
En outre, la conjoncture financière s’avère lourde de menaces quasi existentielles pour l’équilibre de la nation car les plus importants acheteurs de la dette nippone en deviennent aujourd’hui nets vendeurs. Ainsi, du haut de ses réserves de 3’000 milliards de dollars en obligations japonaises, la plus grosse institution financière mondiale – la Japan Post – cherche aujourd’hui à se diversifier et donc écoule progressivement une partie de son stock massif de papiers valeurs nippons représentant 75% de ses réserves globales ! Idem pour le fonds de retraite GPIF qui détient plus de 1’000 milliards de dollars en Bons du Trésor de son pays et qui s’est récemment vu contraint de vendre 80’000 milliards pour financer les pensions… Ces perspectives s’assombrissent inéluctablement du fait d’une population vieillissante et d’un taux d’épargne auprès des privés qui, à un niveau insignifiant de 2% aujourd’hui, devrait atteindre 0%. Pas étonnant que la balance commerciale japonaise – traditionnellement excédentaire – en devienne déficitaire. Pas étonnant que le gouvernement doive emprunter près de la moitié de ses frais de fonctionnement et des dépenses publiques sachant que ce chiffre devrait atteindre 75% cette année fiscale !
Pour être à même de financer cette débâcle, les taux japonais sont forcés de remonter et ce afin d’être plus attractifs pour les investisseurs internationaux. Une telle hypothèse représenterait une authentique hécatombe pour le système financier nippon qui, dans son ensemble, détient 25% de ses réserves globales en obligations de son pays. Un simple doublement des taux d’intérêts japonais, un simple rendement de 1% payé sur ces Bons du Trésor, dévaloriserait notoirement les réserves bancaires japonaises et précipiterait son système financier vers les abysses. Le Japon est-il un gigantesque schéma de Ponzi dont les jours sont comptés ?
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