Une semaine sur les marchés

January 25, 2009 0 By Michel Santi

Il se pourrait bien que le flot de mauvais indicateurs économiques qui submerge le globe et qui suscite stimuli fiscaux et autres plans de relance massifs soit déjà reflété par les marchés. Les marchés ne sont-ils pas champions en matière d’anticipation? Il est toutefois vraisemblable que les marchés – notamment boursiers – n’aient pas encore touché le fond…

La semaine écoulée a du reste très mal débuté avec l’annonce des pertes massives de 28 milliards de Livres Sterling de Royal Bank of Scottland suivie de près par les médiocres résultats de Microsoft ayant annoncé un plan de licenciement de 5’000 salariés! Par ailleurs, pendant que le Japon estimait que la récession actuelle se prolongerait trois ans, l’Allemagne prévenait que son économie ralentirait de 2.25% cette année, subissant ainsi son pire déclin depuis 60 ans. Au même moment, les nouvelles hypothèques Britanniques dégringolaient de 47% pour Décembre 2008 tandis que Singapour prévoyait une contraction sans précédent de 5% de son P.I.B. en 2009 la conduisant à mettre en place un plan de relance équivalent à 8% de ce P.I.B…La Banque du Canada réduisait son taux directeur au plus bas niveau depuis sa création en 1934 à 1%, la Malaisie baissait le sien de 0.75% et le Brésil préparait le terrain pour ce qui sera prochainement le premier assouplissement de sa politique monétaire en 16 mois.

Le contexte était dès lors propice à un regain de volatilité sur le marché des Changes et à une dépréciation de la parité EURUSD même si les fluctuations les plus erratiques ont principalement touché les marchés émergents. Le Zloty Polonais a ainsi perdu 8.3% vis-à -vis du Dollar en une semaine étant déjà en baisse de 19% cette année! Quant au Forint Hongrois, il recule de 20.5% contre le billet vert pour 2009 suivi par le Ron Roumain ( 18% ) et par la Couronne Tchèque ( 15% ). D’autres marchés émergents ayant subi une volatilité exacerbée depuis Octobre dernier sont toutefois épargnés à ce jour en ce début d’année puisque le Mexique et le Brésil ne reculent respectivement que de 2 et 1% cette année.

Les économies de l’Est Européen devraient encore souffrir – avec les implications de volatilité que l’on imagine pour leurs marchés -, tirées vers le bas par l’Union dont les indicateurs principaux ne cessent de s’aggraver. Dans une conjoncture globale si déprimée, la capitulation des marchés n’étant pas encore à l’ordre du jour, il n’est nullement opportun d’adopter des stratégies haussières!