totalité des fonds de pension à capitalisation individuelle et privée. Ces ponctions répétées remettent ainsi en question la pérennité de ce système de retraites mis en place pendant la dictature du Général Pinochet, sous l’influence des “Chicago Boys” – nourris à l’idéologie de Friedman – qui testaient là, au Chili, leurs théories néolibérales. On l’aura donc compris, même si certaines difficultés sont spécifiques à leur système de prévoyance, d’autres sont communes à la plupart des systèmes de retraite de par le monde avec, dans la foulée, des taux d’intérêt sur le capital – pour des placements dits “sans risques” – qui n’ont eu cesse de se contracter durant les décennies passées. Tandis qu’à l’opposé, “grâce” à la socialisation des errements financiers durant ces vingt ans écoulés, les performances boursières (et spéculatives) ont atteint des sommets inégalés. Une manne providentielle s’est ainsi offerte à tous les acteurs de ce genre de système de prévoyance financiarisé et dont les assurés restent otages. Le taux réel sur emprunt d’État chilien étant proche de 0% (négatif en Suisse) et la tendance est là pour durer. De même, la démographie s’approche rapidement du modèle européen en termes de natalité et d’espérance de vie.
Pour la petite histoire, sachant que l’armée jouit encore d’un poids économique et politique non négligeable dans le pays, le gouvernement militaire n’a préservé son système de prévoyance par répartition que pour les personnels de l’armée, qui jouissent aujourd’hui de conditions de retraite jalousées du reste des salariés chiliens soumis au système par capitalisation.
Enfin, et pour terminer, à l’heure où le pillage de l’ensemble des richesses se démocratise dans une résilience consternante, le peuple helvétique devrait garder à l’esprit que le pays compte non seulement 2000 caisses de pension, mais aussi que la gestion de ce “trésor de guerre” est externalisée pour un coût de 5% par an. Dans un tel contexte généralisé – considérant les aspects démographiques – toute promotion du réhaussement de l’âge légal de la retraite au motif de l’allongement de l’espérance de vie est un alibi. Au pire, un sophisme.
* Friedrich von Hayek (1899-1992) est un économiste et philosophe austro-britannique. Il reste l’un des pères du néolibéralisme de l’École autrichienne avec l’économiste Ludvic von Mises (1881-1973).
** Nota bene: La Société du Mont-Pélerin sera fondée par Hayek et Mises en 1947. Puis l’économiste américan Milton Friedman y fera son entrée avec son idéologie néolibérale quelque peu différente de l’École autrichienne. À la première réunion participent trente-six personnalités “libérales” réunies à l’Hôtel du Parc au Mont-Pèlerin, sur les hauts de Vevey en Suisse. Ce réservoir d’idées et de promotion du néolibéralisme sera financé par des banquiers et patrons d’industrie helvétiques. Ce même genre de groupes d’influence qui n’a d’ailleurs jamais cessé sa générosité envers les partis politiques suisses, notamment.
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Rétrospective et posts choisis:
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Raymond – 7 AOÛT 2014 À 12:18
Ah les “Libertariens” ! L’évolution à partir des années 1970 des théories économiques et financières dominantes, d’abord aux États-Unis puis plus largement dans le monde, conduit donc à penser que l’assimilation du discours économique à une science physique qui n’était jusque là qu’une tendance sous-jacente au développement de la pensée néoclassique, est devenu désormais un principe central de la structuration du champ de l’économie en tant que discipline académique internationale. Simultanément, l’ordre instauré dans ce champ par le bloc hégémonique des “Believers in Laissez Faire” a conduit à une modification de la sociologie de la profession des économistes qu’il convient d’explorer systématiquement, mais dont on entrevoit déjà qu’elle pose des problèmes d’éthique scientifique. De ces transformations discursives et sociologiques, le statut de l’économiste, le mode de légitimation de sa parole, sa pratique à la fois théorique et politique ressortent profondément changés. C’est en raison de ces transformations que l’autorité symbolique du paradigme financier néoclassique qui domine dans l’oligopole libertarien, ainsi que le pouvoir de ses tenants deviennent contestables et devraient tôt ou tard rentrer en crise.
Si l’on revient à notre analyseur du champ des idées économiques qu’est la monnaie, il nous permet également de constater qu’effectivement, les idées portées par l’oligopole libertarien ont largement conformé les évolutions du système financier et monétaire international ainsi que celles des régimes monétaires nationaux dans les trente dernières années(*). Les marchés financiers internationaux ont été construits ou se sont développés jusqu’à former une véritable industrie, à partir des modèles de la finance académique, au terme d’une lutte victorieuse contre l’ancien establishment financier (Bersntein, 1992 ; Mehrling, 2005b). Les banques centrales ont été les principaux artisans de la politique de répression monétaire prônée par les Nouveaux Classiques et la New Monetary Economics, mais aussi reprise par les Nouveaux Keynésiens. Quant au système monétaire international sous-jacent à la globalisation financière, il se révèle être une sorte d’hybride : il se rapproche du modèle hayekien de concurrence entre multiples monnaies publiques et privées (Endres, 2009), mais il est aussi le produit « révolutionnaire » des innovations financières des « gens de finance » visant à construire une société à l’équilibre sans monnaie d’État (visée plus facilement atteignable dans l’espace international où il n’y a pas d’État monopolisant légitimement la force d’imposer sa propre monnaie) (Théret, 2008a).
Ainsi le référentiel commun à l’oligopole libertarien s’est révélé « efficient ». Il a structuré les formes monétaires du capitalisme financiarisé auxquelles nous devons moult crise. Reste à étudier comment on a pu en arriver là, et quelles sont les conditions pour que l’autorité et le pouvoir de police des idées de ce bloc hégémonique des « croyants dans le laisser-faire » déclinent à leur tour. À ces questions, l’analyse du champ des idées ne peut apporter de réponse à elle seule. Aussi, comme leur enjeu est considérable, on ne peut que souhaiter la mise en œuvre d’un programme de recherche qui permette d’y répondre en faisant dialoguer la sociologie des champs professionnels, l’analyse cognitive des politiques publiques et l’épistémologie des idées économiques.
(*) Faut-il encore rappeler que la Fed était présidée par le libertarien Alan Greenspan – non moins ami et fervent adorateur des écrits de Ayn Rand – d’août 1987 à janvier 2006 ? Cet ancien membre du “Bohemian Club” qui, à la lueur de la “Grande Récession” de 2008, finira tout de même par reconnaître devant le Congrès américain, le 23 octobre 2008, que son système consistant à faire du marché libre le meilleur moyen d’organiser l’économie était en fait faillible!
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https://michelsanti.fr/capitalisme-sauvage/capitalisme-sauvage-milei
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Raymond dit : janvier 14, 2025 à 5:56 pm
– 2008 – Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur de plusieurs best-sellers.
“Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina? (En y ajoutant entre-temps: La révolution de Maïdan en 2013/2014 – la guerre commerciale sino-américaine menée en 2018 par l’administration Trump – la pandémie mondiale Covid-19 – la guerre Russo-Ukrainienne en 2022 – etc…) Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un capitalisme du désastre. Naomi Klein dénonçait dans “La Stratégie du choc” (The Shock Doctrine) l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultra-libéralisme tout puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, “cette histoire secrète du libre marché”, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable 🏴pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer”🏴
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En effet, “la courbe du changement Kübler Ross” ne devrait pas être considérée face au déclin de nos modèles démocratiques et de leur mort annoncée. Les peuples n’ont donc rien à gagner d’une hypothétique résilience :
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Dans une tribune au « Monde » – 30.09.2025 – le professeur à l’université Yale [Timothy Snyder – historien] encourage la société civile américaine à ne pas choisir l’indifférence et la passivité face aux dérives autoritaristes de l’administration Trump.
“Les décisions prises ces derniers mois durant la seconde présidence de Donald Trump laissent peu de doutes quant aux objectifs du président américain : affaiblir les Etats-Unis à l’étranger pour créer un environnement favorable aux despotes, tout en usant de l’Etat et des forces armées pour instaurer une dictature à l’intérieur du pays. Cela fonctionnera-t-il ? La réussite de ce projet dépend du choix que nous ferons de regarder en face cette situation.
Dans le pire des cas, les Américains choisiront l’indifférence, ils détourneront le regard lorsque leurs voisins ou collègues subiront les raids du service de l’immigration, lorsque leur ville se militarisera, puis ils prétendront n’avoir eu d’autre choix que de renoncer à la démocratie…”
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https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/30/timothy-snyder-historien-se-laisser-impressionner-par-les-demonstrations-de-force-de-trump-c-est-accompagner-une-transition-vers-l-autoritarisme_6643672_3232.html
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