L’Italie sortira-t-elle de l’Europe?

August 4, 2008 0 By Michel Santi

L’Italie, qui s’enfonce dans une profonde crise structurelle, risque d’être contrainte de sortir de l’union monétaire Européenne dans un contexte de ralentissement économique généralisé. Ce pays est confronté à un déclin de sa population active du fait de l’échec de toutes les réformes mises en place pendant dix ans visant à hisser les standards de son marché du travail à la hauteur des normes européennes.

En fait, l’Italie dont la productivité est stationnaire et le P.I.B. stagnant, subit de surcroà®t l’effondrement de sa compétitivité internationale avec comme conséquence naturelle une majoration des intérêts de sa dette publique. Dans une telle conjoncture qui voit se combiner une série de facteurs aggravants, la tentation est grande auprès de certains politiques de plaider en faveur de cette sortie de l’Union et ce d’autant que la descente aux enfers du pays pourrait encore s’accélérer, notamment en comparaison de certains pays européens comme l’Allemagne qui réussissent à tirer fort brillamment leur épingle du jeu.

Selon les statistiques Eurostat, la compétitivité du travail italienne s’est effondrée de près de 40% par rapport à la compétitivité du travail allemande depuis 1995 et l’Italie, qui vit au rythme de sa quatrième récession en dix ans, doit d’ores et déjà s’efforcer de gérer une authentique “bombe démographique”! En effet, les prévisions s’accordent à prévoir pour les trente années à venir une masse salariale qui se réduit comme une peau de chagrin, phénomène qui assombrit dramatiquement les perspectives de financement de ce qui est la dette nationale la plus lourde d’Europe ( 107% du P.I.B. ). De fait, l’écart entre les obligations d’Etat allemandes et italiennes se creuse, cet écart quantifie le degré de fiabilité d’une obligation et, par conséquent, l’indice de confiance accordé au débiteur. Ainsi, de 58 aujourd’hui, les estimations les moins sombres prévoient le creusement de cet écart entre les dettes de deux pays jusqu’à 100…

L’Italie paie bien-sà»r lourdement le prix de sa désorganisation économique et de son manque de rigueur financière mais également perd de sa crédibilité au fur et à masure que certains de ses responsables politiques évoquent une sortie, selon eux salvatrices, de l’Union. Rappelons-nous du triste épisode du milieu de l’année 2005 o๠deux ministres du gouvernement appartenant à la Ligue du Nord avaient annoncé un retour prochain à la Lire…

Pourtant, aidée par le comeback remarquable de Fiat, l’Italie avait un temps surfé sur le vague du crédit facile jusqu’à ce que le ballon se dégonfle progressivement à partir de 2001…