L’Allemagne: nombril de l’Europe?

March 18, 2010 0 By Michel Santi

L’Allemagne vient de franchir un palier supplémentaire dans son attitude intransigeante vis-à -vis du sauvetage Grec en durcissant le ton par la voix de sa Chancelière Merkel qui a appelé de ses voeux l’expulsion des mauvais élèves hors de l’Union.

C’est son Ministre des Finances Schaà¼ble qui avait ouvert le feu quelques jours plus tôt en exigeant de la part de la mauvaise graine Européenne un retour rapide au respect du Pacte de stabilité et de croissance alors même que son propre pays avait été incapable pendant une certaine période de se conformer au critère interdisant un endettement supérieur à 3% du P.I.B. national… La pression envers la Grèce, mais également envers des nations comme l’Espagne ou le Portugal, en violation manifeste des critères Européens s’accentue ainsi d’autant plus que le meilleur des scénarios leur étant proposé, à savoir le paiement d’amendes, contribuera à les enfoncer encore plus dans leur marasme.

Pourtant, le manichéisme Allemand déplorant volontiers une situation o๠des pays disciplinés et compétitifs devraient assumer les égarements et les abus de certains autres ne correspond que peu à la réalité. Une réalité o๠les établissements financiers Allemands et Français sont massivement englués dans ces nations Européennes dites “périphériques” puisque, selon les chiffres de la Banque des Règlements Internationaux, l’exposition des banques Allemandes et Françaises vis-à -vis de la seule Grèce se monte à 87 milliards d’Euros alors qu’elles sont engagées à hauteur de 668 milliards d’Euros sur les quatre pays du PIGS (Portugal, Irlande, Grèce et Espagne)! Contradiction manifeste en effet entre les discours moralisateurs Allemands et une fébrilité Européenne bien compréhensible du fait de l’exposition globale des banques Européennes aux PIGS estimée à 1’545 milliards d’Euros, dont 186 sur la Grèce.

Ainsi, et contrairement aux discours humiliants d’autorités Allemandes exclusivement préoccupées de ménager leur opinion publique, la crise Grecque dépasse très largement le cadre hellénique pour embrasser l’ensemble du spectre financier de l’Union Européenne. A cet égard, il est fondamental que l’élite politique et financière Allemande se départisse d’une exigence qui s’apparente aussi illusoire que la quête du Graal, à savoir la convergence Européenne, le modèle Allemand étant impossible à répliquer sur l’ensemble des membres de l’Union…