
Dans un contexte où il est strictement impossible à nombre de ses nations membres d’opérer une relance via une dépréciation massive de leur monnaie nationale excluant ainsi tout rétablissement de compétitivité à la faveur d’exportations qui seraient dopées… ces pays se retrouvent donc emmurés dans le cercle infernal de la déflation et enterrés sous le poids de leurs endettements condamnés à s’aggraver. Comme leurs citoyens ne sont – après tout – que des êtres humains ayant pour la plupart très largement crevé leur seul de tolérance, le défaut de paiement reste donc la seule issue honorable. Avec, à la clé, le chaos financier et économique. Nous vivons une authentique révolution des mentalités qui nous contraint à faire notre deuil d’une illusion qui nous berçait confortablement. Le mythe de l’Etat protecteur et ultime refuge a officiellement rendu l’âme car nous savons aujourd’hui que notre Etat peut faire faillite.
Ne nous attardons pas outre mesure sur le cas italien car c’est l’ensemble de la dette souveraine européenne qui est appelée à subir une dépréciation notable de sa valorisation. Le « risque zéro » n’existant plus en la matière car tout pays – y compris le plus solvable et le plus rigoureux – est susceptible d’être dévié de force sur la pente savonneuse de la banqueroute. Avez-vous saisi le fonds de ma pensée ? Suivez mon regard. Je pense effectivement à l’Allemagne qui ne peut se targuer de représenter le refuge suprême, elle dont le déficit budgétaire sera (selon le F.M.I.) de près de 83% par rapport à son P.I.B. en cette fin d’année 2011. Un désastre européen ne l’épargnera évidemment pas car c’est la planète entière qui souffrirait d’une intense raréfaction du crédit. Et n’évoquons même pas l’effondrement de ses exportations, absolument vitales pour financer son train de vie.
Il est pourtant une porte de sortie. Il est néanmoins possible d’éviter une austérité généralisée qui achèvera notre très faible croissance. Elle consiste tout bonnement en un feu vert accordé à la BCE qui achèterait généreusement la dette des nations en souffrance. Certes, il est cocasse d’apaiser les tensions prévalant sur les marchés en acquérant des Bons du Trésor de pays laminés par l’austérité. Certes, il est ironique d’accorder ainsi un blanc seing à des nations peu rigoureuses, voire tricheuses. Certes, nul ne doit ni ne peut se féliciter que l’Europe – et que notre monde – en soient parvenus à un tel stade. Mais tel est le prix à payer pour casser enfin la domination des marchés. Il est absolument vital que la BCE intervienne massivement et, surtout, qu’elle le fasse savoir haut et fort afin de tenir en respect la spéculation. Qu’elle commence donc sans tarder par acheter des Bons du Trésor italiens – à 6% et même à 7% – et qu’elle clame sa volonté intangible de poursuivre ces acquisitions jusqu’à ce que les taux imposés à ce pays soient ramenés à 5% !
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