Un rapport et beaucoup de questions

September 11, 2012 0 By Michel Santi

Je viens de terminer la lecture et l’analyse d’une toute récente étude de la Deutsche Bank rédigée par Jim Reid, Nick Burns et Stephen Stakhiv. Je vous en livre les points principaux, non sans quelques commentaires de ma part. Elle démontre ainsi que les rendements obligataires hollandais sont au plus bas depuis …1517 ! Alors qu’il est possible d’analyser l’histoire économique des Pays-Bas depuis plus de 5 siècles, ce même travail indique que les rendements américains se retrouvent eux aussi à leur plus bas niveau depuis 1790, tandis que la Grande Bretagne n’a jamais aussi peu payé sur ses emprunts et ce depuis 1694… De même, la Banque d’Angleterre n’a-t-elle jamais eu un bilan aussi volumineux (prix payé pour ses injections de liquidités, donc sa création de monnaie) qu’aujourd’hui : même pas pendant la Grande Dépression, ni même à l’occasion des deux conflits mondiaux. Pour information, le bilan de la Banque d’Angleterre représente le quart de son P.I.B. national !

 

De fait, cette étude de la Deutsche Bank parvient à la constatation (implicite) que développement économique rime le plus souvent avec déficit budgétaire. La France n’ayant plus équilibré ses comptes depuis 1978, l’Italie depuis 1960. Les Etats-Unis ayant subi des déficits 40 années au cours des 44 dernières années, l’Espagne 45 années au cours des 49 dernières années… Sachant que tous les efforts entrepris afin de juguler ces déficits publics se sont soldés par des récessions. Est-ce donc dans la nature profonde de nos systèmes démocratiques et sociaux actuels que d’induire de la dette, ou à tout le moins d’éprouver un mal fou à tenter de la rembourser ? L’hyperinflation sera peut-être au rendez-vous. A moins que nos nations occidentales ne connaissent une période prolongée de stagnation, à la japonaise.

 

Quoiqu’il en soit, des questions vitales se posent : Les banques centrales ont-elles épuisé leurs munitions ou, en d’autres termes, sont-elles parvenues au stade alarmant où la politique monétaire ne peut plus rien pour les économies ? Nos économies et nous, citoyens, pourrons-nous nous accommoder de la réduction drastique de notre niveau de vie qui sera la conséquence du remboursement de ces dettes ? Et, question d’entre toutes, peut-on compter sur nos politiques et sur nos responsables économiques pour redresser la barre ? Car il est aujourd’hui une certitude indiscutable : nous sommes de plus en plus dépendants des Etats et des banques centrales.