Les banques centrales : pour le pire…et pour le pire !

Les banques centrales : pour le pire…et pour le pire !

octobre 16, 2012 0 Par Michel Santi

Bourses US en chute libre de 37%, actions allemandes et chinoises qui s’effondrent respectivement de 42% et de 62% ! Matières premières qui perdent 40% et pétrole dont le prix est divisé par deux… Tel fut le scénario des années 2007 et 2008, parfaitement susceptible de se répéter demain. La liquéfaction des années précédentes n’est effectivement pas unique, et n’a même rien d’étonnant dans un contexte comme le nôtre où toutes les classes d’actif s’effondrent en même temps. C’est ainsi une authentique combustion spontanée qui embrase la totalité des catégories et des secteurs de l’investissement et de la spéculation et, ce, par la grâce de nos banquiers centraux et, en tout premier lieu, des plus puissants d’entre eux, à savoir les américains.

Pour comprendre ce phénomène, il est nécessaire de remonter dès l’année 2001 et à l’action généreuse de l’ancien patron de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, qui fut le grand protecteur des investisseurs. Sa stratégie de grand pourvoyeur de liquidités au seul bénéfice des intervenants de Wall Street permit aux investisseurs et aux spéculateurs d’éviter leur cauchemar absolu qui consiste en la vente de certaines de leurs positions afin de pouvoir en acheter – ou simplement conserver – une autre. Voilà donc pourquoi les actions, les bons du Trésor et les matières premières purent dès lors – de façon totalement aberrante, voire contre-nature – s’apprécier ensemble, et être partie prenante de la même orgie. Ainsi, alors que les marchés des actions et des obligations évoluent traditionnellement en sens inverse, le robinet des liquidités mis à disposition des « investisseurs » par la Fed devait autoriser l’annihilation de la notion même de risque.

Comme il n’était dès lors plus utile de diversifier puisque l’on pouvait aisément retomber sur ses pieds grâce à l’argent et aux financements offerts par Greenspan, il devenait tout naturel que tous les secteurs s’envolent en même temps. Pour faire feu de tous bois et bien-sûr gagner sur tous les tableaux. Cette fuite en avant devait néanmoins créer une situation absolument inédite où la globalité des marchés financiers devenaient de facto corrélés, dans une sorte d’étreinte mortelle. D’où l’extrême sévérité de la crise de 2008. Corrélation positive plus que jamais actuelle qui voit aujourd’hui les métaux précieux grimper en même temps que les marchés obligataires ! A l’évidence, grâce aux baisses quantitatives de Ben Bernanke, successeur de Greenspan, qui persévère à favoriser à outrance ses comparses banquiers et financiers. Voilà pourquoi le prochain décrochage des marchés financiers sera d’une rare violence. Attachez donc vos ceintures car, lorsque les investisseurs et les spéculateurs tenteront de se déssaisir de leurs positions, ils le feront tous en même temps, et sur la totalité des actifs.