L’Etat Zombie

December 7, 2009 0 By Michel Santi

Les dernières statistiques du chômage semblent indiquer une amélioration de la situation économique aux Etats-Unis mais les questions cruciales restent toujours bien-sà»r sans réponse…

Les Etats-Unis parviendront-ils à remettre leur économie sur les rails – autrement dit à initier une relance interne durable – sans devoir encore et toujours faire appel à leurs dons d’illusionnistes leur ayant permis jusque là de subsister en imprimant des billets et en vivant à crédit? Autre question subsidiaire quoique intimement liée à la précédente: La Chine acceptera-t-elle de bonne grâce de participer à un effort de relance globale qui consistera à créer les conditions d’une croissance domestique solide via un encouragement à la consommation intérieure d’une classe moyenne – qui ne demande qu’à être distinguée – et ce afin d’amoindrir les déséquilibres commerciaux internationaux? En réalité, tout le reste est vain si ces questions ne trouvent enfin des réponses appropriées qui nécessiteront impérativement des réformes en profondeur.

Les Etats-Unis peuvent en effet gagner du temps mais ils ne feront que se condamner à une perdition assurée si de sérieux efforts fiscaux et budgétaires n’accompagnent les indispensables réductions de dépenses des ménages. La déflation ou l’inflation seront ainsi des maux enviables par rapport à la calamité insidieuse qui risque de s’abattre sur leur économie, à savoir la stagflation! Le spectre de la stagflation hante aujourd’hui une Réserve Fédérale US parfaitement consciente qu’elle rendrait totalement caduque l’ensemble de sa politique monétaire mise en place depuis de nombreux mois. Nul n’est préparé à la stagflation et nul ne sait vraiment comment la gérer car la Banque Centrale Américaine, qui sait parfaitement créer à profusion des billets de banque au risque de voir la valeur de monnaie fondre comme neige au soleil, n’est en revanche pas en mesure d’insuffler de la productivité – et donc de la vitalité – à une économie qui serait progressivement métastasée par la stagflation…

La création de monnaie, les stimuli fiscaux et autres monétisations de leurs dettes agissent en fait sur l’économie Américaine à la manière d’anesthésiants permettant ainsi – en théorie et dans un monde idéal dans un second temps au Gouvernement et au législateur d’appliquer les bons remèdes – ou de trancher dans le vif – en toute sérénité. Pour autant, les mesures – ou le défaut de mesure! – adoptées actuellement aux Etats-Unis s’apparentent bien plus à la prolongation d’un état d’abrutissement provoqué par des injections anesthésiques à outrance que par la pratique d’une chirurgie indispensable à assurer la remise à pieds du patient ou tout au moins à lui sauver la vie!

C’est comme si les Etats-Unis d’Amérique étaient aujourd’hui maintenus en vie artificiellement par une équipe de secouristes refusant de faire appel à des médecins et dont le seul but serait de prolonger encore un peu la vie du patient.

Le pouls hautement irrégulier de ce patient serait ainsi le Dollar – qui subit flux et reflux – mais qui serait à terme condamné si la Réserve Fédérale persistait à injecter au malade agonisant du plasma en lieu et place de globules rouges! Les Etats-Unis se transforment donc petit à petit en vampires en mal de sang frais n’ayant d’autre choix pour leur survie que de pomper les énergies vitales extérieures en faisant usage de leurs canines acérées que sont planche à billets et autres crédits excessifs… Pourquoi en effet se fatiguer à ramener la vie si une apparence de vie suffit?

Et quel intérêt y a-t-il à détenir un Dollar susceptible d’être déclassé par une Réserve Fédérale et par une Trésorerie Américaines qui peuvent à tout moment confisquer toute richesse exprimée en cette monnaie? Le monde d’après Bretton Woods édifié par Nixon en 1971, cet ordre nouveau d’un Empire qui abuserait de ses privilèges financiers tremble sur ses fondations, la Banque Centrale US ayant accompli à ce jour tant de manipulations que ce pauvre Dollar paie aujourd’hui un taux d’intérêt négatif! Hayek n’affirmait-il pas que ” tous les Etats ont usé de leur pouvoir exclusif de créer de l’argent afin de frauder et de tromper le peuple”?

Attention: la prochaine bulle pourrait bien également être la dernière!