
Cet acharnement à maintenir une ou des banques en vie malgré un coma dépassé masque en fait une réalité choquante, à savoir la complaisance – ai-je dit complicité ? – insupportable de nos élites dirigeantes envers l’actionnariat. Ce dernier, parfaitement conscient des risques pris lors de ses achats de parts des établissements financiers, devrait être logiquement confronté à ses choix et responsabilités. Quelqu’un vient-il en effet lui réclamer une partie de ses profits lorsque les marchés montent ? En vertu de quelle loi sacrée doit-on éternellement faire taxer le contribuable et épargner l’actionnaire ? Qu’à cela ne tienne : nos gouvernements – dans leur infinie sollicitude – ont unanimement décrété de mutualiser les pertes et de privatiser les profits. Pour leur défense, ils n’ont de cesse d’agiter l’épouvantail des turbulences financières probables – et quasiment certaines je dois le reconnaître – face à une ou à plusieurs faillites bancaires.
Certes. Mais ont-ils seulement prévu les rebellions sociales amplement justifiées qui feront tâche d’huile dans toute l’Europe et que susciteront ces sauvetages bancaires ? Occupés, voire obsédés, à sauver « les banques », apprécient-ils la situation sociale explosive qui risque fort d’être à terme nettement plus coûteuse que quelques déconfitures bancaires ?
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