Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes

octobre 29, 2011 0 Par Michel Santi

L’expérience de ces mois derniers nous apprend – et nous force – à la plus grande circonspection à l’égard des accords européens conclus il y a quelques jours. De plus, les détails précis ne sont toujours pas divulgués au public… probablement parce qu’ils ne sont pas encore connus des dirigeants eux-mêmes. Quoiqu’il en soit, et l’euphorie ayant depuis saisi les marchés financiers est là pour l’attester, mieux vaut cette situation – même teintée d’incertitudes – que la calamité qui se serait abattue en l’absence de consensus. Les semaines à venir seront certainement riches en renseignements concernant le fonctionnement et l’approvisionnement du Fonds de Stabilité comme pour la proportion qui sera assumée réellement et concrètement par les divers intervenants dans le cadre du défaut grec. De même, les modalités de surveillance des Etats bénéficiant d’assistance seront-elles prochainement explicitées. Toujours est-il que l’appréciation substantielle des valeurs bancaires en quelques jours sonne comme un immense soulagement pour nombre d’opérateurs et d’investisseurs qui prévoyaient le pire, c’est-à-dire un accord a minima digne des technocrates de l’Union.

 

Pour autant, le plus dur reste encore à accomplir, à savoir éviter l’enfoncement dans la récession de la zone Euro et, à cet égard, une question fondamentale reste en suspens qui conditionnera à coup sûr l’éventuelle sortie de crise de tout le continent : les économies budgétaires espagnoles, italiennes, françaises et autres y aggraveront-elles l’activité économique ? Comment appliquer ces mesures de rigueur certes indispensable tout en instaurant un climat favorable au retour de la confiance ? Car l’ensemble des décisions prises par les dirigeants européens la semaine passée comme leurs déclarations auto-satisfaites et tonitruantes seront invalidées et caduques si une croissance – même maigre – n’est pas au rendez-vous. Les nations les plus fragilisées ont en effet désespérément besoin de confiance et d’un retour graduel de l’activité afin que les mesures d’accompagnement décidées en haut lieu puissent être suivies d’effet. Ne nous y trompons pas : nulle ingénierie financière n’est capable de masquer les tensions et les ajustements internes à ces nations en difficulté sans une dose minimale de reprise économique.

 

En outre, l’examen de passage suprême sera leurs succès ou leurs échecs à lever des fonds sur les marchés. La question ne se pose évidemment pas pour la Grèce mais des pays comme l’Espagne et comme l’Italie seront observés de très près par rapport à leur capacité à emprunter, non à un ou à deux ans, mais à une période engageant nettement la confiance des créanciers, c’est-à-dire à dix ans. Le sommet du G 20 de Cannes prévu dans quelques jours, qui devrait par ailleurs se conclure en un soutien envers ces récentes bonnes résolutions européennes, achèvera vraisemblablement de réchauffer le thermomètre financier qui devrait rester au beau fixe en ce dernier trimestre 2011. Accessoirement, les chinois nous auront fait bénéficier de quelques miettes de leurs réserves monétaires et de cet argent frais dont nos pauvres nations surendettées ont cruellement besoin.

 

Au final, la vieille Europe aura fait l’économie d’une catharsis qui se fait désirer depuis de nombreuses années et qui attendra la prochaine conflagration.

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