Atmosphère lourde à Moscou

February 4, 2009 0 By Michel Santi

Le Rouble poursuit sa descente aux enfers puisqu’il vient d’enregistrer son plus bas niveau historique vis-à -vis du Dollar à 36 Roubles pour 1 Dollar et ce en dépit de taux d’intérêts Russes qui viennent d’être relevés à 11%!

Les autorités monétaires et politiques Russes mènent en fait une lutte acharnée et à haut risques contre la fuite des capitaux car leur devise nationale a déjà perdu le tiers de sa valeur depuis la dégringolade des prix pétroliers en Aoà»t 2008. La Bourse de Moscou – qui a perdu trois-quart de sa capitalisation en sept mois – a enregistré quant à elle la pire des performances des bourses « crédibles » au monde, conduisant les autorités à envisager des mesures radicales dans l’espoir de stopper cette hémorragie.

Une atmosphère sombre et extrêmement pessimiste règne aujourd’hui dans le microcosme économique et financier Russe dans un contexte – sans précédent – o๠les réserves de la Banque Centrale ont fondu de plus de 200 milliards de Dollars depuis Aoà»t 2008 pour atteindre aujourd’hui 385 milliards de Dollars! La stratégie Russe de défense du Rouble a certes évité au pays l’humiliation et les conséquences politiques d’un crash total comme en 1998, le prix à payer étant néanmoins gigantesque puisque les réserves du pays en ont été très sévèrement affectées.

En réalité, les capacités du pays dans sa lutte contre les flux spéculatifs sont aujourd’hui d’autant plus sérieusement entamées que les exportations de gaz, de pétrole et de métaux constituent 80% des exportations totales du pays tout en lui fournissant le gros de ses recettes fiscales!

Du reste, le budget du pays étant basé sur un prix du pétrole à 95 Dollars le baril, le Kremlin a interrompu ses dépenses – parfois extravagantes – et envisage de réajuster ce budget sur un prix du baril à 41 Dollars. L’effondrement des prix pétroliers ont réduit les recettes fiscales Gouvernementales Russes de 40% et les autorités craignent à présent les répercussions de la crise sur les mouvements de protestations sociales dans une conjoncture o๠le P.I.B. devrait se contracter de 3% en 2009 et o๠le déficit de l’Etat dépassera 6% de ce P.I.B, le pays ayant crée 6 millions de chômeurs en 2008…