P.I.B. US Fin

November 4, 2009 0 By Michel Santi

“La récession aux Etats-Unis est terminée!” C’est du moins ce qui est souvent dit et écrit depuis la publication la semaine passée du P.I.B. Américain ayant démontré une progression de 3.5% au troisième trimestre de cette année.

Pourtant, une étude approfondie des chiffres officiels nous apprend que 1.66% de cette croissance est due aux subsides Gouvernementales dans le secteur automobile tandis que 2.3% sont redevables à la progression de 7.9% des dépenses Gouvernementales ( qui constituent 30% du P.I.B. ). En d’autres termes, la croissance réelle et véridique des Etats-Unis en ce troisième trimestre 2009 aurait été … une contraction de 0.5% sans cette générosité de l’Etat Fédéral! La récession, qui n’est donc pas terminée aux USA, ne sera définitivement éradiquée de ce cycle actuel que si l’économie redémarre suite au retrait de ces stimuli ou si les futures croissances trimestrielles démontrent des chiffres nettement plus élevés ( au-delà de 5% ) avec le maintien de ces aides Gouvernementales…

Par ailleurs, le rôle crucial du crédit n’a pas été analysé alors que cette composante est historiquement fondamentale dans la croissance économique Américaine. Effectivement, les reprises économiques aux Etats-Unis ayant succédé aux récessions ont toujours été accompagnées – voire causées – par une augmentation du crédit. Ce phénomène n’est certes pas sain mais c’est néanmoins ainsi que fonctionne l’économie de ce pays… Pour autant, les statistiques actuelles indiquent une évolution du crédit en nette décélération par rapport aux moyennes historiques démontrant une fois de plus que le “deleveraging ” est encore loin d’être terminé aux Etats-Unis! Les chiffres – et leur interprétation – sont donc contradictoires car le crédit anémique est incompatible avec une croissance du P.I.B., synonyme d’une relance des investissements privés qui ne peut se concrétiser pourtant dans un pays comme les Etats-Unis que grâce au crédit…

La croissance réelle de l’économie US ne sera donc confirmée que par l’évolution positive des chiffres du crédit faisant ainsi dire aux Keynésiens inconditionnels que le Gouvernement US devrait amplifier sa politique d’injections tous azimut de liquidités. Pourtant, une étude récente de Simon Johnson, ex chef économiste au FMI et professeur au MIT, a révélé que ces stimuli Etatiques, aussi agressifs soient-ils, ne procurent aux économies développées que deux trimestres d’avance dans le cadre de la sortie de crise. En d’autres termes, et si les conclusions de cette étude sont fiables, nos Etats seraient en train d’augmenter irrémédiablement nos déficits pour gagner 6 mois…