Un capitalisme entre adultes consentants

Un capitalisme entre adultes consentants

«Les grandes luttes du XXème siècle entre la liberté et le totalitarisme se sont terminées par une victoire décisive des forces de la liberté et du seul modèle possible de succès : liberté, démocratie et libre entreprise. Au XXIème siècle, seules les nations qui s’engageront à protéger les droits de l’Homme et à garantir la liberté économique seront capables d’assurer leur prospérité». Ecrite en 2002 par le conseil américain de «stratégie de sécurité nationale» sous l’impulsion du Président de l’époque George W Bush, cet auto satisfecit appartient à des temps révolus. En effet, le capitalisme occidental – survivant de justesse à la crise des années 2007 à 2010 l’ayant laissé mortellement blessé- est en phase terminale car ses plaies infectées crachent l’inégalité, le mécontentement social et les endettements colossaux.

Qu’il est loin aujourd’hui le triomphalisme du début des années 1990 qui avait vu le sacre du standard capitaliste américain érigé en valeur morale suprême ! Tout avait pourtant bien commencé. La démocratie n’était-elle pas supposée être en quelque sorte une sécrétion naturelle dès lors que la Russie et que la Chine embrasseraient le capitalisme ? Milton Friedman -qui affirmait qu’une société qui privilégie l’égalité des revenus à la liberté «finit par n’avoir ni l’égalité ni la liberté»- est aujourd’hui totalement ringardisé car notre liberté n’a plus à nos yeux qu’une valeur instrumentale, tout au plus un levier permettant de parvenir à des objectifs matériels. Notre défense des libertés –de la Liberté– semble bien peu crédible alors même que nous l’abdiquons au profit d’entreprises et de banques à taille de mastodonte qui nous imposent en permanence leurs diktats.

Comment pouvons-nous nous prévaloir de ces valeurs humanistes, comment simplement être crédibles pour imposer à d’autres nations le concept des droits de l’Homme, alors que -sous couvert de cette même liberté- une minorité infime concentre chez nous en ses mains richesses et pouvoirs excessifs ? Dans un tel contexte, il est bien plus simple d’imaginer la fin du capitalisme. Après tout, nul système social n’a duré éternellement, à plus forte raison s’il s’agit d’un ordre aussi intrinsèquement instable que celui dicté par le capitalisme. La question n’est donc pas tant si le capitalisme va péricliter et disparaître, que ce qui le remplacera dans un monde –celui de demain !- où le travail humain ne sera plus une nécessité.

Pourtant, personne –et certainement pas les politiciens- ne s’interroge ni ne se préoccupe du modèle de société que nous voulons organiser pour notre avenir immédiat. Est-ce une société où les individus auront la possibilité (s’ils le souhaitent) de s’affranchir du travail ? Une société offrant à chacun accès aux soins, au logement et à la décence matérielle, même sans labeur ? Ou est-ce un ordre hiérarchisé où une élite dominera la masse tout en exerçant un contrôle strict sur son accès aux ressources et aux biens ?

En d’autres termes, les progrès fulgurants de la science et de la technologie seront-ils mis au service de la liberté individuelle et de notre qualité de vie commune ? Ou la domination économique et financière accentuera-t-elle son emprise et achèvera-t-elle d’asservir le plus grand nombre selon les critères impérieux de la compétitivité et du profit ? L’oligarchisation, ou le capitalisme entre adultes consentants ?

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Pour un capitalisme entre adultes consentants

Pour un capitalisme entre adultes consentants

Pour Un Capitalisme Entre Adultes Consentants

What a shame it is that politicians aren’t historians too! And that it is regrettable for all of us that they aren’t looking back to the year 1931 – a tragedy, among other things – in order to draw parallels and precious lessons for today. Let’s remember the bankruptcy of the very large Austrian bank, Österreichischen Kredit Anstalt, which occurred in an environment of general financial instability and European monetary implosion due to unpaid German reparations. That was, up until the US intervened by restructuring the debts of a Germany that was clinging to the gold standard, albeit one of the main reasons or the Great Depression. It was nevertheless the countries who first abandoned the gold standard (Great Britain followed by the Scandinavian countries) who were the first to pull themselves out of this appalling crisis. The unexpected hike of American interest rates in 1928 of course gave the starting signal for this crisis. Forasmuch, the global deflationary calamity combined with the contraction of every economy took its roots in the gold standard and this was mainly due to the attitude of, wait for it, France, described by a number of specialists as the main reason for the exacerbation of the Great Depression! It was effectively France’s substantial increase of its gold reserves – from 7 to 27% between 1927 and 1932! – which, bringing about the rarefication of the metal, was to contribute undeniably to the creation of a gigantic deflationary spiral for all the developed nations of the time. Deflation, having been a distinctive sign of the Great Depression, could have been avoided if the central banks of the time (and first of all the French one) had maintained their auriferous levels of 1928…What a shame it is that politicians aren’t historians too since the conditions of the 1930s look strangely like our current period, except that at the time it was Germany that was in the situation that outer Europe finds itself in today! Wholly dependent on foreign funding, the country had had the stuffing knocked out of it by the unrealistic reparations stipulated in the Treaty of Versailles, and had been suffering hyperinflation since the beginning of the 1920s in an overall climate of grossly undercapitalised national banks. It was therefore a program of brutal and unprecedented austerity that it had to enforce in order to dry up its international financing, hence an unemployment rate that was to pass 35% of its population at one point. France – which at the time was the Germany of today – was doing well: it boasted one of the time’s most prosperous and solid world economies and navigated choppy waters while keeping the unemployment rate to one figure and displaying enviable accounting surpluses. In a position to become the financial engine for the rest of Europe in the period between the end of the 1920s and the very beginning of the ‘30s, France nevertheless preferred to wall itself off to be selfish and withdrawn, refusing to adopt an expansionist and conciliatory economic and monetary policy, opting rather to ignore its neighbours’ woes. Europe’s financial collapse owes a lot to this French egotism of that time. Just like many European nations can, with good reason, now blame German intransigence for the intolerable extremity that they have come to.

 

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Pour un capitalisme entre adultes consentants

Pour un capitalisme entre adultes consentants

Pour un capitalisme entre adultes consentants

La légèreté des élites et le diktat allemand de l’austérité mènent le continent européen droit dans le gouffre. En fait, le capitalisme actuel – dont l’Europe mercantile est la digne représentante – ne sait plus créer de la croissance stable, pourvoyeuse d’emplois pour la classe moyenne.
À cet égard, la crise économique et morale que nous traversons n’est que le symptôme de l’effondrement à venir du capitalisme; en passe de devenir une relique barbare, il précipite dans sa chute notre système des valeurs occidentales

Michel Santi pointe avec rigueur les mutations que des adultes consentants doivent conduire pour humaniser capitalisme et globalisation. Disparition du cash, abandon de l’étalon immobilier, développement des échanges gratuits, économie collaborative, nouvelle conception du travail tous les ingrédients sont en effet là pour un renouvellement qualitatif du capitalisme, aujourd’hui à bout de souffle. Est-il encore temps ?

Préface de Philippe Bilger

” Quand Michel Santi m’a fait l’honneur de me demander un texte pour son livre Pour un capitalisme entre adultes consentants, devais-je tout concéder à l’amitié ou m’abstenir par lucidité ?
(…)
L’économie et la finance ne sont rien si elles ne sont pas humaines, si les États et les banques ne se mettent pas exclusivement au service des citoyens, si la spéculation et les profits en quelque sorte internes l’emportent sur une richesse dont les peuples devraient être les bénéficiaires exclusifs. ”

 

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