Halte aux dérives de nos Banques Centrales !

June 11, 2010 0 By Michel Santi

Les Banques Centrales se sont révélées être ces dernières années une menace pour la stabilité économique et financière en exerçant une intense pression baissière sur les taux d’intérêts – quitte à parvenir à des taux réels négatifs – et en inondant de liquidités le système bancaire! Une politique monétaire au laxisme sans précédent ayant directement gonflé les valorisations de l’ensemble des actifs tout en provoquant de multiples bulles spéculatives à la faveur d’un crédit accordé sans aucun discernement furent donc la résultante de la stratégie adoptée depuis 2001 par la Réserve Fédérale Américaine. Cet établissement, qui se comporte ainsi de la manière la plus irresponsable depuis sa création en 1913, n’a-t-il en effet pas étendu quasiment à l’infini son bilan via une boulimie Pantagruélique ayant consisté à ingérer sans sourciller toute une gamme d’actifs à risques et autres créances toxiques dédaignées par la totalité des autres Banques Centrales … à l’exception de la BCE qui vient de s’y mettre! Pourquoi la Fed fait-elle la leçon aux établissements financiers trop spéculateurs alors même qu’elle prend pour son compte et en totale impunité tous les risques?

En réalité, la Banque Centrale Américaine se lance dans une quête quasi obsessionnelle de croissance économique peu réaliste tout en tablant sur un plein emploi appartenant à une époque révolue et ce quitte à sacrifier la stabilité d’un système financier qui, il est vrai, pourra toujours être sauvé via la planche à billets… Car ces cycles (artificiels) de forte croissance économique induits en droite ligne par les politiques hyper expansionnistes de la Fed se terminent immanquablement par des crises financières et par une multitude de faillites. Que ces leçons soient enfin apprises par nos Banquiers Centraux au sommet: les crises financières à répétition, qui se traduisent toujours en déboires économiques, sont tout bonnement le produit dérivé de leurs politiques monétaires expansionnistes (c’est-à-dire de taux d’intérêts anormalement bas). Alan Greenspan, qui déclarait fièrement en 2005, que les Etats-Unis “bénéficiaient de la prospérité grâce au crédit bon marché” avait-il prévu dès 2007 la crise, le chômage à 10%, le déficit budgétaire à 13% du P.I.B. de son pays et les dettes publiques Fédérales globales de près de 100% de ce même P.I.B….? A l’évidence non car la Réserve Fédérale US était exclusivement préoccupée par la pérennisation du boom et de son lot de prospérité factice.

Comment une Banque Centrale responsable peut-elle feindre d’ignorer le chaos financier résultant systématiquement de sa politique généreuse de grande pourvoyeuse de liquidités? Le château de cartes ne manque jamais de s’effondrer dès lors qu’une Banque Centrale trace une voie royale qui favorise outrancièrement les spéculateurs! La vérité est que l’expansion et la croissance exceptionnelles de l’économie US depuis une quinzaine d’années sont redevables à un crédit ayant atteint des records à 350% de son P.I.B.: nos économies Occidentales (car l’Europe n’est pas en reste dans ce schéma de Ponzi) n’ont progressé que parce qu’elles se sont endettées! En effet, la Grèce, l’Espagne ou l’Irlande n’ont rien à envier à la Fed puisqu’elle se sont comportées comme un enfant abandonné dans un magasin de jouets – ou plutôt comme un joueur compulsif lâché dans un casino – dès leur entrée dans la zone Euro: C’est ainsi que leurs Banques ont converti l’ensemble de leurs consommateurs au crédit facile, c’est ainsi que les investisseurs du monde entier ont fini par se persuader qu’une obligation Grecque représentait le même risque (et offrait les mêmes qualités) qu’une obligation Allemande…

Pourquoi être émerveillé par une forte progression de la consommation, de la croissance et par le recul (provisoire) du chômage dès lors que les Etats, les entreprises et les ménages sont priés de s’endetter tous azimut? Les politiques monétaires laxistes s’accompagnant de leur inévitable attirail de taux d’intérêts ridiculement bas et autres injections de liquidités induisent des distorsions majeures du système tout en redistribuant les richesses de manière totalement injustifiée parce que fallacieuse.

Comment nos Banques Centrales, gardiennes du temple, et pourquoi nos Etats, supposés garants de l’équité, ont-ils perdus de vue la fonction essentielle du taux d’intérêt? La rémunération de l’argent devant être directement proportionnelle au taux de productivité du capital, toute dérive hors de cette orthodoxie se réalise aux dépens du citoyen moyen et du consommateur qui subissent une dépréciation graduelle de la valeur de leur argent… Impossible donc d’édifier une reprise économique saine et stable sur une base constituée de prêts indifférenciés, de déficits budgétaires massifs et d’injections illimitées de liquidités car la facilité dégénère toujours en hyper spéculation destructrice, en inflation et en appauvrissement de la population.